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Les mini prix delirants de PriceMinister

Le 30 sept. 2013

PriceMinister-Rakuten et DDB Paris ont choisi la télé et un ton absurde pour parler de mini prix. Interview d' Olivier Mathiot, Cofondateur et Directeur Marketing et Communication de la marque.

Pour la toute première fois, PriceMinister-Rakuten, le géant des écrans du e-commerce français, va communiquer à la télévision. Cette arrivée sur le petit écran vient célébrer la première semaine de promotion généralisée à -50% dans toutes les SuperBoutiques du site, la "Super Semaine" qui a débuté hier! Le site d’e-commerce s’offre un spot télé totalement déjanté mettant en scène une situation loufoque autour d'un protagoniste improbable...

 

Vous lancez une campagne télé, pouvez-vous nous en parler?

Olivier Mathiot: PriceMinister a une certaine notoriété sans avoir été en télé, nous avions envie de toucher le grand public.  Nous sommes dans le troisième groupe mondial avec Rakuten connu dans le monde asiatique,  mais moins dans le monde occidental. Nous sommes face à des concurrents qui sont de grands groupes américains tels qu’Amazon et eBay,  qui ont une notoriété beaucoup plus forte dans le monde occidental.

Rakuten a lancé des opérations de type promotionnel appelées « Super Sales »  au Japon et aux USA. Il s’agit d’un mix de promotion pure (avec des prix très bas, des bonus, des bons d’achats, des points de fidélité), associé à des campagnes media afin de créer un moment fort, un peu comme le font les Galeries Lafayette avec les 3J. Nous créons une marque promotionnelle à part entière sur un rendez-vous ponctuel. L’objectif avec cette campagne est de soutenir un évènement.

La promotion en télé est très compliquée,  car on ne peut pas communiquer sur les prix, ni sur une période promotionnelle. Face à quelques difficultés, nous avons changé notre fusil d’épaule pour nous adapter à la législation française.  Nous sommes partis avec DDB Paris sur une piste totalement différente qui nous permet de communiquer sur Rakuten-PriceMinister.  Nous avons choisi de nous distinguer par la forme et en divertissant les gens, c’est ce que nous disons souvent chez nous « shopping is advertising ». Nous pensons que dans la publicité,  il faut garder un côté décalé et de l’humour. Nous avons voulu capitaliser sur l’idée des petits prix. Nous devions réussir à retrouver de l’impact avec humour et émotion, sur l’expression petit prix. Sur la version online figureront les dates de l’évènement. PriceMinister par définition est une place de marché qui propose des petits prix tout au long de l’année indépendamment de cet évènement. Notre système met en concurrence des vendeurs professionnels et particuliers entre eux et l’offre et la demande fait baisser les prix. Internet offre des prix bas en général, encore plus Price Minister qui fait baisser les prix au fur et à mesure.

 

Comment se porte Rakuten-PriceMinister ?

Olivier Mathiot: On a été racheté par Rakuten en 2010, nous avons un peu modifié notre stratégie sous l’impulsion de Rakuten, nous avons souhaité développer une place de marché beaucoup plus professionnelle. En s'adressant à ces marchands, nous nous sommes rendu compte que la part de croissance était encore très importante.  Aujourd’hui nous sommes à 40% de croissance sur le BtoB toC. Nous mettons moins l’accent sur le CtoC car c’est un marché important mais qui a une certaine limite, tout le monde n’a pas envie de vendre des produits et les gens ont aussi envie d’acheter du neuf.  Aujourd’hui, une PME sur deux vend ses produits sur Internet, il y a encore une croissance très prometteuse. Des évènements comme la « Super semaine » permettent de rassembler tous les marchands qui feront des offres.

 

Vous avez dévoilé une étude sur l'e-commerce, quelles sont les tendances ?

Olivier Mathiot: Oui, cette étude portait sur les grandes tendances qui sont la mode et le mobile, qui se révèlent  deux axes forts de croissance dès lors qu’on croise les données de différents pays (France, Allemagne, Etats-Unis, Brésil, Taiwan, Japon, Indonésie, Thaïlande…). Le mobile est en train d’exploser mais la France était encore assez en retard. Retard  qu’elle rattrape très fortement. Au début de l’année nous étions déjà à 10% de CA réalisé sur le mobile, au Japon à la même période ils étaient à 40%. Rakuten réalise 14 milliards de dollars de volume d’affaires par an avec une croissance de 20%. Ils visent,  grâce à la croissance naturelle, être en décembre à 50% d’achat sur mobile et tablettes en Asie. Nous, pour la France nous pensons que nous serons à 20%. Les sites de ventes privés français seraient déjà à 25%. La mode est un vrai relai de croissance sur internet, elle rattrape son retard. Depuis trois ou quatre ans, un nouvel entrant sur deux est une femme sur le net. Les freins sont levés, acheter des vêtements ou des chaussures étaient impensables il y a quelques années, mais grâce aux services déployés comme la possibilité de renvoyer les objets, l’amélioration des interfaces avec notamment le zoom de photo, l’acte d’achat est facilité. C’est un secteur où les marges permettent de rajouter du service, ce qui n’est pas toujours le cas sur d’autres secteurs comme le high-tech ou les marges sont très réduites.

 

Vous venez de sortir un livre intitulé  « La gauche a mal à son entreprise ». Vous faites partie du mouvement des Pigeons, finalement vous avez eu gain de cause auprès du gouvernement ?

Olivier Mathiot: Oui, ce livre vient de sortir. La nouvelle loi de finance reprend les propositions que nous avions faites en partie pour favoriser le financement. Tout n’est pas encore parfait, mais pas mal de progrès ont été accomplis. Ce que j’explique dans cet essai, c’est que ce n’est pas un problème de gauche ou droite, mais de trouver des solutions pour développer l’écosystème des start -up. Faire un écosystème aussi dynamique que la Silicon Valley par exemple.

Xavier Niel va en grande partie financer la pépinière proposée par le gouvernement à la halle Freyssinet. C’est un des très bons signes effectivement. Xavier Niel a la capacité de réinvestissement pour créer de nouvelles marques ce qui permet de relancer l’ensemble de l’économie. Typiquement, quand cela fonctionne on réinvestit dans des campagnes, par exemple on recrute.

 

Mais on dirait qu’un petit vent d’optimisme souffle depuis quelques semaines. Ne trouvez-vous pas ?

Olivier Mathiot: Je suis d’accord, mais à mon avis nous sommes loin d’être sorti de la crise. Les pigeons c’était un sujet sur la fiscalité et la difficulté de créer une entreprise en France. En France l’entreprise moyenne n’a que 14 salariés alors qu’en Allemagne elle en a 41, en comptant  toutes les PME. Cela veut dire que nous avons un problème à faire grossir nos entreprises et si elles ne grossissent pas, cela irrigue moins l’ensemble de l’économie. Les taux de chômage et de pauvreté sont inquiétants en France. Il y a de plus en plus de travailleurs pauvres mais cela concerne également l’Allemagne où il y a moins de chômage mais beaucoup de précarité.

 

Propos recueillis par Virginie Achouch

 

 

 

L'ADN - Le 30 sept. 2013
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