Naomi Campbell en train de défiler pour l'Arise Fashion Week

Pour la création d’un Vogue Afrique ? Naomi Campbell milite, les réactions sont mitigées

Le 6 avr. 2018

« L’Afrique n’a jamais eu l’opportunité de faire valoir sa contribution au monde de la mode ». Le top model Naomi Campbell a exprimé son souhait de voir le célèbre magazine Vogue décliné en une version africaine.

L’Afrique attire : culture, tech… Certains n’hésitent pas à en parler comme de « la Chine du futur »  pour les nombreuses opportunités qu’offre le continent.

Il est un autre secteur, souvent pointé du doigt pour son manque de diversité, qui pourrait aussi s’intéresser de près aux talents de l’Afrique : la mode !

À l’occasion de l’Arise Fashion Week qui s’est déroulée à Lagos, au Nigeria, créateurs et créatrices se sont retrouvés pour présenter leurs dernières collections et témoigner du dynamisme qui habite la région. Le mannequin britannique Naomi Campbell en a profité pour défiler, et se confier sur ses ambitions quant au continent africain aux équipes de Reuters. « Il devrait y avoir un Vogue Afrique. Il y a un Vogue pour l’Arabie – la suite logique, c’est l’Afrique. Il faut que ce soit l’Afrique », a-t-elle déclaré. « L’Afrique n’a jamais eu l’opportunité de faire valoir sa contribution au monde de la mode, de voir ses tissus, ses produits et ses design acceptés au niveau mondial. Ce n’est pas normal ».

Ces dernières années, la mode occidentale n’a pas hésité à s’emparer des codes de la culture africaine : chez les grands noms de la couture, on retrouve Vivienne Westwood, Isabel Marant ou Givenchy. Sur Instagram, les nouvelles marques d’inspiration africaine cartonnent.

LE CIRÉ !

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Pourtant, l’idée de parler d’une « mode africaine » n’est pas pour plaire à tout le monde. The Guardian publiait à cet égard un article dénonçant à quel point l’expression était réductrice. « Alors que les designers occidentaux réduisent la "mode africaine" à des clichés tribaux, il existe des designers locaux dont les créations reflètent bien mieux la diversité du continent », peut-on lire.

Un sentiment qui a trouvé écho sur Twitter, où les réactions à la proposition de Naomi Campbell ne se sont pas fait attendre.

 

Oui. En fait, le continent est suffisamment grand pour plusieurs Vogues.
Vogue Kenya / Vogue Afrique du Sud / Vogue Nigeria (peut-être un Vogue ECOWAS :D) / Vogue Angola / Vogue Afrique du Nord

Je pourrais m’abonner à un Vogue Afrique… Mais en quelle langue serait-il écrit ?

 

En 2016, Felwine Sarr, détenteur du prix du penseur de la souveraineté de Legs-Africa, déclarait qu’il ne fallait pas essayer de « trouver un modèle unique pour les 54 États africains, mais de dire que l’Afrique est une entité géographique et symbolique. Dans ce symbolisme, il y a de la pluralité et de la diversité, et dans cette diversité, il y a aussi de grands espaces qui ont de fortes homogénéités culturelles ».

A l’heure où l’« inclusive design » (dont l’objectif est de résoudre les préjugés pour prendre en compte les besoins et les attentes des minorités ou des populations sous-représentées) séduit les entreprises, il ne faudrait pas sombrer dans les écueils que la pratique vise à éviter : faire des généralités et oublier les spécificités qui sont propres à chacun.

 

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