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Ma façon de m’habiller mérite-t-elle de me faire agresser ?

Le 9 mai 2016

Le 13 avril dernier, neuf étudiantes ont réalisé une vidéo dans laquelle les passants étaient invités à répondre à cette question. 450 000 vues plus tard, le débat sur le harcèlement de rue est relancé.

Pour leur projet de fin d’année, neuf étudiantes de l’école de commerce de Dijon ont décidé de se concentrer sur la défense des droits des femmes. C’est en prenant connaissance d’une enquête publiée par l’Institut Ipsos et l’association Mémoire Traumatique et Victimologie concernant les représentations du viol et les violences sexuelles en France que les jeunes femmes se sont orientées sur ce sujet.

Dans cette étude, de nombreux chiffres et statistiques sont recensés et ça fait froid dans le dos. 19 % des personnes interrogées considèrent qu’un « non » venant d’une femme signifie en fait « oui », 21% considèrent qu’une femme peut prendre du plaisir lors d’une relation sexuelle forcée. De plus, 40 % estiment que la responsabilité du violeur est moindre si la victime a montré une attitude provocante. C’est sur ce point que les étudiantes ont décidé de se concentrer. En effet, 27 % des sondés considèrent que la tenue vestimentaire de la victime serait assimilée à une attitude provocante.

Les jeunes femmes sont donc descendues dans la rue pour réaliser une expérience sociale et avoir affaire elles-même à ces chiffres. Ainsi, chacune s’est habillée de manière différente et a proposé aux passants de coller un post-it sur celle qu’ils trouvaient la plus provocante.

L’expérience a attiré de nombreux passants dont les réactions étaient diverses. Certains les trouvaient belles sans être provocantes, certains les insultaient ou considéraient que leur attitude était « abusée ». D’autres affirmaient qu’elles ne « méritaient pas d’être agressées, mais pouvaient attirer une agression » ou encore qu’un homme « a des pulsions. Qu’il faut se le mettre dans la tête. »

Après la présentation de leur travail, les jeunes femmes ont été saluées et récompensées. Mais surtout, elles ont permis de relancer le débat autour du viol ainsi que la soit disant responsabilité de la victime face à celle, bien réelle, de l’auteur de l’agression. Le ministère de l'éducation est entré en contact avec les étudiantes pour obtenir l'autorisation de diffuser la vidéo au sein d'écoles.

Plusieurs collectifs comme « Stop au harcèlement de rue » ou « Paye ta Shnek » ont vu le jour pour engager un combat contre ce harcèlement. D’autres étudiants, ceux de l’école supérieure des métiers artistiques avaient réalisé une vidéo mettant en lumière le quotidien des femmes, souvent victimes de harcèlement de rue.


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