photo du lac ontario a toronto

Google construit sa ville du futur à Toronto

Le 23 oct. 2017

Justin Trudeau, Sidewalk Labs et la ville de Toronto l'ont officialisé : Google va construire une smart city ultra connectée sur les rives du lac Ontario.

Coordonnées GPS, clics, visites ou trafic sur les sites Internet. Google a construit un empire en accumulant des données sur vous, elles sont d'ailleurs sa ressource principale. Mais le géant de la Silicon Valley a toutefois décidé de sortir du digital pour passer au béton, enfin, au bois et au plastique : Google va construire un nouveau quartier à Toronto.
Introducing Sidewalk Toronto

Un nouveau genre de smart city

C’est Sidewalk Labs, une filiale d’Alphabet (la maison mère de Google) qui est chargée du projet. Installée sur les rives du lac Ontario, Quayside sera l’exemple même de la smart city : lofts modulables en matériaux recyclables (bois plutôt que l’acier, plastique, préfabriqués…), micros, caméras, capteurs…

croquis du futur quartier quayside a toronto

Cette ville miniature, conçue de A à Z par la filiale, a pour but de booster la qualité de vie de ses habitants, notamment grâce à l’adaptabilité. En analysant la qualité de l'air, les habitudes de transports, le niveau de bruit à tel endroit, des ajustements seront faits. Par exemple, si un banc n’est pas utilisé, il sera déplacé à un endroit plus ensoleillé du parc. Il en va de même pour une épicerie qui ne serait idéalement placée etc. Les représentants de la firme californienne affirment que : « Sidewalk s’attend à ce que la plupart des résidents soient attirés par l’idée d’habiter dans un lieu qui évolue et s’améliore constamment. »

croquis du futur quartier google de toronto

Une application sera également à la disposition de tous les riverains. Via le compte utilisateur, ceux-ci auront accès aux services de la ville et pourront communiquer avec les autres habitants, que ce soit pour leur demander de faire moins de bruit ou pour donner accès à un immeuble au plombier si les résidents ne sont pas chez eux.

Pour limiter les émissions de CO2, le quartier a été pensé pour minimiser l’utilisation de la voiture. De nombreuses pistes cyclables et sentiers seront à disposition alors que les véhicules à moteur qui arpentent les rues devraient être remplacés par des véhicules autonomes comme des « taxibots » et des « vanbots ». Sur ce point, Sidewalk Labs doit encore trouver un accord avec Waymo (l’entreprise qui développe ces véhicules sans conducteur).

Un projet peut en cacher un autre

Si ce projet ambitieux a de quoi faire saliver, quelques écueils peuvent se présenter à l’horizon. Pour commencer, le siège social canadien de Sidewalk Labs et 300 de ses employés sont censés s’installer dans le quartier. Même si l’entreprise a parlé de « loyers abordables » et d’un « quartier pour tous », on doute que Quayside soit adapté aux personnes en situation de handicap, au plus démunis ou encore aux personnes âgées. Le quartier ne doit pas être pensé uniquement pour les millennials blancs...

Autre nuage à l’horizon, Quayside est loin d’être la première tentative de « ville du futur » instiguée par un grand groupe. C'est l’exemple d’Epcot (Expremiental Planned Community Of Tomorrow), une ville créée par Walt Disney qui avait finalement été transformée en un parc d’attraction. Il y a aussi Brasilia, la capitale brésilienne pensée par l’architecte Oscar Niemeyer, qui fonctionne assez mal. Construite au milieu de nulle part et censée accueillir 500 000 habitants, elle en compte aujourd'hui 3 millions. Pour Richard Burdett : « La question n’est pas de savoir si c’est une bonne ou mauvaise ville. Ce n’est simplement pas une ville. » Selon le sociologiste et spécialiste de l’urbanisme, elle n’en possède pas les caractéristiques.

photo de la ville sud coreenne du songdo

Le dernier projet de smart city est sud-coréen : il s’agit de la ville de Songdo. Si cette dernière ne devrait être terminée qu’en 2020, elle rencontre déjà quelques problèmes critiques, notamment au niveau de ses objectifs d'accueil d'entreprises et de résidents. Pour résumer : elle est totalement vide.

Pour palier ce genre de problématique, Sidewalk Labs prévoit une zone pilote de 12 hectares, laquelle sera ensuite étendue à près de 800 hectares au bord de l’eau. Si le projet échoue, seuls quelques parkings et bâtiments industriels auront été sacrifiés, en plus d'un milliard de dollars canadiens investis...

Commentaires
  • Le commentaire sur Brasilia est navrant. Que Richard Burdett se rende sur place et qu’il interroge des habitants avant de nous donner des avis aussi confondants de bêtise.

  • Le commentaire sur Brasilia est navrant. Que Richard Burdett se rende sur place et qu’il interroge des habitants avant de nous donner des avis aussi confondants de bêtise.

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