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Les boutons de partage envahissent le Web

Les boutons de partage envahissent le Web
Introduction
Vous les avez déjà vu trainer sur de nombreux sites. Mais si vous saviez, ces petits boutons de partage que l'on retrouve sur des sites d'informations, des sites e-commerce et même désormais sur le moteur de recherche de Google....par Cédric Deniaud

Qu’ils s’appellent, Google +1, “I like” de Facebook, Retweet de Twitter ou bien encore “Share” de LinkedIn, ils n’ont qu’une vocation : inciter l’utilisateur à partager du contenu sur ces profils sociaux pour à la fois se valoriser lui et faire profiter d’une bonne découverte avec ses “amis”, mais aussi, et surtout, si on se place du côté du site, de s’appuyer sur la viralité naturelle et la caisse résonance de ses lecteurs pour propager une information et créer une source de trafic additionnel sur le site.

 

 

Aujourd’hui, demandez à un site d’information en ligne s’il pourrait se passer du trafic provenant des réseaux sociaux ? Le chiffre vaut ce qu’il vaut car il est général et il existe de forte disparités entre un site marchand et un site d’information par exemple, mais 10% du trafic mondial trouverait sa source dans le partage de liens sur les réseaux sociaux (étude menée en juin dernier et mandatée par le service de partage ShareThis)

Le troisième bénéficiaire est bien entendu le service social qui propose son bouton de partage. En cliquant sur un bouton +1 ou sur un bouton I like, c’est autant d’informations que vous donnez respectivement à Google et Facebook sur les interactions que vous faites sur la Toile. Toutes ces informations permettent de définir des profils sociaux voire même d’enrichir les flux d’informations auxquels vous êtes abonnés. En effet, petit exemple de ce que Facebook propose avec certains sites partenaires qui intègrent le bouton “I like”. Lorsque vous surfez sur le site d’Amazon, vous découvrez un artiste que vous aimez et vous cliquez sur le bouton “I like” pour faire part de votre découverte à votre réseau d’amis. Sauf que dans le même temps, Facebook vous abonne à la page officielle (anciennement page Fan) de l’artiste. Voila un moyen à la fois d’enrichir votre profil et vos centres d’intérêts sur votre profil Facebook, mais aussi d’augmenter de manière fictive en partie le nombre de fans déclarés d’un artiste sur sa page Facebook. Facebook part en effet du principe que quelque soit le site sur lequel vous déclarez aimer un artiste, que ce soit sur Facebook ou sur un site partenaire, cela revient aux mêmes.

 

Qui va gagner la “guerre des boutons” ?

Dans cette guerre des boutons 2.0 que se mène les géants du Web, quel acteur en tire le plus de profit ? Les deux vainqueurs sont clairement Google et Facebook. Google, en effet, est en train de revoir tout le fonctionnement de son moteur de recherche en intégrant plus fortement la dimension sociale à son algorithme (on parle désormais de “social search”). En effet, le leader de la recherche part du principe qu’aujourd’hui, compte tenu de la densite d’informations présentes sur la Toile, le besoin de filtrer l’information et de la personnaliser en fonction du profil de l’internaute devient un enjeu prioritaire. Les actions que vous faites sur différents sites et directement dans les résultats de recherche impactent donc les contenus qui remonteront prioritairement dans le moteur de recherche lors de prochaines requêtes.

Facebook, cependant, détient encore une longueur d’avance dans cette bataille. En effet, le bouton  « like » de Facebook est aujourd’hui de loin le bouton le plus intégrer sur les sites externes. Il faut dire que sur la question des widgets sociaux, Facebook a clairement un temps d’avance, s’étant lancé dans cette bataille depuis bientôt 3 ans. Selon une étude en juillet dernier de BrightEdge, certains sites à forte affluence seraient encore plus enclins à intégrer les boutons de partage. En effet, l’étude révèle que parmi les 10 000 plus gros sites (en terme d’audience), seulement 10,8% intégreraient au moins un bouton de partage.

Et si on intégrait le e-commerce et le marketing au partage sur Internet ?

Intégrer un bouton de partage sur son site ? OK, pourquoi pas. Ce n’est pas compliqué à faire mais encore faut-il imaginer son intégration dans des dispositifs plu vastes. Deux exemples menés en France de ce qui peut être fait. Tout d’abord, avec Voyages-SNCF.com qui propose, grâce au partage de son prochain voyage sur Facebook et Twitter, un accès plus rapide à une offre prédéfinie ou personnalisée. Le site Voyages-SNCF le propose depuis plus d’un an et le système de partage intégré en fin d’acte transactionnel sur le site permet de générer 2,1 visites en moyenne par partage effectué. Autre exemple, plus dans l’univers de la communication, avec le dispositif mis en place par Samsung avec sa web-série Les Geeks. L’intégration des boutons de partage est ici liée à tout n principe de gamification basée sur les vidéos diffusées sur le site. Le principe est plus vous partagez la vidéo, plus vous la commentez… en somme plus vous êtes dans l’interaction avec un contenu, plus vous gagnez de points. Bien entendu, ce système de points permet à la marque de définir des profils sociaux et d’actionner des dispositifs marketing ciblés.

Intégrer des boutons de partage sur son site permet de répondre aujourd’hui à trois objectifs principaux : visibilité, acquisition de trafic et interactivité, mais la question n’est pas seulement d’intégrer des boutons de partage sur toutes les pages de votre site, mais bien d’inciter au partage en proposant éventuellement une valeur ajoutée à celui qui le partage ou celui qui découvre le lien.

Et si on imaginait d’autres boutons ?

Beaucoup d’internautes prônent pour l’existence d’un bouton “I dislike”, mais Facebook ne semble pas prêt de céder sur cette demande. On fait souvent le reproche sur Facebook de n’avoir finalement qu’un niveau de vote qui est le « I like ». Oui mais si on aime pas, comment on fait pour le dire par le biais du vote.

 

Certains comme Youtube n’hésitent pas à imaginer de nouvelles choses pour inciter à toujours plus de partage de leurs contenus.  Sans pour autant ici reparler d’échelle de vote avec on pourrait imaginer des nuances positives ou négatives. Youtube a ainsi mis en test aux Etats-Unis depuis plusieurs semaines maintenant  un nouveau mode totalement emprunt des codes de communication sur Internet. Vous connaissez certains acronymes qui se sont désormais imposés dans le langage courant comme VDM (Vie de Merde), LOL (Loud of Laugh), MDR (Mort de Rire) ou bien encore PTDR (Péter de rire). Youtube reprend ces codes dans une fonctionnalité qui permet à la fois en un clic à l’internaute de donner son avis sur une vidéo, et à Youtube de pouvoir taguer plus facilement les vidéos. Ce système actuellement en test, devrait sans nul doute se retrouver sur plein d’autres sites, notamment les sites d’informations où la qualification des contenus peut être difficile et le fait de laisser l’internaute définir ses propres tags peut vite devenir laborieux. L’idée est de donner des clés de recherche et de lecture d’un contenu. La qualification d’un contenu donne des filtres supplémentaires à l’internaute qui détermine d’autant mieux si ce contenu est susceptible ou pas de l’intéresser.

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Cédric DENIAUD

@cdeniaud

 

 

Cédric DENIAUD est co-auteur du blog MediasSociaux.fr et fondateur du cabinet conseil The Persuaders

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