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Une femme avec une plante
© Allef Vinicius via Unsplash

Végétalisation des espaces de travail : gardons les pieds sur terre !

aKagreen
Le 11 mars 2020

Considérer les plantes comme de simples objets de consommation, c’est oublier l’importance de notre capital végétal. Révéler la beauté de la nature sans justement la dénaturer... Et si la reconnexion au vivant était aussi simple que ça ?

Par Bertrand Jannic, Directeur du développement chez aKagreen

Privilégier le réel pour s’échapper du virtuel

Avatar

Il y a 10 ans sortait Avatar et le monde était bluffé du rendu visuel extraordinaire de la planète Pandora et de ses petits hommes bleus. La folle excitation autour du cinéma 3D en 2010 s’est légèrement atténuée depuis mais le photoréalisme des images digitales semble avoir définitivement installé le fond vert comme valeur sûre pour toute production cinématographique. Plus besoin de déplacer 200 personnes et 20 tonnes de matériel pendant 1 mois en pleine forêt amazonienne pour réaliser un Jumanji. Une ferme de serveurs, 60 motion designers et autant de cartes graphiques dans un open space de Montréal feront très bien le job.

Aujourd’hui le citadin lambda admire désormais des paysages extraordinaires en scrollant son feed depuis son canapé. L’ennui est que cette nature est bien souvent une nature fantasmée, filtrée, un produit de substitution à un environnement bien réel et en souffrance. Le vrai monde regorge de paysages fantastiques et de trésors naturels mais échouer son radeau sur une île déserte et luxuriante où les plages ne seraient pas couvertes de plastique relève aujourd’hui de la fiction.

Heureusement cette imagerie en 4 ou 8k ne semble pas suffire - pour le moment - à rassasier notre besoin critique de connexion au naturel, au vivant, au végétal de la même façon que le porno en réalité virtuelle n’est pas en passe de devenir la norme sexuelle. Les appels à re-végétaliser les villes, les toits et les rues, la tendance de fond à inviter les plantes dans les intérieurs, dans les bureaux, sont un signe fort que le message biophilique d’Avatar n’est pas qu’un joli conte. Nous avons fondamentalement besoin des plantes, du contact avec la nature, de retisser ce lien inné, charnel.

Ne plus fantasmer cette nature « augmentée »

Mais le cinéma et les réseaux sociaux nous ont quand même donné de mauvais réflexes. Un certain attrait sélectif pour tout ce qu’il y a de plus beau, de plus vert, de plus graphique, de plus spectaculaire. Toujours plus, quitte à travestir la réalité, « augmenter » la nature pour espérer capturer notre attention fébrile et sur-sollicitée. Et la rendre « likable » à tout prix.

Instagram vs réalité

Un bac de plantes ne suffit plus aujourd’hui, on veut des murs végétalisés, un logo géant en mousse stabilisée, des installations tarabiscotées que même mère-nature dans sa toute puissance créatrice serait incapable d’enfanter. Cette course au grandiose conduit parfois à ouvrir la boîte de Pandore de l’horreur, l’antithèse absolue, l'aberration greenwashing-esque : la plante en plastique. En pot, en liane ou en tapis elle ne coûte pas cher, ne demande pas d’entretien, garde toujours la même couleur et offre la garantie que les dimensions choisies sur catalogue ne bougeront pas. Quelle ironie de grimacer devant un sac en plastique pris dans les branches d’un palmier pendant ses vacances et, de retour au bureau, de fantasmer devant la copie du même arbre en polyuréthane pressé à chaud dans le hall d’accueil. La nature est suffisamment belle et variée pour devoir lui inventer des contrefaçons.

Remettre les mains dans la terre

En 2001 dans son ouvrage The Botany of Desire, Michael Pollan racontait les destins croisés entre l’espèce humaine et 4 plantes bien particulières : la pomme, la pomme de terre, la tulipe et le cannabis. Ces variétés ont su au cours de millénaires d’existence commune assurer leur pérennité en devenant chacune à leur façon d’indispensables objets de désir pour l’Homme dans un grand mouvement complexe de domestication réciproque.

Ne pas végétaliser comme ça

La végétalisation de nos lieux de vie est un enjeu crucial aujourd’hui, car notre destin est justement lié à celui de notre environnement. Chaque arbre qui disparaît en Amazonie ou dans le bush australien en raison des dérèglements climatiques ou de l’activité humaine est un coup de plus porté à notre capital végétal. Il est crucial d’en prendre conscience et de ne plus considérer les plantes comme de belles choses décoratives mais comme des ambassadrices de cette nature qui a besoin de nous comme nous avons besoin d’elle.

Avant de pouvoir opérer un retour total et utopique à la nature en désertant les villes nous devons faire l’effort de rééquilibrer ce capital végétal et réintégrer le vivant dans des espaces où il avait peu à peu disparu ; donner un coup de pouce au destin en accueillant parmi nous ces colocataires verts et feuillus dans leur simple appareil.

Certes l’acclimatation des plantes sera parfois difficile, il faudra lever les yeux de son écran, les observer attentivement, parfois même mettre les mains dans la terre entre deux réunions pour pouvoir admettre finalement que leur beauté fragile ne pourra jamais être remplacée par un vulgaire bout de plastique, un fichier 3D ou un filtre Instagram.

Végétaliser les espaces de travail
Le wagon de Paris, aKagreen


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aKagreen - Le 11 mars 2020
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