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Découvrez le nouvel Havas Paris

Le 12 janv. 2016

Hier, Agathe Bousquet et Christophe Coffre annonçaient officiellement la fusion d’Havas Paris et Havas 360 au sein du nouvel Havas Paris, l’agence de conseil et création « la plus globale du marché français ». Interview.

Un nouveau modèle

La force de la nouvelle agence est de réunir à demeure 500 experts. « Nous racontons une histoire qui intéresse la nouvelle génération : avoir un modèle intégré est important aujourd’hui », explique Agathe Bousquet, Présidente-Directrice Générale. « Cela implique une dynamique et une communication importantes en interne », ajoute Christophe Coffre, Président en charge de la création.

Rassembler deux agences, c’est permettre une cross-fertilization des compétences, beaucoup de pitchs, et un portefeuille de clients plus large. « Les clients sont au cœur du modèle. Ils doivent ressentir les bénéfices de la fusion ». Dans le cadre de ce rapprochement, Havas Paris regroupe ses activités Social, Content et Digital : les équipes sont désormais réunies au sein de l’agence pour répondre au mieux aux enjeux des clients. En parallèle, l’agence lance Paris Shopper, une offre élaborée avec Fullsix Retail qui s’appuiera sur le savoir-faire historique d’Havas 360 : la communication commerciale. « Cela représente pour nous un fort levier de développement ».

 

Philosophie                                                                                           

Pour Agathe Bousquet et Christophe Coffre, il faut assumer son rôle d’agence de conseil et de création. « Ça permet de proposer des stratégies créatives uniques à chaque fois : nous n’avons pas de culte du film ou du digital. Nous ne décidons pas en avance du dispositif. Nous écoutons nos clients, leurs besoins, leur complexité. Quand nous avons vraiment écouté, nous prenons des décisions, toujours avec le client ». Pas question de prétendre à une meilleure connaissance de la marque… que la marque elle-même. « La collaboration est importante ».

« Nous ne sommes pas une agence parisianiste ». Havas Paris en région, ce sont des équipes locales, de l’humanité et de la justesse. « Il y a un enjeu de réconciliation entre les marques et les gens : c’est possible d’y répondre en allant sur le terrain ». Les équipes portent le nom de leur ville : Havas Marseille, Havas Lille… « Le système est collectif et global ».

Havas Paris croit en la combinaison entre créativité publicitaire et l’influence. « Très tôt, nous avons pensé que la marque et l’entreprise n’allaient former qu’une seule entité ». L’avenir est aux marques généreuses. « Cela fait longtemps qu’on parle d’utilité. Mais la digitalisation modifie le rapport entre les gens et les marques : il faut désormais un rapport à hauteur d’Homme ». Les consommateurs ont conscience de leur valeur : il faut que les marques leur rendent quelque chose en échange de l’acte d’achat. Poser aux marques la question du service rendu, ça change la communication. Et cette question de don à autrui, Havas Paris se la pose aussi.

Avec sa nouvelle carte de vœux sous forme de 33 tours, l’agence fédère les équipes de Paris et de 360. « Une agence, ce sont des talents », explique Christophe Coffre. « J’avais 500 personnes à disposition : j’ai voulu les impliquer dans un groupe… de musique ». Le résultat, c’est un vinyle, commencé début novembre, qui revisite des titres sur Paris. « Entre le moment où nous avons commencé et le moment où on a enregistré, il y a eu le 13 novembre. C’était encore plus vital de rendre hommage à la musique et à Paris ».

L’album, disponible sur Soundcloud, a été réalisé en 17 jours : à l’image du court-métrage de l’année dernière, de l’exposition photo organisée cet été ou du festival de musique il y a quelques mois, cela permet de prouver aux annonceurs les compétences de l’agence. « Nous ne disons pas que nous savons faire du contenu, nous faisons du contenu ». C’est assez symbolique : « Il y a toujours un côté intéressé avec la publicité. Avec le contenu, on choisit un côté intéressant ».



Une agence de 500 personnes peut-elle garder une dimension humaine ? 

« Le sujet ce n’est pas la taille, c’est le talent », explique Agathe Bousquet. Quant à Christophe Coffre, il confie qu’au cours de sa carrière il a connu plusieurs fusions… « Je sais ce qu’il faut éviter ». L’important, c’est de se concentrer sur l’humain. « Nous avons beau être 500, nous sommes une agence familiale ». Est-ce possible de maintenir ce climat « familial » avec autant de collaborateurs ? « Le secret tient à nos personnalités, à Agathe et moi. On veut que les gens soient heureux : il faut mettre beaucoup d’énergie pour que l’on soit bien ensemble ».

« Qu’on le veuille ou non, les patrons donnent le ton », continue Agathe Bousquet. « Un patron qui ne part jamais en vacances, qui reste jusqu’à minuit et qui arrive au bureau à 6h du matin, ça n’envoie pas le même message qu’une équipe qui encourage les gens à travailler ensemble ». Ainsi, Christophe Coffre est engagé auprès de ses créatifs. « Je ne peux pas travailler des gens avec qui je ne pourrais pas partir en week-end : nous sommes proches les uns des autres ». Cela se ressent dans le recrutement : les deux Présidents s’appliquent à recruter des talents qui pourront s’intégrer dans cette culture. « Le côté mercenaire ou gourou ne fonctionne pas ici. Nous vivons avec les meilleurs du marché : c’est inenvisageable de vouloir faire primer son égo ».

Selon Christophe Coffre, le fait d’avoir créé un binôme à la tête de l’agence incluant un créatif fait passer un message fort. « D’habitude, les patrons, ce sont des commerciaux. Là, nous sommes à égalité : il n’y a pas un métier plus noble que l’autre, tout a de la valeur ».

« Ça ne pourrait pas fonctionner dans un groupe américain. Mais notre French Touch fait que tout ça n’est pas mécanique. Il y a beaucoup d’émotions, de débats, de collaboratif ». Et l’envie de faire briller les autres… « Une agence, c’est comme une équipe de foot : quand tu aimes les gens, tu passes le ballon pour qu’ils puissent marquer ».

Mélanie Roosen - Le 12 janv. 2016