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3 lieux pour déconnecter et innover

L'ADN
Le 1 sept. 2017

Trop d'action, pas assez de réflexion : le monde du business gagnerait à intégrer dans son modèle une profonde méditation sur les mégatendances qui façonnent notre avenir.

H-FARM, l'incubation à l'italienne

À la ferme de Ca’ Tron, au nord de Venise, la culture des jeunes pousses occupe au moins autant que celle des céréales. Dans les champs, les épis de blé, chargés de grains bientôt mûrs ; à l’intérieur, des start-up grandissent, portant leurs innovations vers le marché.

 

H-Farm, c’est le nom de ce lieu de 70 hectares imaginé en 2005 par deux entrepreneurs à succès, Riccardo Donadon et Maurizio Rossi. « Nous offrons une zone de confort, résume ce dernier. En tant qu’entrepreneur, tu peux te promener dans les champs, respirer au grand air, goûter la nature, observer les saisons… Ce que l’on ne peut pas faire dans les grandes villes. Les gens qui viennent ici se sentent comme chez eux : s’ils portent une cravate, ils la retirent tout de suite. »

 

Et alors, tous peuvent donner le meilleur d’eux-mêmes à leurs projets. Dans ses sept bâtiments, la ferme cultive des start-up de tous les secteurs : alimentation, communication, transport, santé, finance… À l’origine, il y avait uniquement un incubateur et un accélérateur mais le modèle économique n’était pas rentable. Aujourd’hui, les jeunes entreprises hébergées à H-Farm, pour des durées diverses, et leurs 550 collaborateurs travaillent tous en partenariat avec de grands groupes comme Disney, Allianz, Barilla, Adidas… Ce qui n’empêche pas H-Farm d’avoir investi 24 millions d’euros dans 86 start-up depuis 2005.

 

En plus du développement de start-up, H-Farm construit peu à peu un cursus d’éducation au numérique. Dans un an, le H-Campus devrait accueillir 2 000 étudiants de tous les âges, du primaire à la grande école. « Nous avons bâti le campus dans l’arrière-cour de la ferme car nous voulons un enseignement très proche du business », argumente Maurizio Rossi.

 

Dans cet environnement champêtre, les fondateurs disent écrire le futur. Lequel ? « Il n’y a pas de futur spécifique, répond Maurizio Rossi. Nous voulons juste permettre aux gens de mettre en œuvre leur vision, de créer. » Des leçons que les fondateurs ont déjà appliquées à leur projet H-Farm. « Reprendre une ancienne ferme, à la campagne, cela a été très disruptif, et a suscité beaucoup d’intérêt. Déjà en 2005, nous étions très conscients que la technologie allait tout changer, le monde, la société, et nous voulions trouver un moyen d’y participer. Le choix de cet environnement a été excellent, et il nous donne de l’énergie depuis le premier jour. »

 

À VOIR         

h-farm.com/en

Menorca Millennials, le décélrateur de startups

Juin 2015. Marcos Martin nageait dans les eaux turquoises de l’île de Minorque aux Baléares, quand soudain : « Bam, l’idée m’est venue : un “décélérateur” de start-up ! », raconte-t-il. Il affine le projet avec son associé Ricard Garriga : aider les entrepreneurs à ralentir, à réfléchir. « Trois jours après, nous expliquions le concept lors d’une conférence. Les gens étaient intéressés mais choqués. Ils disaient : “Décélérer une start-up, c’est la tuer !” »

 

Aujourd’hui, Menorca Millennials fonctionne à plein : un programme de 15 jours qui réunit sur l’île aux allures paradisiaques 20 start-up, sélectionnées parmi 360 candidatures reçues de 60 pays.

 

« Ici ma créativité est multipliée par 1 000, c’est fou ! s’enthousiasme Marcos Martin, insulaire toute l’année. Créer dans les grandes villes, dans un bureau, avec des plannings quotidiens, ce n’est pas le meilleur plan. Alors qu’à Menorca, tu te connectes à une nouvelle dimension, la quatrième, ou la cinquième, je n’en sais rien, mais quoi qu’il en soit, ta créativité grimpe en flèche. »

Les jours s’organisent entre réunions d’équipe, conférences informelles dans le patio (où tout le monde doit rester pieds nus), randonnées à vélo, plongée sous-marine. Marcos Martin prend l’exemple de la start-up Verse : « Au début, ils voulaient commercialiser une machine pour retirer du cash à partir de comptes en bitcoins. Après les Millennials, ils ont finalement choisi de concevoir une application de transfert d’argent entre particuliers. »

 

Tout au long du séjour, les entrepreneurs rencontrent d’autres entrepreneurs à succès ainsi que des investisseurs. « Quand on investit, on parie plus sur le jockey, l’entrepreneur, que sur le cheval, le business model. Et à Menorca, on peut réellement se connecter au niveau humain. Nous appelons cela la due diligence humaine. » Et cela porte ses fruits : sur les trois éditions, les participants ont levé un total de 29 millions d’euros.

 

Une fois la quinzaine finie, la communauté persiste grâce à des dîners aux quatre coins du monde, et à des échanges réguliers. Mais l’expérience sur Minorque crée aussi d’autres connexions plus ineffables. « Un soir, on se promenait sur l’île à trois avec Paul Ford et John Keagy [deux figures de la Silicon Valley, N.D.R.]. On est entrés dans une base désaffectée de l’US Navy, et c’était comme si l’on avait voyagé dans le temps cinquante ans en arrière. C’était au moment du coucher du soleil. On a regardé l’horizon. On se sentait petits, humains. Entre nous, j’ai ressenti à ce moment-là une connexion presque chimique. »

menorca millennials

 

À VOIR

menorcamillennials.com

thecamp, hybridateur de talents

Au cœur de la Provence, à quelques kilomètres d’Aix-en-Provence, un étrange campus a poussé. Imaginez. Sept hectares plantés dans la garrigue et, au centre, un immense bâtiment blanc, organique, où tout semble ouvert, bordé de terrasses, avec ici un auditorium et un restaurant, là un lab et de grandes salles. Il y a partout des espaces ouverts pour que le travail s’opère. Le lieu accueillera ses premiers hôtes cet été. Ouverture officielle à partir d’octobre prochain. « Thecamp sera ce que les gens en feront, et se construira au fur et à mesure que les projets vont se créer », explique Stéphanie Ampart, l’une des chevilles ouvrières de l’équipe. Un catalyseur donc, offert à tous ceux qui veulent se déconnecter du rythme effréné de notre époque pour prendre une pause, histoire de ne plus subir et de mieux anticiper. Les communautés sont invitées à se mélanger : entrepreneurs, artistes, cadres en entreprise, étudiants et même parmi les plus jeunes, écoliers et collégiens. Tous viendront travailler – autrement et ensemble – sur des projets qui veulent proposer un autre modèle de société, celle de demain – celle qui reste à inventer. « Ce n’est pas un endroit de passage », ajoute Stéphanie. C’est un endroit où l’on expérimente sur la durée, de quelques jours à quelques mois, et 300 chambres et tout le confort pour être mis dans les meilleures dispositions, permettent effectivement de poser ses valises. Quelques étudiants le feront sur un semestre complet, s’engageant en retour à partager leurs compétences avec l’ensemble de la communauté. L’idée a été portée par l’entrepreneur Frédéric Chevalier. Elle lui vient de loin quand, étudiant, il a découvert l’énergie créatrice des campus américains. Depuis, tout le porte à croire que c’est cette dynamique-là qui peut nous aider à saisir la complexité de notre monde : la comprendre d’abord, ouvrir les débats, créer des synergies, décortiquer des solutions pour expérimenter de nouveaux modèles. Une approche pragmatique qui part d’un seul élan : accompagner des projets qui se donnent pour vocation de créer un monde plus durable et des sociétés plus humaines. Les partenaires fondateurs, issus du privé et du public, ont été associés à la cocréation de ce lieu hybride. Les premières présentations du projet à l’étranger suscitent déjà un bel enthousiasme, et des liens se tissent avec d’autres structures. Alors que reste-t-il à faire ? Tout. Et ensemble.thecamp intérieur

À VOIR

thecamp.fr/fr

 

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