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Maison Kitsuné, le goût du beau

Le 31 mai 2012

Maison Kitsuné lance la première collection inspirée par Pernod Absinthe qui sera révélée en septembre. Interview de Gildas Loaëc, co-fondateur de Maison Kitsuné qui fête ses 10 ans cette année.

Avec l'agence Forward, Gildas Loaec et Masaya Kuroki, les co-fondateurs de la maison de couture et du label de disques Kitsuné se sont rapprochés de Pernod Absinthe, créateur de la seule et unique marque d’Absinthe vendue en 1805. Ils ont réalisé pour l'occasion une collection capsule homme et femme qui sera dévoilée lors des différentes semaines de la mode en septembre ainsi qu’un nouveau flacon redésigné et lancé en édition limitée a 1805 exemplaires afin célébrer la date de naissance de la marque. Forward présentera au même moment l’ensemble des films et visuels rendus disponible en ligne début septembre.

 

 

Doc News : Maison Kitsuné fête cette année son 10eme anniversaire. Au départ comment est venue l'idée de marier la mode et la musique?

Gildas Loaëc : On est né en 2002. Mon métier originel a été la musique, j'ai travaillé pendant 15 ans avec DaftPunk, c'est mon parcours. Faire un label de disque, c’était poursuivre ce que je savais faire. Avec Masaya Kuroki, mon partenaire, on a toujours été passionné de mode,  de belles choses. On s'est dit, pourquoi pas faire notre ligne de vêtements. Après beaucoup de choses qui nous passionne, c'est l'idée d'être entrepreneur, de poursuivre dans la musique, de créer notre propre marque, une ligne de vêtements ayant des critères haut de gamme, en y apportant un soin particulier à la fabrication, aux matières. C'est un mélange de beaucoup de passions, d'ambitions et d'envies d'entreprendre. On a la chance de pouvoir faire ce qu'on aime tous les jours et de se donner les moyens de le faire.

 

DN : Lorsque vous regardez en arrière, à quoi pensez-vous?

Gildas Loaëc : De faire un label de disque et une ligne de vêtements, ce n'est pas forcément gagner d’entrée de jeux. Les gens du métier du disque ou du vêtement mettent plus de temps à donner du crédit à ce qu’on peut faire. Ils s'attendaient à ce que nous fassions des choses plus proches d'une maison de disques, à savoir du merchandising, des goodies, des tee-shirt... alors que nous avons eu le parti pris plus ambitieux de créer une vraie ligne de vêtements en faisant attention au lieu de fabrication, aux matières, aux coupes. On a des pièces fabriquées en France, en Italie, au Japon  le cachemire est fabriqué en Angleterre. Nous faisons le choix de lieux de production où il y a des efforts sur la qualité, les finitions. On travaille avec de belles maisons qui existent depuis longtemps et qui ont un savoir-faire. On a que 10 ans dans le métier du vêtement, c'est tout jeune.

 

DN : C'est tout jeune, paradoxalement vous créez des collections depuis 2003 déjà ?

Gildas Loaëc : L'ambition était là, mais on a mis plus de temps à démarrer la marque que le label, parce que justement on était sur des petites quantités. On a pris du temps pour trouver les bons fabricants, à aller chercher les matières. C'est un monde assez opaque où personne ne donne vraiment sa façon de faire. Il a fallu créer une relation de confiance avec des partenaires qui ont eu envie de s'investir sur de petites productions. Ce sont souvent de petites entreprises familiales qui sont contentes de voir des gens plus jeunes s'intéresser à leur savoir faire. Eux ont envie que cela se pérennise.

L'idée était de faire une marque de vêtements de qualité dans les années 2000 à Paris, un peu hors du temps, avec des pièces classiques. Parce que nous n'avons pas les moyens d'aller en frontal avec plein de marques qui déploient du marketing, qui jouent sur le « itbag » de la semaine, c'est aussi la raison pour laquelle on s'est mis hors du temps, mais c'est ce qui fait aussi notre originalité. Cela nous a permis de faire des collaborations avec des marques comme Mackintosh par exemple, J.M. Weston, Petit Bateau avec qui on travaille.

 

DN : Quelle est la nature de votre collaboration avec Monocle?

Gildas Loaëc : Avec Monocle, c'est un peu différent, nous fabriquons pour eux. On fait des petits cardigans fabriqués en France. Le fondateur de Monocle adore Maison Kitsuné. C'est aussi un media très intéressant dans lequel nous sommes visibles, on participe de la vie économique de son journal et par ailleurs on a de la visibilité. Ils ont une boutique en ligne et 6/7 boutiques (Londres, Hong Kong, Tokyo, New -York....) en propre partout dans le monde. Dans notre boutique new-yorkaise, nous avons un corner Monocle également.

 

DN : Vous avez collaboré avec de nombreuses marques? Pourquoi?

Gildas Loaëc : Cela reste exclusif. Avec J.M.Weston il s'agissait de deux petites collections, tout comme avec Mackintosh et Petit Bateau pour qui on a réalisé deux collections de tee-shirt. Petit Bateau était partenaire de nos soirées live. Ce sont des échanges lors desquels tout le monde se retrouve. Quand on va chez J.M.Weston on a très envie de savoir comment se confectionne une chaussure à la main depuis 130 ans. Eux sont contents d'avoir aussi un oeil nouveau sur une façon de faire, être plus en phase avec notre époque, un public plus jeune.

 

DN : Vous ne faites aucune publicité dans les media? Pourquoi? 

Gildas Loaëc : On n’a pas les moyens tout simplement. Il y a un ticket d'entrée assez conséquent pour que ça fasse sens.... Le développement de Kitsuné du démarrage à aujourd'hui, notre marketing ce sont nos produits et le bouche à oreille qui s'est mis en place naturellement, on se développe en prenant plus de place dans le métier de l'événement comme celui du disque. On ne s'est pas trompé sur les signatures de nos disques. C'est ça notre marketing, la qualité de ce qu'on propose, un beau cardigan bien fait et une bonne chanson.

 

DN : Vous avez des retombées presse?

Gildas Loaëc : Oui, même si on aimerait en avoir davantage. Je ne suis pas forcément certain que les media français soient les meilleurs à supporter des projets indépendants, des nouvelles marques contrairement à ce que leur ligne éditoriale pourrait faire croire. Ça ressemble très souvent à du publi-reportage. Je pense que le media américain travaille d'une autre manière et n'est pas si exclusivement  centré sur ses annonceurs. Pour certains magazines, on est trop niche et pas assez connus... Il y a toujours une excuse pour ne pas parler d'une marque qui n'est pas annonceur. Mais il existe plein de media indépendants, des blogs, des sites alternatifs, des revues comme Monocle qui fédère un lectorat, ils sont plus enclin à nous mettre en avant par rapport aux média traditionnels qui attendent que nous soyons annonceurs.

 

DN : Que pensez-vous de la création en publicité? 

Gildas Loaëc : Il faut raconter des histoires, créer des évènements. Nous, cela passe par améliorer nos lignes, mais aussi  ouvrir notre boutique à New York, tout comme nous travaillons sur l'ouverture de notre boutique à Tokyo. On travaille de nouveau avec Petit Bateau sur un projet pour leurs 120 ans. On revisite un de leur classique, une marinière. On a travaille avec J.M. Weston pour la création d'une chaussure vendue exclusivement à New York. Nous travaillons avec Aigle, et  nous menons ce projet de collection capsule avec Pernod pour Absinthe.

 

DN : Qu'est-ce qui vous a séduit dans ce projet?

Gildas Loaëc : C'est intéressant pour nous d'aller sur de nouveaux terrains qui sont peut être moins confortables car il s'agit d'alcool, qui de plus avait été interdit. J’aime beaucoup l'idée de pop, d'être connecté dans l'époque dans laquelle on vit. J'aime bien aussi l'idée qu'Absinthe soit très français, par rapport à notre marque basée à Paris cela a beaucoup d'aura sur beaucoup de territoires, notamment aux Etats-Unis, au Japon. Cela participe de tout ce qu'il peut y avoir de français dans les collaborations qu'on peut faire. On aime beaucoup l'idée de travailler avec des marques françaises qui ont un historique bien plus grand que le nôtre.

 

 

Propos recueillis par Virginie Achouch

 

 

L'ADN - Le 31 mai 2012
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