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Accidents, sécurité : pourquoi les voitures autonomes ne sont pas pour demain

Le 3 avr. 2018

Les voitures sans conducteur vont-elles bientôt remplacer les voitures traditionnelles ? Pas si vite. Avant qu’un changement radical ne s’opère, de nombreux freins subsistent.

Promises à envahir les routes dans un avenir proche, les véhicules sans conducteurs sont encore loin d’être majoritaires. Alors que de plus en plus de voitures sont équipées d'assistants virtuels, celles qui se veulent totalement autonomes sont encore en phase de tests.

Aux Etats-Unis, un tel véhicule a provoqué en mars dernier un accident qui a coûté la vie à une femme. Uber réalisait alors un test de ses voitures autonomes sur route ouverte. Les responsabilités de chacun demeurent encore à déterminer mais les vidéos embarquées  prouvent que les capteurs de l’automobile n’ont pas été en mesure de remarquer qu’une passante traversait la route en pleine nuit.

Malgré cet accident, les tests sur ces véhicules se poursuivent. Waymo, la filiale d’Alphabet (Google) spécialisée dans ce domaine insiste. Elle poursuivra ses tests afin de valider son credo : « Ne jamais faire confiance aux humains dans les voitures. » Une vision qui n’est pas encore réalité puisque les experts tablent sur une maturité du marché à l’horizon 2035. Plusieurs questions restent en effet en suspens concernant le développement des véhicules autonomes.

Infrastructures : des routes encore inadaptées

Quasiment aucune route n’est à ce jour équipée de suffisamment de capteurs, antennes et autres éléments permettant d'assurer une communication en continu entre les différentes automobiles. Les besoins seront pourtant importants en termes de télécommunication et d’assistance pour que les trajets de ces véhicules puissent être facilités.

La tâche revient aux villes ou les concessionnaires de réseaux routiers. La logique de « ville intelligente » s’inscrit dans ce projet, et le travail à accomplir reste immense. Pour le moment, afin de tester les interactions de type machine-to-machine des circuits connectés existent pour servir de prototypage, mais rien de bien concret à l'échelle d’une ville donc.

Informatique : pirater une voiture connectée reste très facile

Une voiture autonome est avant tout un concentré de technologies, un arsenal informatique et connecté et donc forcément d’autant plus piratable. Les hackers en ont déjà fait la preuve. En 2015, Charlie Miller et Chris Valasek, deux spécialistes en cybersécurité sont parvenus à prendre le contrôle d'une Jeep Cherokee sans en avoir les clés. Leur exploit, loin de passer inaperçu, leur a valu d’intégrer les équipes d’Uber afin de renforcer la sécurité de la voiture.

Face à ce défi, il revient aux constructeurs de rassurer, d’autant que les piratages devraient naturellement devenir plus fréquents à mesure que le nombre d’utilisateurs progresse.

On imagine difficilement un véhicule incapable de fonctionner à cause d’un simple bug ou d’une mise à jour manquante. Les voitures autonomes devront pourtant garantir un service sans failles, non seulement du point de vue technique mais également sur le terrain de la sécurité. La tâche est incommensurable.

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Ethique : qui est responsable, qui est coupable ?

Assurances, constructeurs, conducteurs… lorsqu’un accident survient, la question de la responsabilité de chacun s’avère plus difficile à déterminer. Aux Etats-Unis, plusieurs Etats comme la Floride ou le Nevada ont laissé la possibilité de retenir la faute non pas de celui qui a construit le véhicule mais de celui qui a développé le système de conduite autonome. Mais cette option demeure complexe à mettre en oeuvre, mais certains constructeurs ont pris les devants. Mercedes, Volvo ou Google font le choix de signer des contrats avec leurs utilisateurs afin que, selon les circonstances, ils endossent toutes ou une partie des responsabilité en cas d’accident.

Parallèlement, l’idée d’obliger l’installation d’une sorte de boîte noire dans chaque véhicule fait son chemin. A l’instar des dispositifs aériens, ce système pourrait délivrer la réalité du déroulement d’un accident : qui a fait quoi en temps réel.

 

Juridique : des lois encore floues

En France, le code de la route est clair. Il précise, dans son article R412-6, que tout conducteur « doit se tenir constamment en état et en position d'exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent ». Il doit donc garder en toutes circonstances le contrôle de son véhicule.

Une voiture sans pilote n’est donc juridiquement pas concevable. Il est obligatoire qu’une personne physique soit suffisamment proche du volant pour accéder aux commandes en une fraction de seconde. Fini donc les rêves de voiture-lit et autre véhicule qui roule sans aucune intervention humaine.

Malgré tout, certains pays comme les Etats-Unis ont déjà commencé à modifier leur cadre légal. De nombreux tests sont en effet en cours afin de pouvoir adapter les lois aux nouvelles habitudes de mobilité. La législation est donc encore mouvante sur le sujet et pourrait se modifier au fil des expérimentations in situ.

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