1. Accueil
  2. Réflexion
  3. Tribune d'expert
  4. Inventez la start-up qui va vous tuer

Inventez la start-up qui va vous tuer

Inventez la start-up qui va vous tuer
Introduction
Les faits parlent d’eux-mêmes : les start-up, quand elles se développent, finissent par menacer les plus grandes marques. Portrait-robot et idées pour s’en inspirer. Tribune d'Olivier Vigneaux, Président BETC Digital.

Airbnb loge plus de monde que les hôtels Hilton, les conducteurs font plus confiance à Google qu’à Audi ou Ford pour le développement d’une voiture entièrement automatique et Netflix fait trembler les géants de l’audiovisuel… Les faits parlent d’eux-mêmes : les start-up, quand elles se développent, finissent par menacer les plus grandes marques. Portrait-robot et idées pour s’en inspirer.

 

Identité digitale et agilité sont les traits communs de ces entreprises à succès. Le digital fait intrinsèquement partie de leur ADN, ce qu’Alexander Widegren de la startup suédoise Lånbyte[1] résume à merveille : « A lot of people would say that we’re a finance company, but I would say that we’re a tech company working within finance »[2]. Le digital n’est pas simplement une étape qui intervient lors d’un process de réalisation, il est au cœur de la création même du projet. Autre caractéristique clé, elles sont en général adeptes du « Ship first, fix later »[3] et n’hésitent donc pas à mettre leurs produits rapidement entre les mains des utilisateurs, sans passer par de lourds process de validation. Rappelons que Gmail a fonctionné en version Bêta pendant plus de 5 ans.

Le troisième élément fort qui les distingue est la raison d’être de ces entreprises : rendre service, au vrai sens du terme. Une start-up se crée avant tout sur le principe d’amélioration ou de simplification de la vie des utilisateurs. C’est là leur atout principal : l’excellente compréhension des besoins et des nouvelles solutions que le digital est en mesure d’apporter au quotidien.

 

Nous voici donc dans la tête du tueur. À nous, en tant qu’agences, de nous inspirer de ces modèles pour mieux accompagner nos clients.

 

Les colosses aussi peuvent-être agiles

Il est possible au sein d’une grande entreprise de reproduire le fonctionnement d’une petite structure et de se défaire ainsi d’une certaine inertie. C’est le principe des Labs et des ateliers. Ces configurations permettent de mettre en œuvre des expériences et des profils d’horizons divers pour travailler simultanément, en bonne intelligence. Le TGV Lab en est un exemple. Créé par la branche voyages de la SNCF, ce programme d’innovation est basé sur un principe d’agilité avec 6 projets expérimentés par an, réalisés avec un budget restreint et en un laps de temps limité. Sur tous les projets étudiés depuis 2008, une douzaine ont donné lieu à une offre concrète. Unibail a également lancé son propre Lab pour réinventer et concevoir le retail de demain. Quant à EDF, l’entreprise lançait en 2013 le premier Electromobilathlon, dont le principe est de réunir 20 salariés aux profils différents pendant 48h00 pour fabriquer une application.

Ces initiatives sont à la portée de toutes les structures, changent la donne et génèrent des idées vraiment neuves à condition d’intégrer, dès le départ, la dimension technologique au cœur du processus. Un point de vigilance : l’écueil du mode de fonctionnement en Lab serait de le couper du reste de l’entreprise. Organisons-nous en structures pluridisciplinaires plus légères, mais faisons en sorte qu’interviennent les décisionnaires afin de favoriser la transformation des idées en actions.

 

Inventons des applications et des services que les gens vont adorer utiliser !

Rendre réellement service aux gens, voilà une ambition inspirée par les start-ups, à laquelle il semble difficile de ne pas adhérer. Il n’est pourtant pas inutile de ré-insister sur ce pré-requis lors du processus de travail. Faisons un petit test : combien avons-nous dans nos smartphones d’applications de marques qui nous sont réellement utiles ? Très peu et la raison est simple : elles sont très souvent l’extension de l’univers de la marque et proposent un micro service sans répondre à un réel besoin. Certaines marques ont su éviter cet écueil ; Tesla, par exemple, en créant l’application Tesla Motors qui permet de contrôler sa voiture à distance. Idem pour Mastercard et son ATM Hunter qui permet de localiser un distributeur de billets de banque où que vous soyez, ou, même s’il est plus anecdotique, le pizza tracker de Domino’s qui permet de garder un œil sur sa commande de la préparation jusqu’à livraison. Toutes ces entreprises se sont posées la question, évidente, mais trop oubliée, de la résolution d’un problème qui compte réellement pour leurs clients. Tout comme Google a résolu la complexité de l’accès à l’information en ligne ou Netflix s’est donné pour ambition de nous inspirer dans le choix de nos programmes.

 

Une manière de travailler autrement ensemble, de belles ambitions de service et un état d’esprit agile, voilà les premières pistes pour inventer vous-même la start-up qui pourrait bien réinventer votre business. Il ne reste plus qu’à se lancer.

 

 

Olivier Vigneaux 

Président de l’agence

BETC DIGITAL

 


[1] Lånbyte est une société suédoise basée sur la technologie, dont l’objectif est de renégocier les dettes et hypothèques dans les pays nordiques.

[2] « Beaucoup de gens diraient que nous sommes une société de financement, mais je dirais que nous sommes une entreprise de haute technologie qui travaille dans la finance »

[3] « D’abord on lance, ensuite on améliore »

 

 

[1] Lånbyte est une société suédoise basée sur la technologie, dont l’objectif est de renégocier les dettes et hypothèques dans les pays nordiques.

[1] « Beaucoup de gens diraient que nous sommes une société de financement, mais je dirais que nous sommes une entreprise de haute technologie qui travaille dans la finance »

[1] « D’abord on lance, ensuite on améliore »