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Les mouvements d'Elegangz

Le 24 janv. 2012

Alors que la rumeur court sur les raisons d'un départ musclé d'Adrien Moisson, le fondateur d'Elegangz. Rencontre avec Julien Recoing, PDG D'Imalliance-Elegangz et Gildas Launay, DG d'Elegangz.

Doc news: La rumeur court sur les raisons et le départ avec "pertes et fracas" d'Adrien Moisson, le fondateur d'Elegangz ? Que s'est-il passé?

Julien Recoing: Adrien ne fait effectivement plus partie d'Elegangz aujourd'hui. Il avait demandé à Gildas et moi-même de le rejoindre pour consolider la société et donner à Elegangz les moyens de ses ambitions à un moment où ce n'était pas toujours le cas. Ce qui signifiait garder nos options créatives et le goût du rock n' roll mais mettre en œuvre des process et du management qui assurent la qualité des rendus. L'essentiel, pour nous tous, c'était de ne plus perdre les clients après un premier projet comme ce fut le cas trop souvent pendant les premières années d'Elegangz. Cela est notamment passé par le rapprochement avec les studios photos du groupe Imalliance qui était une opération très stratégique, en termes de complémentarité des métiers et d'assise financière. Nos chemins se séparent aujourd'hui parce qu'Adrien est fondamentalement un électron libre et qu'il a eu du mal à s'inscrire dans une histoire écrite collectivement... même si elle avait été initiée par lui.
 

DN: Quels sont les changements d'Elegangz-Imalliance en ce début d'année?

Gildas Launay: Foncièrement, le départ d'Adrien ne va pas changer notre ADN. Nous continuons de faire grossir notre réseau d'artistes, nous demeurons des producteurs de soirées et d'évènements et nous continuons de travailler pour les agences en leur offrant à la fois une large palette de compétences et le regard frais des artistes. Mais nous voulons désormais que cette manière de travailler s'inscrive dans la durée et avec une plus grande régularité. L'équipe créative a été renforcée (de 7 à 10 personnes), le studio de design Bonsoir Paris nous a rejoint et nous annoncerons prochainement l'intégration de deux nouvelles entités.

DN: Etes-vous devenus "sérieux" ?

JR: Oui s'il s'agit d'être exigeants, non s'il s'agit d'être chiants ! Nous serons toujours exigeants et de plus en plus sur la qualité de nos productions.

GL: Mais la seule chose vraiment sérieuse qui nous motive c'est le fun. Nous bossons en ce moment sur un concept de soirée trimestrielle dont la spontanéité sera vraiment le maître mot à la fois pour la musique,  la DA et les performances. Quelque chose d'un peu rêche sur lequel nous embarquons un nouveau collectif d'artistes (graphistes et photographes). Nous tenons à conserver la spontanéité, la fraicheur dans nos rendus. Ce qu'on change c'est le back office, notre manière de faire. Dans toute entreprise il y a un seuil de développement où on se doit d'être irréprochable. On doit réussir 9 coups sur 10 et non pas 5 sur 10 comme c'était le cas avant. Cela t'interdit de te développer de manière cohérente, de fidéliser tes partenaires et tes clients. J'aime la dichotomie entre être au service des marques et des agences et produire des choses pour nous-mêmes et le grand public. Ce qui change c'est notre équipe de créas, plus forte, plus staffée, très différente de ce qu'elle était il y a six mois.

DN: Quel est l'impact du rachat d'Imalliance sur l'activité d'Elegangz et des autres entités?

JR: Notre métier c'est la création et la production à travers des supports nombreux et très différents. Nous n’étions pas dans la photo, c’est chose faite désormais et cela crée une synergie incroyable qui a surpris pas mal de gens. Nous sommes passés de 15 personnes à une bonne centaine. Mais nous sommes aujourd'hui en mesure de répondre à des demandes très variées : de la photo (métier premier d'Imalliance) à l'événementiel (celui d'Elegangz) en passant par le stylisme, le film, le web, le design produit, etc. Il n'est pas impossible que le nom d'Imalliance change bientôt de manière à rendre compte de cette palette.

DN: Quelles sont vos ambitions ?

GL: Harder, better, faster, stronger sinon on n'y va pas ! Des deux côtés de l'activité : celle au service des agences et des marques, comme sur nos propres productions à travers le label Ekle'O'Shock et nos deux lieux d'expositions (La Galerie La Tour et le Purgatoire – 54 Paradis).

DN: Quelle est votre opinion sur l'état de la créativité française ces derniers mois?

GL: Globalement, je trouve souvent ça conventionnel. Ce qui m'intéresse  à Paris ce sont les petites structures. A quelques exceptions, on est, en tous cas du côté des grosses agences, beaucoup dans la redite. C'est pour ça que continuons de creuser le sillon du côté de notre réseau d'artistes. Je pense que le fait d'être producteur et d'apporter un ton décalé avec des artistes qui ne sont pas des "pubards" est un bon vaccin contre la standardisation ambiante et une carte à jouer pour les agences qui font appel à nous.

 

 

 

Propos recueillis par Virginie Achouch  

L'ADN - Le 24 janv. 2012