Un robot dans une usine

Les robots ne vont voler « que » 14% des emplois - soit la population de la France !

Le 5 avr. 2018

Les pronostics du dernier rapport de l’OCDE ont, a priori, de quoi réjouir : les chiffres concernant l’automatisation de l’emploi sont en baisse ! Mais quand on regarde de plus près, ça fait quand même froid dans le dos.

En 2013, une étude sur le futur de l’emploi annonçait que 47% des emplois risquaient de disparaître au profit des robots. Un rapport que l’OCDE tient à nuancer, 5 ans après, avec des chiffres beaucoup plus optimistes : rassurons-nous ! L’automatisation ne devrait, finalement, concerner que 14% des emplois.

Oui, mais.

14% sur les 32 pays sondés, cela représente tout de même… plus de 66 millions de travailleurs et travailleuses qui pourraient bien voir leur emploi disparaître au profit d’une machine.

Sans compter qu’à ces 14% qui devraient très probablement disparaître, s’ajoutent 32% d’emplois ont entre 50% et 70% de chances d’être automatisés.

 

Qui est concerné ?

L’étude a été menée parmi 32 pays membres de l’OCDE. Au sein de ceux-ci, le risque d’automatisation varie énormément : 33% des emplois en Slovaquie pourraient être automatisés contre seulement 6% des emplois en Norvège.

Plus généralement, le rapport montre que les pays anglo-saxons, nordiques et les Pays-Bas seraient moins touchés que l’Europe de l’Est, l’Europe du Sud, l’Allemagne, le Chili et le Japon.

De telles différences peuvent s’expliquer par le degré d’automatisation, avancé ou non, des pays en question : ainsi, ceux qui ne s’appuient que très peu sur la technologie pour automatiser certaines tâches aujourd'hui ont une plus grande marge « de progression ».

Sans grande surprise, les emplois qui risquent d’être les plus touchés viennent de l’industrie ou de l’agriculture. Certains services (postaux, liés aux transports ou même à l’alimentation) sont aussi visés. « Les métiers les plus concernés par l’automatisation sont ceux qui ne demandent pas un grand niveau d’études. À l’inverse, ceux qui sont le moins concernés demandent tous une formation professionnelle et/ou un diplôme de l’éducation supérieure », peut-on ainsi lire dans le rapport. Un constat qui n’a rien de neuf… Et qui pourrait, selon l’OCDE, entraîner la création de syndicats dédiés.

 

Paradoxalement, les personnes les moins touchées sont celles qui se forment le plus sur le sujet

L’OCDE établit une relation entre l’âge et le risque d’automatisation – les « petits boulots » des plus jeunes étant plus en danger que les emplois des seniors, par exemple. « En ce sens, l’automatisation pourrait accentuer le risque de chômage chez les jeunes ». D’un autre côté, le rapport précise que les jeunes sont parfois plus à même de s’adapter aux transitions induites par la technologie dans le milieu professionnel – ce qui pourrait représenter un avantage en termes de recrutement. « Dans la plupart des pays, les jeunes sont plus doués que leurs aînés sur le sujet, et s’adaptent plus facilement aux nouveaux métiers liés aux nouvelles technologies ».

La conséquence directe, c’est que les entreprises vont devoir s’intéresser de près au sujet, et préparer leurs équipes aux nouveaux besoins liés à l’automatisation. « Dans ce contexte, l’apprentissage à l’âge adulte est crucial. Malheureusement, notre étude montre que les groupes les plus affectés par l’automatisation ne se forment pas suffisamment aujourd’hui »… alors que ceux qui seront a priori épargnés se renseignent beaucoup plus – en général, ils participent à deux fois plus de formations. Sur un an, cela représente 29h de formation supplémentaires.

Si les prévisions semblent a priori plus enthousiasmantes que celles établies en 2013, elles concernent tout de même plus de 66 millions de personnes. Elles mettent aussi en lumière le manque criant de pédagogie sur le sujet. L’OCDE préconise ainsi de réfléchir à la façon de mettre en place une protection sociale à l'égard des individus concernés, et, dans un premier temps, de mieux les former. Avis aux entreprises…
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