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astronaute sur terre

Elon Musk, plus habité que jamais au SXSW, n'a rien de neuf à dire

Le 12 mars 2018

La prestation du gourou de la tech au South by Southwest a des airs de grand-messe libertarienne. Pourquoi ? Dans la forme, les projets pharaoniques d’Elon Musk donnent à rêver. Sur le fond... c'est toujours la même rengaine.

Austin, Texas. À l’occasion du salon SXSW (South by Southwest), Elon Musk a fait jouer le suspens. Pour avoir l’occasion de rencontrer celui qui donne le ton dans la tech, il fallait se lever tôt. Avoir donné son adresse e-mail à la bonne personne et, avant 8h30 heure locale, récupéré un précieux ticket d’entrée (après avoir fait la queue). Une fois le sésame en poche, l’entrée du Convention center était ouverte pour suivre la conférence du patron de Tesla, SpaceX, Neuralink…

Fabrice Brianson, PDG de Just Amazing, était de ceux-là. Il décrit une ferveur palpable dans l’assistance. « Une belle opération de relations publics. Beaucoup d’applaudissements. Musk a coché toutes les cases : innovant, disruptif, amazing… À l’écouter, Musk a la capacité de faire croire à un rêve et à attirer les investisseurs. Alors que lui-même déconseille à ses propres amis d’investir dans ses propres projets car trop risqués ».

Elon Musk embarque l’auditoire autour d’une promesse. Celle de coloniser la planète Mars. Une ambition dont les premiers jalons pourraient survenir dès 2022, selon les dires du PDG. Celui-ci évoque d’ores et déjà l’existence d’un bar sur place, d’une pizzeria et d’autres services « maison »… l’homme donne à rêver, projetant ce que sera déjà la vie humaine sur une autre planète.

« Tout le monde a besoin d’un rêve, d’un absolu. La destination Mars est une promesse de liberté qui donne de l’air », résume Fabrice Brianson. « Actuellement, il n’y a personne d’autre de son niveau. Dans le domaine, il n’y a que lui qui parvient à mobiliser autant ».

Rêve libertarien, te voilà

On aura donc rarement vu un public aussi conquis par la cause libertarienne, chère à la Silicon Valley. Elon Musk se fait le chantre d’une idéologie progressiste « d’une croyance absolue dans un monde meilleur. Ses propos sont crédibles car il dit ce qu’il va faire et fait ce qu’il a dit ».

Le dirigeant convient cependant que la régulation doit agir dans certains champs, comme l’intelligence artificielle. Musk explique : « les dangers de l’IA sont bien plus importants que ceux liés aux missiles nucléaires. Je le dis et le répète, l’intelligence artificielle est de loin plus dangereuse que ces ogives. Et nous n’avons aucune régulation sur le sujet ? C’est tout simplement insensé. De même, la croissance exponentielle des intelligences informatiques va constituer une menace à la civilisation elle-même ».

Malgré cela, Elon Musk demeure un fervent partisan de la fin des Etats. Sans être excellent orateur (les concerts/soirées du SXSW n’aidant pas à conserver une voix fraîche), le dirigeant réussit à s’imposer comme une personne incontournable, « une personne dont le trajet, fait de réussites folles et de banqueroutes, est similaire à Steve Jobs », note Fabrice Brianson. Allant plus loin que leurs aînés, Mark Zuckerberg et Elon Musk entreront irrémédiablement dans le champ de la politique. Lorsqu’ils auront franchi le pas, ils bénéficieront d’une base solide de personnes qui croient en eux. En attendant, ils délivrent leur prêche dans les antres de la tech américaine.
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