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Climat, environnement, main, green
© Noah Buscher via Unsplash

Quel est le rôle des RP dans les engagements des entreprises ?

Arnaud Pagès
Le 12 avr. 2021

À mesure que le réchauffement climatique prend de l’ampleur, l’avenir devient plus sombre. Les générations futures risquent de recevoir en héritage une planète polluée et invivable. À ce titre, notre responsabilité à leur égard est immense. Pour elles, mais aussi pour nous, il est temps de réagir.

De chasseur-cueilleur tentant de survivre au jour le jour en mangeant sans être mangé, l’être humain est devenu, depuis quelques dizaines de milliers d’années, un superprédateur qui trône, sans concurrence, au sommet de la chaîne alimentaire. Depuis l’époque moderne, nous sommes la première et la seule espèce capable d’avoir un impact global et systémique sur l’environnement. Le progrès technologique est allé jusqu’à nous faire oublier que nous sommes, comme tous les autres organismes, soumis aux lois de l’évolution. Aveugles et sourds à la fragilité des écosystèmes, nous avons poursuivi sans relâche notre quête de confort en faisant le choix du plastique, du béton et des énergies fossiles. Nous avons trop longtemps vécu dans le déni de la sélection naturelle et de notre possible extinction.

Ces dernières années, la nature a commencé à nous rappeler à l’ordre. Baisse alarmante de la biodiversité, fonte des glaces, montée du niveau des océans, sécheresses, canicules et feux de forêt à répétition, pandémies... La situation a tout lieu d’être inquiétante. Sans changement majeur, le GIEC prévoit un réchauffement climatique pouvant atteindre 4 °C à la fin du siècle, avec des conséquences dramatiques pour l’humanité, comme pour l’ensemble du vivant.

Pour la première fois, nous prenons collectivement conscience que notre espèce n’est pas nécessairement éternelle. Et que le chemin sur lequel nous sommes engagés pourrait la conduire à sa perte. Pour inverser la tendance, nous devons réviser nos pratiques, mais aussi intégrer le long terme dans nos réflexions. Nous devons anticiper.

Les entreprises doivent changer de cap

Les plus jeunes sont en première ligne pour encaisser l’onde de choc que pourrait provoquer l’augmentation des températures dans quelques dizaines d’années. Pour la génération Z, c’est-à-dire celles et ceux d’entre nous qui sont nés au tout début des années 2000, la dégradation de l’environnement est devenue la première source d’inquiétude. Fin 2019, une enquête du CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) révélait que 40 % d’entre eux étaient préoccupés par le réchauffement climatique et la disparition des espèces animales et végétales. À l’instar de la militante Greta Thunberg, la jeunesse du monde entier entend pouvoir disposer d’une planète vivable et vivante. Le droit des générations futures, établi par Jacques-Yves Cousteau en 1997, n’a jamais été autant d’actualité.

À ce titre, les décisions que nous prenons maintenant sont cruciales. Et les entreprises doivent être à la hauteur de leurs responsabilités.

Le pouvoir des RP

Selon Frédéric Henry, fondateur et président de l’agence RP FHCOM : « Si les citoyens consommateurs sont toujours plus alertes, plus informés et plus critiques, il ne faut pas oublier que la transition écologique est un chemin collectif sur lequel on apprend et que l’on planifie ensemble un peu plus chaque jour. Dans ce brouhaha de données scientifiques alarmistes, de combats politiques et de discours lobbyistes, on est tous un peu perdus et désemparés sur comment agir, et par où commencer. À ce titre, les initiatives responsables des entreprises peuvent prouver aux citoyens et aux consommateurs qu’il est possible et nécessaire d’agir ensemble et chacun à son échelle pour avoir un impact considérable sur l’environnement. Les résultats des actions menées peuvent être significatifs et sont une preuve concrète d’une évolution positive possible. »

De fait, l’urgence environnementale est, depuis quelques années, parfaitement comprise et intégrée par les grands groupes. Ceux-ci ont fait de la compensation carbone et de l’innovation verte leurs outils pour sanctuariser la nature. En 2019, Kering a annoncé vouloir compenser intégralement ses émissions de C02, soit 2,4 millions de tonnes, en protégeant tous les ans 2 millions d’arbres dans le monde. De son côté, Renault envisage de faire baisser son empreinte carbone de 25 % d’ici 2022 en agissant sur l’intégralité du cycle de vie d’un véhicule. Le bâtiment vise la sobriété énergétique, tout comme l’industrie agroalimentaire, le textile ou le numérique... Ces initiatives vertueuses sont renforcées par le pouvoir d’influence des RP, qui agissent en véritable courroie de transmission entre les entreprises et les citoyens.

« Les RP sont un formidable outil de déploiement de nouveaux moyens et d'actions envers la cause écologique, à condition d’être utilisé à bon escient. Il est impensable aujourd’hui pour une marque de ne pas être responsable et engagée dans cette bataille pour la préservation de l’environnement. Il est tout aussi impensable de faire du greenwashing ou de se contenter d’émettre de grands discours pleins de bonnes intentions sans les appuyer de preuves tangibles. Comme le dit l’adage, il n’y a pas d’engagement, il n’y a que des preuves d’engagement. »

Le discours de la preuve est essentiel pour accélérer les transformations, car si la plupart des secteurs tendent vers le vert, ils ne le font sans doute pas assez vite... Mais la bonne nouvelle, c’est que l’écoresponsabilité est en train de devenir systémique. Munies d’une feuille de route et d’un plan de transformation interne, les entreprises fixent un cap et une échéance. Et pour l’instant, la plupart d’entre elles font des efforts considérables pour s’y tenir. Face à l’immensité du défi, il faut cependant aller plus loin.

« Demain, pour faire encore mieux, il s’agira pour les marques de faire acte de transparence, d’humilité et de cohérence : sensibiliser et donner les moyens aux consommateurs de continuer l’effort à leur échelle, c’est une chose, mais il s’agit aussi de partager la charge mentale, et de montrer que, pour leur part, elles mettent tout autant de responsabilité et d’engagement dans cette bataille climatique au quotidien. » 

C’est pour toutes ces raisons qu’Unilever a décidé de monter la barre d’un cran. En tant que groupe mondial possédant des succursales et des unités de production en Europe, en Asie, en Amérique, le géant néerlando-britannique a prévu d’investir 1 milliard d’euros dans un nouveau fonds dédié au climat et à la nature dans le but d’agir,dans les dix prochaines années, sur la restauration des paysages, la reforestation, la fixation du carbone, la protection de la faune et la préservation de l’eau ou encore le développement de l’agriculture durable. Les 100 marques d’Unilever sont pleinement mobilisées pour que ce programme ambitieux puisse avoir le maximum d’impacts positifs. Par exemple, Carte d’Or propose désormais ses crèmes glacées et sorbets dans un bac en carton recyclable, avec 90 % de plastique en moins, soit une économie de 1100 tonnes par an. La lessive Skip intègre des ingrédients biodégradables dans des emballages 100 % recyclables.

Et ce n’est pas tout. Unilever ambitionne d’atteindre le zéro émission nette sur tous ses produits à l’horizon 2039, soit onze ans avant ce que prévoit l'accord de Paris. Le groupe a par ailleurs annoncé mettre 1 milliard d’euros en plus sur la table pour éliminer les combustibles fossiles présents dans sa gamme de produits d’entretien d’ici 2030. Cette initiative fait partie du plan d’innovation “Clean Future” qui prévoit un passage à l’échelle de l’économie circulaire au niveau mondial pour toutes les entités d’Unilever. Aujourd’hui, les investissements des marques doivent être à la hauteur des enjeux, et elles ont plus que jamais besoin des RP pour donner à voir et à comprendre les transformations en cours.

« La communication est aujourd’hui centrale dans le regard et les actions que l’on porte sur la transition durable, tant des entreprises que des individus. Communiquer, c’est exposer, informer et rendre public. Les RP peuvent et doivent se faire le porte-voix non seulement de la prise de conscience écologique, mais aussi de la transition durable des marques. En exposant les engagements et les actions concrètes de celles-ci, on nourrit un cercle vertueux de confiance et d’influence tant envers les citoyens qu’envers les pouvoirs publics : montrer la bonne foi, et la bonne voie des marques vers un horizon collectif », conclut Frédéric Henry.



Arnaud Pagès - Le 12 avr. 2021
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