Voiture électrique Volkswagen en ville

Voiture électrique : enjeux de marques et de villes

Le 12 oct. 2017

Anne Hidalgo entend bannir de Paris les voitures à essence d’ici 2030. Une mesure structurante, qui s’inscrit dans la lignée d’autres initiatives, mais qui n’est pas sans conséquences pour la Ville qui devra s’adapter.

La Maire de Paris Anne Hidalgo, a annoncé qu'elle souhaiterait interdire les voitures à essence dans Paris à partir de 2030. Une décision qui fait suite à la fermeture à la circulation d’une partie des berges de Seine, et qui s’inscrit dans la décision d’améliorer la qualité de l’air dans la capitale. Pour rappel, l’Agence européenne de l’environnement (AEE) a estimé à plus de 500 000 le nombre de personnes mortes prématurément à cause de la pollution de l’air au sein de la zone Europe.
Si la majorité des Parisiens ne dispose pas de véhicule (60%), cette mesure pourrait avoir des conséquences économiques pour les constructeurs, mais aussi pour la ville, notamment en termes d’infrastructures et de services.

Le tout électrique : les constructeurs auto prennent déjà le pli

Si Tesla mène la danse, les constructeurs automobiles l’ont bien compris : il n’est plus possible de passer à côté de l’électrique. L’entreprise a fait le pari de l’électrique dès sa création, en 2003, soit bien avant que le sujet ne devienne branché. Depuis, Elon Musk est rentré dans le game, et c'est autrement plus sexy. Le lancement de la Model 3 a considérablement accéléré les choses, et semble avoir eu un effet boule de neige auprès de ses concurrents.

En Chine, le marché se porte bien. BYD, en plus d’être leader sur le marché, a remporté en 2014 face à Renault-Nissan le marché des taxis électriques de Bruxelles. Faraday Future, une entreprise d’origine américaine mais entièrement financée par un milliardaire chinois, a pour objectif de défier Tesla sur le segment des hypercars. L’entreprise a par ailleurs présenté son premier concept car au CES de Las Vegas en 2016.

FFZERO1 Concept
Les constructeurs historiques prennent aussi le sujet à bras le corps, avec plus ou moins d'aplomb. Renault-Nissan est ainsi le premier à commercialiser une voiture électrique de masse en 2013 avec son modèle Zoé. BMW a, de son côté, lancé l’i3, un véhicule électrique premium la même année. Enfin, Mercedes continue ses efforts sur sa gamme EQ, avec un projet de compacte 100% électrique.

Côté US, General Motors n’a commercialisé son premier véhicule 100% électrique que fin 2016, avec la Chevrolet Bolt, soit 6 ans après la commercialisation de Volt, son modèle hybride.

Cet été, Volvo Car a annoncé ne plus construire de nouvelles voitures à moteur thermique à partir de 2019, devenant ainsi la première entreprise à officialiser la fin de ses modèles à combustion.

La faute au « dieselgate » ? Peut-être : Volkswagen, qui a été particulièrement impactée, a notamment présenté son combi électrique, l’ID-Buzz.

Volkswagen I.D. BUZZ at Detroit Auto Show 2016

L’électrique : le nouveau terrain de jeu du transport « en commun »

Si la mesure est adoptée, les particuliers ne seront pas les seuls impactés : les VTC, notamment, se posent déjà la question de s’équiper en conséquence. Benjamin Cardoso, Fondateur de LeCab, nous confie ainsi que l’écologie fait partie des préoccupations majeures des équipes. « L’utilisation de voitures à la demande permet déjà de répondre à cet enjeu. Un chauffeur pourra transporter 15 personnes dans une journée. Le partage de véhicule va un cran plus loin : on peut compter 30 à 40 personnes par véhicule ! », explique-t-il. L’électrique est une étape assez logique du développement de cette stratégie.

Au Royaume-Uni, avant l’annonce de son interdiction à Londres, Uber avait le projet d’aider ses chauffeurs à s’équiper de véhicules hybrides ou électriques, dans la mesure où la ville s’apprête à instaurer des « clean air zones », payantes pour les voitures les plus polluantes.

Pour réussir le pari de l’électrique, les villes devront investir

Pour Benjamin Cardoso, le principal obstacle au tout-électrique restent les infrastructures. « Il faut qu’un chauffeur puisse recharger son véhicule rapidement, afin de ne pas perdre de chiffre d’affaires ». S’il estime que la situation n’est pas envisageable actuellement, il reste optimiste : « d’ici les 2 ou 3 prochaines années, les grandes villes auront assimilé ces pratiques ».

Un constat qui s’applique aux VTC et taxis, mais aussi aux bus. La Ville de Paris a annoncé vouloir créer une ligne de bus rapide et régulière à partir de 2018.

Une autre solution pourrait être d’imaginer des moyens de transport totalement inédits, à l’instar des Sea Bubbles pensées par Alain Thébault. Des prototypes de ces drôles d’hydroptères ont été testés sur la Seine à l’été 2017. En revanche, il faudra attendre mars 2018 pour des expérimentations auprès du grand public.

 

Si, sur le papier, la solution a de quoi faire rêver les Parisiens qui n'ont pas besoin d'un véhicule au quotidien, elle soulève des questions plus profondes : entre ouvertures de nouvelles centrales nucléaires et exploitation des terres rares, le bilan écologique pourrait ne pas être si positif. 

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

L'actualité du jour