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Un homme torse nu tient un appareil photo
© Derek Owens via Unsplash

L’image en presse : c’est un métier !

Magazine
Le 5 mars 2020

Souvent négligée dans les process de production, parfois même oubliée des enveloppes budgétaires, l’iconographie est pourtant un poste à enjeu. C’est d’elle que dépendent l’attractivité et la singularité de votre magazine. Voici 4 bonnes raisons de la remettre au top de vos priorités.

L’image est un contenu : accordez-lui une place d’honneur

Dans les supports de presse, l’iconographie joue un rôle primordial. En couverture, en introduction de dossier, en portrait/interview ou même en simple accompagnement d’un article, elle interpelle le lecteur pressé et l’incite à lire. Un enjeu de taille au vu de la saturation de l’espace médiatique et de l’hypersollicitation des lecteurs ciblés ! Or outre cette dimension quasi publicitaire, l’image doit aussi être porteuse d’un message, d’une information qui complète ou enrichit le texte qu’elle accompagne. Les visuels les plus efficaces ne sont pas ceux qui s’efforcent d’illustrer un propos, parfois de façon redondante, mais ceux qui incarnent, colorent ou appuient ce propos. C’est dans cette complémentarité entre image et titre que réside la force des couvertures de Libération, réputées pour leur impact.

Un conseil, donc, si vous vous lancez dans un projet éditorial ou que vous avez en charge la réalisation d’un magazine : ne négligez pas le volet iconographique. Prévoyez un budget à la hauteur de l’enjeu, aussi important que celui de la rédaction si l’on est logique. Accordez aux images une place importante dans votre maquette (on parle de « triangle d’or » entre textes, image et blancs d’aération). Enfin, intégrez pleinement leur production dans votre process de réalisation. Les images ne doivent pas faire l’objet d’une recherche à l’arrache en phase de montage.

L’image est un marqueur d’identité : ne négligez pas sa qualité

Concevoir une maquette de presse ou le design d’un site web d’information ne peut se faire sans une réflexion sur l’image. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’image est un élément clé de l’identité éditoriale et artistique d’un média. Elle est sa signature visuelle, l’écrin de sa personnalité. Elle positionne le support et, par conséquent, son lectorat. Surtout, elle contribue grandement au plaisir de la lecture. N’avez-vous jamais feuilleté un magazine en regardant simplement ses images ? Ou choisi un support en kiosque parce que vous étiez séduit par son univers photo ?

Rangez au placard vos images Fotolia, visuels pris sur le web ou photos issues du téléphone de votre rédacteur. Faites travailler des pros. Confiez le choix des images à un créatif plutôt qu’à un chargé de communication. Soyez exigeants sur leur résolution, leur rendu artistique et l’histoire qu’elles racontent. Visez l’impact visuel, l’émotion du lecteur. En somme, privilégiez la quête de résultat.

L’image est un parti-pris : imposez-la à vos décideurs

On ne le répétera jamais assez : un magazine doit être pensé pour intéresser son lecteur, pas pour faire plaisir à son émetteur. C’est aussi valable pour les images. Elles ne doivent en aucun cas subir le regard inquisiteur des décideurs (élus, dircab, DG…), qui tendent à privilégier le politiquement correct à l’impact visuel. Ne cédez donc pas à la facilité des compositions/collages, nuages de mots-clés, puzzles ou mosaïques de photos… qui, en cochant toutes les cases, trahissent une inaptitude à angler un sujet ou à adopter un parti-pris iconographique. Exit aussi les vues aériennes et photos d’ambiance descriptives, peu enclines à attirer l’attention du lecteur. Autre piège à éviter absolument : l’image miroir qui se veut représentative de la cible. En presse interne, notamment, circule une légende selon laquelle l’iconographie doit être à l’image des collaborateurs : féminine, mais pas trop, diversifiée ethniquement, composée de corpulences variées… Hérésie pure, car le lecteur n’est pas dupe de la manœuvre. Et comme tout lecteur, il réagit à l’émotion, pas à l’identification.

Besoin d’arguments tangibles pour convaincre vos décideurs de lâcher du lest ? Montrez-leur le site Des images et des actes. Proposé par un collectif engagé dans la lutte contre le changement climatique, il met en évidence l’impact des images sur les comportements des individus, et l’importance de renouveler le langage visuel des campagnes pour changer la donne. Alors certes, la noblesse du sujet vaut bien de remettre en cause ses pratiques de communication. Mais la quête d’efficacité ne devrait-elle pas être le Graal de tout communicant ?

L’image est un art : ne cédez pas au tout-banque d’images

Travailler sur l’image est un métier, un savoir-faire que ne possède généralement pas un rédacteur en chef, un rédacteur ou un chargé de communication. N’improvisez pas sur un champ aussi crucial. Et une fois encore, fiez-vous au regard des créatifs et appuyez-vous sur des professionnels de la photographie et de l’illustration. Car si les banques d’image libres de droits ont du bon, avec un niveau quantitatif et qualitatif en nette progression depuis les 10 dernières années, elles présentent aussi de gros inconvénients : risque de retrouver son visuel sur la com’ d’un autre annonceur, manque d’authenticité en termes de rendu, inhibition de la créativité (on fait avec ce que l’on trouve), tendance au nivellement visuel… Et au final : manque cruel de personnalité. 

Si vous n’êtes pas encore convaincus, posez-vous cette question. Pour réaliser votre magazine, seriez-vous prêts à acheter du texte tout fait dans une banque de contenus ? Non bien sûr. Alors pourquoi le faire pour l’icono ? Une bonne image, c’est comme un bon texte : elle est pensée sur mesure, fruit d’un travail d’auteur, au service de l’intérêt du lecteur.


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Magazine - Le 5 mars 2020
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