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Deux collaborateurs en train d'échanger
© Georgijevic - getty

Comment améliorer l'expérience collaborateur en entreprise ?

Douglas Rosane
Le 19 mars 2021

Meilleure écoute des salariés, transformation des feedbacks, évolution des pratiques RH... S’il est admis aujourd’hui qu’être à l’écoute des employés est essentiel pour les entreprises, les faits démontrent que beaucoup d’entreprises pèchent encore sur ce point.

Et la crise sanitaire n'a malheureusement pas suffisamment amélioré les choses en France. En effet, moins de la moitié des salariés français ont pu donner leur avis sur ce qui a été une année pas comme les autres... Douglas Rosane, Directeur Solutions Expérience Collaborateurs chez Qualtrics, revient sur les leviers à déployer par les entreprises en 2021 pour améliorer l’expérience de leurs collaborateurs.

Replacer l’expérience collaborateur au cœur des préoccupations managériales

Ces résultats continuent d’être étonnants au regard des évolutions à ce sujet dans plusieurs pays, notamment sur trois aspects. En premier lieu, le management vertical reste particulièrement privilégié en France et les salariés sont très peu consultés. Par ailleurs, les entreprises qui ont un programme d’écoute des collaborateurs, pour la plupart, n’agissent pas suffisamment en réaction à ces retours. En effet, moins de la moitié des salariés en France jugent que leur entreprise les écoute régulièrement et 18% seulement déclarent que leurs entreprises transforment ce feedback en actions concrètes. Notre dernière étude et le premier confinement ont montré que l’impact de l’écoute et de l’action qui en suit demeure primordial pour renforcer l’engagement. J’espère que les organisations qui ne l’ont pas encore fait considéreront 2021 comme une nouvelle opportunité pour replacer l’expérience collaborateur, mais aussi les salariés eux-mêmes, au cœur de leurs préoccupations.

Prendre en compte les évolutions sociétales dans les pratiques RH

Au cours des dernières années, nous avons vu le rôle du responsable de la diversité gagner en importance. Mais plus qu’une thématique purement RH, cela appelle à de vrais changements culturels au sein de l’entreprise, qui nécessitent des initiatives de formation ciblées et continues auprès des managers et des salariés. 2021 verra certainement un investissement continu dans ce domaine de la part des entreprises.

Nous ne sommes pas aux États-Unis et, si elle a son importance, la question raciale ne peut pas être posée de la même façon. Mais il ne faut pas non plus se positionner à l’extrême opposé et rester franco-français car 75% des effectifs du CAC40 sont à l’étranger. En revanche, l’équité homme-femme va continuer à être mis en exergue, sur le plan salarial bien sûr, mais également dans l’accès aux postes à responsabilités.

Depuis plusieurs années, l'engagement est moins fort en France qu’ailleurs. Ce retard est le résultat de nombreux facteurs bien établis dans les pratiques managériales. En 2020, le score d’engagement en France s’affiche à 58%, soit 8 points en dessous de la moyenne globale.

Mesurer l’impact des mesures prises pendant la crise sanitaire sur l’engagement des collaborateurs

Cependant, les événements tumultueux et les réactions des entreprises ces 12 derniers mois ont conduit à une diminution de l'écart entre la France et ses plus proches voisins en la matière.

Il y a plusieurs raisons à la réduction de cet écart. Les gens sont contents d’avoir un travail et la réponse française à la crise a permis de davantage préserver l’emploi par rapport à beaucoup d’autres pays avec des économies plus libérales. Corrélé à cela, on observe une loyauté plus forte du salarié vis-à-vis de son employeur. L’intention de rester dans l’entreprise est en hausse. En effet, 73% des salariés interrogés indiquent qu’ils n’ont pas l’intention de quitter leur entreprise. Au regard de ce critère, la France est en avance sur plusieurs de ses voisins.

Cette différence peut avoir plusieurs explications. Il peut s’agir, soit du reflet direct de niveaux d'engagement plus élevés, soit d’une réduction des offres d'emploi, soit simplement d’une préférence pour le connu par rapport à l'inconnu. La peur de changer d’entreprise maintenant, en pleine pandémie, refroidit sans doute les ardeurs de certains salariés.


Retrouvez le rapport ici

Douglas Rosane - Le 19 mars 2021
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