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Film Lions: qu'en pense Jean-Cristophe Royer

Le 29 avr. 2015

Un an après avoir remporté le Grand Prix pour L'Ours de Canal+, Jean-Christophe Royer, concepteur-rédacteur senior chez BETC et membre du jury Film des Cannes Lions revient sur ce crû 2013.

C'est un double Grand Prix qu'a remis cette année le jury Film des Cannes Lions, présidé par Sir John Hegarty. Un Grand Prix remis à Toshiba + Intel pour "The Beauty Inside" et un autre à Metro Trains pour "Dumb ways to die". Ce palmarès récompense la France de 8 Lions. De l'Or pour "Goldens chains" pour Alb par CLM BBDO. Un Silver Lion et un Bronze pour "Baby & Me" d'Evian par BETC, un Silver pour "The Centaur" réalisé par Honda par DDB Paris qui remporte également un Bronze pour le film "Sandstorm" de Nat Géo Wild. La campagne "Nathalie" de Publicis Conseil pour l'Institut de France et la Fondation de la recherche cardio-vasculaire remporte un Bronze Lion, tout comme les deux films "Dream" et "World de la campagne Ali de Louis Vuitton d'Ogilvy. Enfin l'agence Marcel est récompensée pour sa campagne "Wonder world fur" de WWF d'un Bronze Lion pour les films " Dolyphan" et "Bamboseal". 

 

 

Quelle est votre vision de ce Palmarès Film 2013 ? Votre expérience en qualité de juré ?

Jean-Christophe Royer : C’était ma première fois et c’est intéressant. Au début quand on voit les longues listes, que nous sommes bombardés de trucs aussi nuls les uns que les autres, on a un peu peur. Puis, plus on avance, plus forcément,  la crème commence à ressortir et cela devient rassurant.

En film classique, il n'y a rien de franchement nouveau, c’est comme les histoires d’amour le fond reste toujours le même, il y a juste la forme et la façon de raconter qui changent. Avec « The Beauty Inside » de Toshiba + Intel, a qui nous avons remis le Grand Prix, nous constatons que le virage du brand content et de l’internet commence à prendre. On sort de la pure mécanique pour retrouver des idées, ce qui était peu le cas ces dernières années, ce n’est plus juste une web série sans idée. Il y a maintenant de belles idées, de belles émotions. "The Beauty Inside" est vraiment bluffant, cela m’ a donné envie de le graver pour l’emporter chez moi et le regarder le soir comme si je regardais une série de HBO. C’est un vrai scénario de long métrage, une super idée, bien joué, bien réalisé. L’âge de glace du brand content est un peu passé, il peut être créatif. C’est différent que des films d’1h40 avec des mecs de Nokia et parce qu’il y a une présence de téléphone cela est appelé brand content.

L’autre Grand Prix a été donné à « Dumb ways To die. »

Ce qui prime reste l’idée.

 

Quels enseignements retirez-vous de ce palmarès pour la France ?

JCR : Pour la France ? Que ce n’est pas si mal.

Quand on sort l’Angleterre et les Etats-Unis pour deux raisons différentes qui sont que L’Angleterre  a présenté beaucoup de film autour des JO. Les Etats-Unis ont un marché énorme et l’on se rend compte qu’au sein des jurys, mais c’est de plus en plus dur pour eux de faire du lobbying, il reste encore des histoires de réseaux. Tous les réseaux d’agence sont américains ; notre jury était composé de nombreuses agences indépendantes qui n’ont de comptes à rendre à personne, ce qui permet de contre-balancer ceux issus de réseaux. L’Angleterre avec les JO 2012 a présenté une masse de productions souvent très couteuses, autour de cet événement, mettant en scène des athlètes heureux de courir , nager, sauter à Londres. La campagne de Channel4 est vraiment très réussie.

On ne peut pas jouer dans la même catégorie qu’eux car nous n’avons pas ces réseaux. Pour cette année qui a été pour tout le monde très difficile, la France n’a pas à rougir. 

 

Propos recueillis par Virginie Achouch 

L'ADN - Le 29 avr. 2015
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