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Meryl Streep, en Miranda Priestly dans Le Diable s'habille en Prada

Seulement 15% de femmes dans Les ComEx des 120 plus grosses entreprises françaises

Le 9 mai 2018

Depuis près de deux décennies, les initiatives en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes se multiplient. Et pourtant, dans le public comme dans le privé, le chemin est encore long avant que les femmes n'accèdent au pouvoir.

Loi sur l’égalité d’accès aux mandats électoraux, loi sur l’égalité professionnelle, loi Copé-Zimmermann… entre 2000 et 2018, 9 mesures ou lois en faveur de l’égalité hommes-femmes ont été adoptées en France. Parfois incitatives, parfois contraignantes, ces initiatives montrent quelques résultats mais en matière de parité, il y a encore du travail ! En partenariat avec le réseau COM-ENT, le Lab Proches, laboratoire d’idées de l’agence Proches, a mené une étude sur l’accession de femmes au pouvoir.

En politique, une parité de façade

Charité bien ordonnée, commence par soi-même. Depuis le gouvernement Ayrault sous le mandat de François Hollande, le pouvoir exécutif tente de montrer l’exemple. Le gouvernement actuel d’Edouard Philippe suit le même mouvement et se targue de compter 50% de femmes. Mais cette parité parfaite affichée masque les disparités au sein des cabinets ministériels, dont les photos d’équipes sont moins diffusées.
Au 31 décembre 2017, seulement 120 des 316 postes de cabinets ministériels étaient occupés par des femmes, soit 38%. Parmi les 32 ministères du gouvernement, 24 ne respectent pas la parité et 80% des directeurs de cabinet restent des hommes.

Du côté du pouvoir législatif, même constat. La part de femmes qui siègent au Parlement a augmenté et atteint 40% mais les postes de Président de groupe sont tous occupés par des hommes, à l’exception de celui de la Nouvelle Gauche, présidé par Valérie Rabault. Ainsi, lorsqu’il s’agit des postes clés, la proportion de femmes à l’Assemblée Nationale tombe à 32%. Au Sénat, c’est pire, elles ne sont que 22%.

infographie politique

infographie issue de l'étude Femmes & Influence par Lab Proches et COM-ENT

Le secteur privé ne fait pas mieux

Depuis 2017, la loi Copé-Zimmermann – votée en 2011 avec une application progressive – impose 40% de femmes au sein des conseils d’administration des grandes entreprises françaises. Depuis 2013, cette proportion est passée de 26% à 43%.
100 %
des PDG du CAC 40 sont des hommes.

En matière d’égalité, il ne faut pas crier victoire trop tôt. Les femmes sont de plus en plus présentes dans les conseils d’administration mais aucune ne cumule le poste de Présidente avec celui de Directrice Générale.

La loi a permis de faire bouger les lignes dans les conseils d’administration mais au sein des ComEx, c’est une autre histoire (ou la même qui perdure). Les Comités Executifs des 120 plus grosses entreprises françaises ne comptent que 15% de femmes. Pire, plus d’une sur cinq, ne présente aucune femme dans son ComEx. Seulement, 7 entreprises du SBF 120 ont une femme à leur tête, les 111 autres sont dirigées par des hommes.

Parmi ces mauvais résultats, certains bons élèves se distinguent. L’étude dévoile le Top 3 des ComEx du SBF 120 avec le plus de femmes :

  1. Icade, 56%
  2. GTT, 43%
  3. Ipsos, 40%

Qu’est-ce qui bloque ?

Pour comprendre, les difficultés qu’ont les femmes à accéder aux postes à responsabilités, le Lab Proches et COM-ENT ont réalisé des entretiens avec 24 d’entre-elles qui occupent des fonctions de leader dans des structures publiques ou privées.

Cette étude qualitative permet de mettre en lumière, les principaux obstacles auxquels doivent faire face les femmes dans leur carrière. De l’éducation jusqu’à l’entreprise, en passant par les représentations féminines dans la sphère publique, les stéréotypes pèsent lourd sur les épaules des femmes. Par manque de modèles féminins auxquelles elles peuvent s’identifier dès l’enfance, les sondées évoquent le syndrome de l’imposteur et un sentiment d’illégitimité comme l’un des freins à leur accession au pouvoir.

Les stéréotypes toujours bien ancrés dans la société font porter la responsabilité du ménage sur les femmes, actives ou non. En plus de leurs responsabilités professionnelles, elles doivent souvent faire face à la gestion de tâches ménagères et l’éducation des enfants. Ces clichés sur la famille et le rôle des femmes dans la société génère de la culpabilité chez ces dernières. Un sentiment qui serait le premier frein à leur carrière d’après les entretiens conduits lors de l’étude.

L’analyse du Lab Proches souligne également que l’organisation des entreprises est aussi le résultat d’une forme d’élitisme qui se joue au niveau de l’éducation et de certaines filières majoritairement masculines de grandes écoles. Enfin dans l’entreprise, la valeur des femmes et de leurs compétences n’est pas jugée selon les mêmes critères que les hommes et par le prisme des stéréotypes de genre. Ainsi, l’ambition ou l’autorité ne sont pas vues comme des qualités chez une femme - elles sera plutôt décrite comme froide- alors qu’elles sont célébrées chez un homme.

Découvrez l'étude complète ici.


Méthodologie

Les chiffres relatifs au SBF 120 se basent sur 111 entreprises, 9 d’entre elles n’ayant pas rendu publique la composition de leur comité exécutif. Les entretiens ont été menés auprès de femmes leaders, ayant des postes à haute responsabilité au sein d’organisations variées : type, taille, secteur d’activités. Les résultats rendent compte d’une analyse qualitative proportionnelle.

Commentaires
  • Bravo et merci pour ces chiffres qui corroborent - et c’est UTiLE- année après année Stat et travaux de recherche dont les miens en mode qualitatifs sur Freins moteurs. Changement de modèle urgent avec aide des jeunes GenY.

  • Excellent article car Sur le sujet , les chiffres ne sont généralement pas précis . Ce qui n'est pas le cas ici . Îl faut continuer à partager et en parler . Les organisations changeantes dans les entreprises , les nouvelles technologies sont en train de bouleverser ces schémas ancestraux .

  • Merci. deux actions clefs : preparer le pipeline de femmes leaders tres en amont des comites executifs, et nommer des femmes à des respnsabilités de business, ne pas les cantonner à des fonctions supports.

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