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étudiante travaillant à la bibliothèque
© recep-bg via gettyimages

3 tips issus de l’UX pour enseigner à distance

Idean
Le 14 déc. 2020

Décrochage, manque d’assiduité ou encore besoin de contact humain, le monde de l’apprentissage souffre de la pandémie. S’il est déjà difficile de conserver l’attention des étudiants en présentiel, le challenge est amplifié en virtuel. Les méthodologies issues de l’UX peuvent-elles faciliter les choses ?

L’incontournable ice breaker introductif

Pour des jeunes étudiants de Master Design & Strategy habitués aux nouvelles technologies, l’adaptation à l’enseignement à distance pourrait sembler une seconde nature. Pour autant, si confortable que peut paraître le fait de rester chez soi, ce n’est pas forcément très stimulant. Il est donc nécessaire de dynamiser chaque début de cours grâce à un ice-breaker, exercice ludique animé par un binôme différent à chaque fois. En plus de l’aspect participatif, cette responsabilisation crée une forme de solidarité entre les élèves et génère une motivation particulière à se surpasser quand viendra leur tour.

L’exercice « I like, I wish, what if… » est un bon exemple qui permet aux étudiants de formuler des retours constructifs sur un sujet donné à l’aide de 3 post-its virtuels : ce qu’ils ont aimé, ce qu’ils souhaitent, ce qu’ils suggèrent. Ce type d’exercice très engageant permet également de faire émerger des visions intéressantes qui vont au-delà de la thématique initiale et parfois à l’encontre des à priori. Par exemple, pour la classe interrogée, il en est ressorti que les étudiants 2.0 ressentaient fortement le manque de contact physique.

En tant qu’enseignant, il s’agit alors de trouver les ressorts qui permettent de maintenir une fluidité dans la communication à distance.

(Re)créer un lien de communauté fort

Parce que les nouvelles conditions effacent de plus en plus la frontière entre sphère privée et sphère professionnelle, chacun essaie de préserver son intimité. Par conséquent, la plupart des visio-conférences se font caméras éteintes, ce qui crée une barrière supplémentaire. L’une des astuces pour pallier cette timidité est de « gommer » la réalité. Le professeur peut par exemple proposer aux étudiants d’utiliser des fonds d’écrans personnalisés, désormais disponibles sur tous les outils de visio ou encore de créer des avatars reflétant leur personnalité, comme sur les réseaux sociaux (Snapchat, Instagram). En utilisant les codes des plateformes unanimement adoptés aujourd’hui, on peut non seulement en faciliter l’appropriation « hors-contexte », mais aussi briser la barrière du virtuel. Cela participe à créer un lien communautaire fort.

Il est également possible de renforcer ce lien de communauté grâce à des sous-groupes de travail.

La fonctionnalité « Raise hand » a été intégrée récemment aux outils de visio, mais elle reste peu utilisée car nouvelle, et il reste difficile pour des étudiants, parfois intimidés de prendre la parole « face » à 35 personnes. Les activités en petits groupes sont donc une solution pour permettre à chacun de donner son avis et d’échanger de façon plus confortable. Les outils de visio permettent de regrouper les étudiants par thématique et de présenter une restitution de leur travail à toute la classe en fin de session.

Engager l’étudiant grâce aux outils collaboratifs

Il est déjà difficile de capter l’attention des étudiants en présentiel avec un format de cours magistral descendant. La distance, demandant une dose d’énergie plus importante, impose de trouver des outils pour dynamiser les échanges et encourager la participation, notamment de nombreux outils collaboratifs existants.

Mural par exemple, l’un des outils les plus utilisés lors des ateliers UX, permet de recréer des tableaux virtuels et facilite l’interaction (vote, Q/A, partage d’idées, etc.). Ainsi, l’étudiant valorise sa présence et ses idées en apportant sa pierre à l’édifice. Cet outil favorise le phygital, la capacité d’allier monde physique et monde digital, en ce que les étudiants switchent volontiers entre dessin sur papier et la version digitale envoyée via ordinateur sur Mural.

Teams, outil phare des visio-conférences propose également un « Fil de discussion », à la manière de Facebook. Cela va permettre aux étudiants d’interagir avec leurs professeurs, mais également entre eux. Cela n’empêche pas la création de groupes de travail sur d’autres réseaux sociaux. On constate en effet que Teams est plus utilisé pendant le temps de cours, tandis que les groupes de travail Facebook sont utilisés en dehors des horaires de cours. On remarque là encore cette volonté de compartimenter vie privée / vie scolaire.

Il est évident que l’appétence UX des étudiants les aide dans l’application de ces méthodologies. Il serait intéressant de se demander comment les transposer à des cours « classiques » (SVT, langue vivante, mathématiques par exemple). Ce qui semble certain, c’est que ces méthodologies développées dans le monde virtuel permettent de conserver un maximum d’interactions avec les étudiants. Et lorsque la situation sera revenue à la normale et les cours en présentiel, les professeurs gagneraient sûrement à intégrer ces astuces issues de l’UX afin de garder intact l’engagement des étudiants.


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Idean - Le 14 déc. 2020
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