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Lunii, pourvoyeur d’imaginaires

Deux enfants jouent à Lunii
Introduction
Libérer l’imaginaire de l’enfant, telle est l’ambition de Lunii qui, sous ses aspects de transistor, est une véritable « fabrique à histoires ».

Au tout début du projet, Maëlle Chassard, cofondatrice et CEO de Lunii, réalise un test. Elle organise un atelier avec des enfants autour du dessin. « On leur a demandé de dessiner un ogre », explique-t-elle. Résultat ? Tous dessinent soit Shrek, soit Hulk. « Cela prouve bien que l’imaginaire des enfants est bridé par le surplus d’images qu’ils perçoivent quotidiennement », commente Maëlle Chassard.

Vidéo de présentation de Lunii

48 aventures disponibles

Lunii a donc été créé pour que l’enfant puisse, de nouveau, se faire ses propres représentations. Le produit, qui reprend l’esthétique d’un transistor, est une « fabrique à histoires pour les enfants de trois à huit ans », résume sa PDG. Le principe est simple. Depuis sa « radio », l’enfant va construire une histoire en choisissant quatre éléments : le héros, un personnage, un objet et l’univers. Au total, 48 aventures sont disponibles, toutes écrites par des auteurs professionnels et contées par des comédiens. « A côté du produit, précise Maëlle Chassard, nous avons un service qui s’appelle la Luniithèque et qui permet de télécharger de nouvelles histoires. »

Luniithèque

 

« On veut éloigner les enfants des écrans, trouver une alternative aux tablettes, téléphones… On a voulu revenir à de la création audio », insiste Maëlle Chassard qui, lors de ses études à l’école de design Strate, a produit un mémoire sur la thématique de l’imaginaire. « Aujourd’hui, l’enfant est plus passif qu’actif », dit-elle. D’où l’idée de revenir à de l’audio, afin de développer l’imagination de l’enfant. D’où, aussi, l’intérêt du transistor, « afin de faire un petit clin d’œil à un objet un peu ancien remis au goût du jour », explique Maëlle Chassard.

L'incubateur Butagaz, le meilleur de France ?

Deux éléments ont été décisifs dans l’aventure Lunii. Le programme au sein de l’incubateur Butagaz, d’abord. Car, oui, Butagaz dispose d’un incubateur, appelé Zagatub (ça ne s’invente pas). « C’est peut-être le meilleur incubateur de France », n’hésite pas à prôner Maëlle Chassard, qui dit avoir bénéficié d’un accompagnement hors pair, et pu « rencontrer, grâce à eux, énormément de monde. » Deuxième élément important : la campagne de crowdfunding menée en 2015 sur Ulule. Elle aura permis de lever plus de 40 000 euros.

Lunii, qui vient d’atteindre le million d’euros de chiffre d’affaires, a désormais de grandes ambitions. Déjà, ouvrir le produit à d’autres fonctionnalités. Maëlle Chassard et son équipe souhaiteraient en faire un outil pédagogique, en plus de sa fonctionnalité ludique. Pourquoi ne pas imaginer, par exemple, utiliser Lunii afin d’éveiller les enfants aux langues étrangères ? « A la rentrée, annonce Maëlle Chassard, on va sortir un pack voyelles afin d’éveiller l’enfant à l’alphabet. » « A terme, ajoute-t-elle, on souhaiterait devenir l’iTunes store du contenu audio jeunesse ». Avec cette ambition : faire de Lunii un objet intemporel, « un peu comme Sophie la girafe ».

Quand l'imaginaire s'exporte

A côté de ça, Lunii souhaite se constituer comme une maison d’édition à part entière. « Comme on est créateur de contenu original, on se positionne naturellement comme une maison d’édition. On travaille en direct avec les auteurs, les comédiens. A terme, on aimerait avoir notre propre studio d’enregistrement », confie l’entrepreneure de 27 ans. Enfin, Lunii s’ouvre à de nouveaux marchés d’ici la fin de l’année. Dans le viseur : l’Angleterre, l’Allemagne, le Benelux et la Suisse. L’année prochaine, ce sera au tour des Etats-Unis, de l’Espagne et de l’Italie.

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