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Le selfie pour le buzz oui, le selfie pour l’image… non.

Le selfie pour le buzz oui, le selfie pour l’image… non.
Introduction
Le phénomène de l'autoportrait 2.0 appelé selfie bat son plein. Au-delà du phénomène, et si les "selfises" étaient une nouvelle cible marketing? Tribune de Edouard de Pouzilhac.

Au cas où vous seriez passé à côté, le « Selfie », ou la contraction de self-portrait, désigne le fait de poster sur les réseaux sociaux des photos de soi, contextualisées à un instant « t ».  Le selfie  n’est donc rien d’autre qu’un auto-portait 2.0 à composante sociale. Lancé par les milleniums, très vite adopté par les stars, et amplifié par les évolutions technologiques, comme la double caméra sur les smartphones, le selfie est à présent dans la rue, dans nos vies : Outre-Manche, 35 millions de selfies seraient d’ailleurs pris chaque mois et l’on compte plus de 109 000 000 hashtags #me sur les réseaux, preuve de l’ampleur du phénomène. (source : neonmag.fr)

 

Mais, alors que les pronostics vont bon train sur l’obsolescence programmée de cette tendance qui se voit déjà déclinée dans de nouveaux courants, comme par exemple le « uglie » (comprendre « un autoportrait décalé et inesthétique »), ne serait-il pas bon de changer de point de vue et de considérer non plus les « selfies » en tant que tendance, mais bien les « selfises » en tant que cible marketing ?

 

En effet, les gens qui pratiquent le selfie partagent une même communauté de valeur et les mêmes besoins : le narcissisme, l’égocentrisme, le besoin de s’exposer, d’adopter l’approbation de leur réseau communautaire…bref, ils s’inscrivent tous dans une démarche de personal branding.
Des milleniums ? Et bien non. Cette cible est fédérée autour du comportement, et non de l’âge. Contre toute attente, cet état d’esprit est bien transgénérationnel : Outre-Manche toujours, plus de 29% des seniors disent l’avoir déjà essayé et si vous y réfléchissez, vous trouverez sans doute autour de vous un oncle, un neveu ou un frère qui l’a déjà pratiqué.

 

A l’instar des nerds et des geeks, les « selfises » (ou « les gens qui pratiquent le selfie ») sont donc bien une nouvelle communauté incontournable du marketing. Il semblerait du reste que la marque Etam, souvent pionnière en France dans les opérations social media, ait bien compris les ressorts des « selfises ». Pour sonner son arrivée sur le segment des collants, la marque propose avec son concours « joliesjambes » de poster un selfie de leur jambes et de faire gagner à la candidate qui aura reçu le plus de like de ses gambettes, un « selfietrip » à NewYork.

 

Un concours qui reflète une fois encore qu’après l’ère de la conversation entre les marques et ses consommateurs, l’enjeu des annonceurs est aujourd’hui la communication visuelle avec ses individus. (Pour en savoir plus, voir notre tribune sur le social visual web).

 

Pour autant, une mise en garde est nécessaire. En effet, si les « selfises » semblent faire naître un courant que l’on pourrait appeler la « narcisse communication », il faut rappeler que l’image des « selfises » est controversée. Une première étude britannique prouve en effet que l’augmentation de l’influence de la personne escomptée par la prise de « selfie » est en réalité vaine, puisque qu’il y aurait une corrélation entre la passion des individus pour les selfies et la diminution de leurs liens sociaux.
Le « selfie » aurait donc des conséquences négatives sur l’image de l’individu. Par extension, mettre en scène les selfies dans une communication de marque est sans aucun doute générateur de buzz… mais il se pourrait bien qu’en terme de retour sur images, l’impact « d’une narcisse communication » soit négatif.

 

 

Edouard de Pouzilhac

Président de 5èmeGauche

Il est président de l’AACC Interactive.