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Une Fourmii verte, ouvrière de l’anti-gaspi

Equipe d'Une Fourmii Verte
Introduction
Récupérer des invendus alimentaires pour les livrer, de nuit, aux personnes qui auraient un petit creux. L’idée est simple, mais il suffisait de s’en saisir pour lutter contre le fléau du gaspillage alimentaire.

Le temps que vous lisiez cette phrase, environ 1 585 kilos de nourriture ont été jetés en France.* C’est de ce constat simple, et alarmant, qu’est née l’aventure Une Fourmii verte. En journée, Virgile, Clarisse et Thomas, ses trois fondateurs, font la tournée des boulangeries, traiteurs, restaurants pour récupérer leurs invendus alimentaires.

Une fois la nuit tombée, les petites fourmis s’activent pour livrer, à vélo, ces denrées aux personnes qui auraient un petit creux et qui voudraient éviter de manger trop gras. Ce qui n’a pas été vendu est donné à des associations, ou directement aux personnes nécessiteuses. « On s’est rendu compte qu’il y avait des fournisseurs qui produisent des denrées qui sont valables 24h et qui, malheureusement, sont contraints de les jeter au bout de 10-12h », commente Thomas. Depuis son lancement fin 2016, Une Fourmii verte a permis de sauver 120 produits.

Vidéo de présentation Une Fourmii verte

Pour profiter du service, rien de plus simple. L’équipe a développé un chatbot accessible depuis Facebook Messenger. Dites « j’ai faim » et le petit robot se chargera de vous présenter les plats de la nuit. « On veut que ce soit simple pour l’utilisateur, renchérit Virgile. Pas besoin de télécharger une application ou quoique ce soit, il suffit de lui parler comme à un ami. Nous, ensuite, on le livre en 25-30 minutes parce qu’on sait que, d’ordinaire, les services de nuit sont très longs. »

Présentation du chatbot Une Fourmii verte

Viser les noctambules

L’idée d’Une Fourmii verte est née dans le cadre d’un projet professionnel à Sup de Pub, où Thomas et Virgile se sont rencontrés. Ce n’est que plus tard, alors que les deux jeunes hommes cherchent un profil plus « créa », qu’ils font la rencontre de Clarisse. « En fin d’année, lors de la soutenance, le projet a plutôt plu au jury qui nous a conseillé de le lancer », se souvient Thomas. Ainsi, Une Fourmii verte était né.

Encore fallait-il mettre cette idée à l’épreuve du réel. Pendant trois week-end, l’équipe effectue des tests afin de vérifier qu’il y ait bien une offre (de produits invendus) et une demande. En effet, livrer de nuit suppose de viser une clientèle bien particulière. Une Fourmii verte mise alors sur les « noctambules ». Des fêtards, des personnes qui travaillent tard le soir ou, plus simplement, les gens qui auraient une petite faim pendant la nuit.

« C’était assez fatigant »

Trois week-end pendant lesquels Clarisse, Virgile et Thomas assurent, seuls, toute la logistique, en plus de la livraison. « C’était assez fatigant, concède Clarisse. La collecte des produits commençait vers 14-15h et il fallait tenir jusqu’à 6h du matin ». Ce qui fait tenir l’équipe, alors, c’est la conviction de contribuer à un monde meilleur. « Plus tard, dit Virgile, quand je serai un vieil homme, je rêverais de pouvoir dire à mes petits-enfants que, au moins, j’ai essayé de contribuer à faire avancer le monde d’un bon côté. » A terme, Une Fourmii verte souhaite continuer son engagement social en privilégiant le recrutement de chômeurs de longue durée pour ses livreurs.

Désormais intégré au programme Starter de l’incubateur Schoolab, l’équipe d’Une Fourmii verte souhaite se concentrer sur le produit. Les livraisons devraient reprendre d’ici la rentrée, en septembre. « On va peaufiner notre stratégie, tout ce qui est business model », explique Virgile. Si, jusqu’à maintenant, l’équipe s’est concentrée sur la livraison le week-end, elle réfléchit à l’étendre sur d’autres jours. « On pense que dimanche/lundi peuvent être des temps forts également, détaille Thomas. Le jeudi aussi, parce qu’il y a beaucoup de soirées étudiantes. Donc potentiellement la demande est là. A voir si l’on a des partenaires qui ont des invendus sur cette période. »

Fourmis colonisatrices

Dernier coup de pédale en date, l’équipe a lancé un crowdfunding sur la plate-forme Ulule. Objectif : atteindre les 10 000 euros, afin de s’équiper en matériel, réaliser une campagne de communication mais aussi étendre le service. Thomas, Virgile et Clarisse aimeraient en effet pouvoir livrer la grande couronne de Paris, avant d’exporter leur concept dans des villes étudiantes telles que Lyon, Bordeaux ou Montpellier.

*Chaque seconde en France, 317 kg de nourriture sont gaspillés. S’il vous a fallu cinq secondes pour lire cette phrase, cela équivaut à 1 585 kg.

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