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En marche vers la Social TV

Le 29 avr. 2015

Lancé il y a un an, Darewin est la première agence de Social TV en France. Son fondateur Wale Gbadamosi-Oyekanmi a répondu à nos questions sur les enjeux de la Social TV qui permet de doper les audiences des chaînes de télévision.

Doc News: Pourquoi avoir fait le choix de la Social TV ?

Wale Gbadamosi-Oyekanmi: Après avoir conçu pendant des années des concepts d’émissions télévisées pour d’importantes sociétés de production comme Endemol ou Coyote, j’ai migré vers l’univers du contenu digital. J’ai commencé par produire des contenus pour Canalplus.fr avant de rejoindre l’une des agences digitales les plus créatives : Buzzman. J’y concevais des stratégies créatives de lancements de campagnes publicitaires.

Ces expériences m’ont permis de suivre de très près les évolutions du contenu, des usages des téléspectateurs (replay, second écran, multi tasking, réseaux sociaux) et le décalage qui existe entre les deux.

En constatant qu’il existait un véritable besoin sur le marché, j’ai décidé de fonder en 2011 la 1ère agence de social TV. Darewin était né. Cette agence créative permet aux producteurs et diffuseurs de contenus de maximiser le lien entre le téléspectateur et un programme TV à travers une expérience durable.

Notre but : parler et faire parler du programme avant, pendant et après sa diffusion.

 

DN: Quels sont les enjeux pour les chaines de TV aujourd’hui avec la social TV ?

WGO: La TV crée du lien, la social TV matérialise ce lien, le rend durable et le démultiplie. La social TV est donc une formidable opportunité pour les chaines. Elle permet de transformer un programme diffusé à un instant T en une expérience de marque collective et quasi-permanente pour les téléspectateurs.

Sans parler de la puissance de la recommandation qui est un formidable levier de recrutement de téléspectateurs pour l’antenne comme pour le digital.

Un des enjeux principaux réside dans l’établissement d’une mesure de la social TV et de son impact. Qui sera le Médiamétrie de la social TV ?

 

DN: Nous avons tendance à associer la Social TV aux émissions Live et/ou d’Entertainment ? Quels types de programmes sont les plus partagés et les plus partageables ?

WGO: Nous avons travaillé avec succès sur une variété de programme : du concours de talent, du talk show, de la fiction courte français ou des séries internationales. La social TV est intimement liée à l’émotion procurée par le programme diffusé (rire, scandale, engagement…) et à la volonté de partager cette émotion avec le plus grand nombre en commentant.

Le spectacle (cérémonie, sport, télé-réalité) et la politique peuvent sembler les contenus les plus partagés. Mais ce qui prime c’est la force du programme et la qualité de la stratégie digitale qui l’accompagne.

Par exemple, la série Bref de Canal+ n’a duré que 82x2 minutes mais de tous les programmes lancé l’an dernier, il est le 2ème programme le plus commenté AU MONDE.

 

DN: Comment construisez-vous sur un programme votre stratégie avec la chaîne de TV ? Quels sont vos interlocuteurs ?

WGO: Tout démarre avec un brief du producteur TV et/ou de la chaîne.  L’objectif est-il de lancer et installer un nouveau programme ? Renouveler une communication de marque? Driver du trafic vers le site web et le replay ? Offrir une expérience deuxième écran ?

Puis vient notre travail d’analyse stratégique et de création digitale. Pas de formule établie pour nos projets sauf une : respecter le contenu et le téléspectateur en lui offrant une expérience enrichie.  Les dispositifs que nous proposons peuvent prendre toutes les formes : lancement d’un produit, mini-site, application mobile, animation Facebook/Twitter, dispositif blogueur, relais à l’antenne.  

 

DN: Quelle est la carte à jouer pour les marques ?

WGO: Les marques ont désormais pris le virage de la communication digitale et commencent à investir le domaine de la social TV. Secret Story a ainsi permis à deux annonceurs d’offrir deux expériences TV, web et mobile inédites aux téléspectateurs. Orangina permet aux fans de participer à la conception éditoriale de l’émission et de définir la thématique des soirées dans la Maison. Avec son mur de fans, Cornetto met à disposition un nouvel espace de discussion et d’engagement des internautes.

 

DN: Votre agence Darewin va dans quelques semaines fêter son premier anniversaire, quelles sont vos plus belles opérations ?

WGO: Choisir sa plus belle opération, c’est un peu comme choisir son enfant préféré. Compliqué. Mais indéniablement, l’application mobile Bref fut un gros bébé. Créativement d’abord car il s’agissait de ne pas décevoir les fans malgré l’arrêt de la série.

L’application, pour la première fois au monde, vous permet d’appeler et de parler à vos personnages préférés. La preuve en images.

Et ça marche : l’application vient d’atteindre un demi-million de téléchargements en 30 jours, soit 11 téléchargements par minute cet été avec une moyenne de 4.5 étoiles sur 5 sur l’appstore.

 

DN: Quelle est l’actualité de votre rentrée ?

WGO: Nous poursuivons notre croissance, recrutons et accueillons de nouveaux clients et de nouveaux projets. Entre autres, nous lancerons deux dispositifs pour ARTE. L’un autour d’une nouvelle série française, l’autre pour l’émission 28 minutes d’Adventure Line Production.

Avec France 2, après avoir fêté les 100 000 fans de Fort Boyard, nous devrions célébrer les 4000 followers du @pereFouras dans la journée. Nous poursuivons également notre collaboration avec NT1, notamment sur Vampire diaris.

Et de nombreux autres projets ambitieux sont aussi en préparation.

 

DN: Quel est le programme que vous rêveriez faire propulser ?

WGO: La Coupe du Monde 2014. Et pas seulement parce qu’elle se tiendra au Brésil….

 

Propos recueillis par Virginie Achouch

L'ADN - Le 29 avr. 2015
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