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Un jeune homme enjambe les rails
© Jakob Owens via Unsplash

SNCF : le récit collectif, face au besoin de cohésion

Sidièse
Le 5 déc. 2019

« Pas de récit collectif, pas de collectif ». Ce constat, de plus en plus actuel, concerne aussi l'interne des entreprises. Même les organisations les plus soudées ont régulièrement besoin d’un regain de cohésion. Bonne nouvelle, le travail sur votre récit est aussi un puissant levier de réengagement.

Troisième volet de la série en 8 épisodes « Raconter le monde qui pousse - 10 ans d'apprentissage de l'agence Sidièse ».

Mais ce qui vous aiderait, ce serait de savoir comment produit-on un grand récit, pour l'imaginer chez vous. Cet article tombe à pic, il vous le raconte par l’exemple SNCF - qui surmontait déjà une grève lors de ce travail, il y a un an.

Au sein de son activité « Voyages », 25 000 personnes se sentent parfois appartenir à leur unité immédiate (OuiGo, InOui,...) plus qu'au « Groupe ». Tableau classique... Effets classiques : moins de loyauté envers le global, de coopérations entre unités, d'appartenance, de fierté... selon les mots de Vanessa Crequer, Directrice de l’information des agents et déploiement de la culture client chez SNCF : il fallait « retrouver du "ciment émotionnel", souder les équipes au-delà des objectifs chiffrés, des plans de performance ».

L’agence Sidiese a piloté pour elle une démarche de récit. Comment ça marche ? En 5 étapes.

Étape 1 : On atterrit les pieds sur terre, dans l'époque

Tout part d’un nouveau type de réunion : une session vérité. De quoi on y parle ? Du monde actuel. Cash. Sans filtre. Bien mis en confiance, les collaborateurs jouent le jeu. Quel intérêt ? Ils posent des problèmes clés, essentiels. Or, un bon problème, c'est la base d'un …bon récit, d'une intrigue.

Étape 2 : On découvre les récits candidats

Alors, on se penche sur les réponses de l’entreprise à ces problèmes essentiels : chacune, même petite, en devient une réponse essentielle… un grand but, face à un grand péril ! Chaque duo grand but/grand péril crée un début de récit. Pour la SNCF - comme pour bien d’autres - une dizaine au moins s’offrait ! Une fois qu'on a ce casting de récits candidats, on passe à l'étape suivante. 

Étape 3 : On teste on muscle on affute on sélectionne

Ici, commence un joyeux chamboule-tout. Nous implorons les participants de nous aider à dégommer des récits candidats. Puisqu'il y en a plein, il y en a trop. Grâce à des outils simples, on sait mener ces sessions en petit comité comme en grand nombre, de 5 à 150 participants, record à battre. L’expérience SNCF est parlante : 4 sessions ont rassemblé des gens de plein de métiers, entités, sites, strates hiérarchiques, pour un total de 50 participants.

Le nombre de récits diminue en entonnoir. À la fin, il en reste deux ou trois. C'est le bon moment pour organiser le retour des « chefs à plumes »...

Étape 4 : On choisit le récit champion

Là, les décisionnaires peuvent décider en confiance : seuls subsistent des choix robustes, testés, torture-testés ! Les chefs vivent les mêmes process que leurs collaborateurs. Ça peut être traité en une demi-heure ou davantage, ça peut aussi faire un point de CoDir. Ce fut le cas à la SNCF. De façon un peu magique (ou pas du tout !...), l’un des choix finalistes rebouclait nickel avec la « stratégie du Oui », cascadée depuis peu par le top management. Il s’imposa naturellement.

Texte de Oui SNCF

Étapes 5 : On le lance dans la vie

On en a tiré et diffusé en plénière annuelle interne un film d’interview.

Hervé conducteur TGV Est SNCF

 

 

Il était accompagné d'un site, sur lequel tout.e collaborateur.trice pouvait déposer son « Oui » à lui.elle. Il a nourri une expo interne, qui montrait notamment les plus beaux de ces « Oui ». Il a été édité en poster, en cartes postales diffusés dans les bureaux, les couloirs.

Hervé conducteur TGV Est SNCF

Pour d'autres entreprises, un « Narrative Book » est édité, qui aide chacun à se servir du grand récit (comme le fait une charte graphique ou éditoriale).

Voilà, et quand le grand récit est lancé, sa carrière peut démarrer, comme celle du pitch d’une série TV... Mais là, on aborde le sujet d'un prochain article, sur la puissance de l’effet- feuilleton dans la durée.

Est-ce qu'un travail sur le Récit protège contre les tensions sociales ? La grève actuelle prouve que non ! Mais il aide à les vivre, les franchir, les surmonter - il l'a fait dans ce cas d'espèce, pour SNCF Voyages. À l'issue d'ateliers de « récit-storming », des équipes sortant d'une longue grève montraient une confiance, une envie renouvelée. Ces « récits-stormings » ont été cascadés, pour redonner du coeur à l'ouvrage après la vague de grèves précédentes. Que nous dit cette expérience ? Elle nous dit que le récit est donc un travail de court, moyen et long terme, pour traverser les épreuves - dont la vie est faite. Voilà : le premier lien entre les employés, c'est quoi ? C’est l'histoire qu'ils co-écrivent ensemble, qui leur donne des raisons d'y croire et de se lever le matin. Donnons à cette histoire la place - centrale - qu’elle mérite.


Pour en savoir plus, vous pouvez vous procurer Le Petit Manuel du Grand Récit.
Pour en savoir plus sur l'agence Sidièse, cliquez ici.

 

Sidièse - Le 5 déc. 2019
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