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Yogist : faites la posture du chien au boulot

Chien posture yoga
Introduction
Anne-Charlotte Vuccino, fondatrice de Yogist, veut adapter le yoga au monde de l’entreprise pour augmenter le bien-être des salariés.

Vous êtes stressé au boulot ? Pourquoi ne pas vous mettre au yoga ? Yogist vous propose des exercices de yoga faciles à réaliser, qui ne nécessitent aucun matériel et, surtout, qui se font depuis sa chaise de bureau ! Le tout, garanti « sans transpi », histoire de pouvoir enchaîner avec un rendez-vous. Sa fondatrice, Anne-Charlotte Vuccino, était invitée à prendre la parole à l’occasion de l’Eté des entrepreneuses, un salon qui s’est tenu le samedi 1er juillet au Palais de la femme, dans le 11ème arrondissement de Paris.

Diplômée d’HEC Paris, Anne-Charlotte Vuccino sait parler aux entreprises. C’est ce qui fait sa force et lui permet de « décloisonner » une pratique qui, de prime abord, peut sembler réservée aux initiés. « Je connais parfaitement le yoga classique, explique-t-elle. Simplement, on ne peut pas utiliser le même vocabulaire. » Exit, donc, l’ouverture des « chakras ». Ici, on conseille plutôt aux gros patrons de faire des exercices respiratoires avant d’entamer une réunion importante, par exemple.

Entrepreneurs essaient la méthode Yogist

Un esprit sain dans un corps sain

En première année d’HEC, celle qui se prédestinait à une carrière dans l’humanitaire, se retrouve fauchée par une moto. Elle en ressort « en miettes », se voit parler d’amputation de la jambe. « Au moment où l’on m’a dit ça, mon état a commencé à s’améliorer », commente Anne-Charlotte Vuccino qui, aujourd’hui, se tient parfaitement droite ; paraît indestructible lorsqu’elle prend la parole. De cette expérience, l’entrepreneuse de 31 ans en tire une certitude : il existe un lien fort entre le corps et l’esprit.

Finie la carrière humanitaire, donc, et place au métier de consultant. Trois ans seulement après sa sortie de l’hôpital, Anne-Charlotte Vuccino est initiée au yoga : « Une copine de bureau m’a dit : « T’as l’air en sale état. Viens, je vais te montrer le yoga. » » La jeune femme s’essaie alors une fois par semaine, après le boulot, à cette pratique. « Ce truc est miraculeux », réalise Anne-Charlotte Vuccino qui commence à utiliser le yoga au bureau. « Quand je voyais mes clients, des gros patrons, je leur disais : « Venez, on va faire une ou deux postures de yoga. » Ils étaient très reconnaissants », se souvient Anne-Charlotte Vuccino. Surtout, elle s’aperçoit qu’aucun matériel n’est nécessaire pour exercer ce sport au travail.

Anne Charlotte Vuccino Yogist

E-learning, ouverture à l'international...

Après une seconde expérience chez Allociné en tant que directrice de projets web, où elle continue de constater l’attrait de ses collègues pour cette pratique, Anne-Charlotte Vuccino décide de monter sa boîte. Deux mois après son départ d’Allociné, elle part en Inde, se forme au yoga thérapeutique et écrit, par la suite, une méthode pour introduire le yoga dans le monde de l’entreprise. Le but, aider les salariés d’entreprise à soulager leur stress. « Le téléphone sonne, c’est EDF qui m’appelle. Ils me disent : « On a un séminaire dans trois semaines, on voudrait que vous l’animiez » », se remémore Anne-Charlotte Vuccino.

Premier succès pour cette entrepreneuse qui décide de coucher sur le papier sa méthode et sort, en septembre 2016, son livre sur le sujet. « A partir de là, tout s’est enchaîné : clients, équipe de professeurs… On a fini par digitaliser notre méthode, avec un programme de e-learning complet », détaille Anne-Charlotte Vuccino. Désormais, Yogist s’étend à l’international, avec l’ouverture prochaine de deux filiales à Londres et à Sao Polo.

Passe difficile

Bien sûr, le chemin ne fut pas sans embûches. Entre janvier et mars 2017, Anne-Charlotte Vuccino connaît une « passe difficile ». Ses trois plus gros clients pérennes la lâchent.  La faute, dit-elle, aux élections qui approchent et qui bloquent toute commande, avant la divulgation des résultats. L’entrepreneuse, qui a fait de sa santé physique et mentale son fonds de commerce, se dit au bord du burn-out. « Le principal actif que vous avez quand vous êtes auto-entrepreneur, c’est vous. C’est un marathon, pas un sprint », dit-elle aujourd’hui, consciente de l’importance de se préserver.

Désormais, Anne-Charlotte Vuccino assure être repartie de l’avant. Ce lundi, elle intègre Station F, présenté comme le plus gros campus de startups au monde, pour intégrer l’incubateur HEC. Le même qui, deux ans plus tôt, l’avait « refoulée ». La marathon, pas le sprint, on vous a dit.

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