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Femmes : les obstacles au leadership

Femmes : les obstacles au leadership
Introduction
A l’occasion du lancement d’Omniwomen en France, les équipes d’Omnicom ont présenté une étude analysant les défis et les opportunités pour les femmes leaders.

Réalisée par Flamingo, l’étude fait écho à une analyse précédente qui se concentrait sur les femmes du Royaume-Uni. Commanditée par Omnicom pour le lancement d’Omniwomen en France, elle revient sur les difficultés qui persistent pour les femmes d’accéder au leadership.

Alors que le sujet fait –enfin !- partie des conversations (en entreprise, mais aussi lors des débats politiques, dans la pop culture ou dans la pub), des signes montrent qu’il est possible d’envisager un leadership au féminin.

Une tendance permise par la montée en puissance des millennials, qui redéfinissent les modes de travail et la culture corporate.

Sexisme et inégalités : des obstacles difficiles à lever

Parmi les femmes interrogées, elles sont nombreuses à ressentir un sexisme quotidien, au travail ou dans la rue. Les publicités sexistes sont encore trop présentes, malgré des initiatives louables.

Les jeux de séduction sur le lieu de travail constituent un poids réel : difficiles à dénoncer car souvent impossibles à prouver, ils floutent les limites. Des commentaires « en off », sur le ton de la blague ou de la complicité sont tolérés par les femmes en France, mais peuvent les affecter profondément à un niveau émotionnel.

14.7%

Il subsiste un écart de 14,7% entre les salaires des hommes et des femmes, à poste et compétences similaires.

Par ailleurs, les postes de managers sont plus souvent accordés aux hommes qu’aux femmes, à expériences et diplômes identiques.

Au niveau du top management, les « clubs de garçons » sont légion

Les femmes ont souvent l’impression d’être tenues à l’écart du cercle de management le plus élevé : tout comme au Royaume-Uni, les femmes peuvent passer à côté de certaines opportunités à cause d’activités « réservées aux hommes ».

Une tendance qui vient renforcer un sexisme latent, mais aussi un sentiment de frustration et de fatalisme.

Médiatiser les abus pour les contrer

« L’affaire DSK » a ouvert une nouvelle voie : celle de la dénonciation. Qu’il s’agisse de scandales politiques ou d’ailleurs, les femmes osent prendre la parole pour dénoncer le harcèlement.

En parallèle, de plus en plus de femmes utilisent les médias sociaux pour amplifier leur message dans la sphère publique : le sexisme n’est plus un détail que l’on peut négliger.

Des usages qui bénéficient aux femmes et permettent de faire avancer le sujet des femmes et du leadership.

Les enfants ne sont pas un obstacle pour être une working woman

Si, au Royaume-Uni, les jeunes mères ont peur du jugement que l’on portera sur elles si elles retournent travailler plutôt que de rester s’occuper de leur enfant, en France il est communément admis qu’une femme reprenne son emploi après son congé maternité.

16.3%

En moyenne, le coût d’une garde d’enfants représente 16,3% du salaire annuel moyen d’une femme, contre 47,5% au Royaume-Uni.

Pour les Françaises, être mère n’est pas inconciliable avec l’idée d’être une femme active : devenir parent devient une nouvelle facette du quotidien sans pour autant en effacer les autres aspects.

De plus en plus de femmes veulent devenir des leaders

Les Françaises voient le leadership comme une question de fond à aborder par tous, hommes compris, dans la mesure où il s’agit d’un sujet qui, s’il est adressé correctement, bénéficierait à toute l’organisation.

Les femmes veulent que des débats soient mis en place et que des actions soient prises en conséquence.

Doit-on forcément tout abandonner pour devenir une femme leader ?

C’est ce que croient de nombreuses répondantes : pour elle, la route qui mène au leadership ne peut pas être conciliée avec des intérêts personnels ou d’autres priorités.

Par ailleurs, ce « plafond de verre » constitué par des hommes tout-puissants est loin de disparaître, même lorsqu’on s’en approche.

Elles sont aussi nombreuses à confier avoir déjà eu le sentiment qu’on leur refusait injustement une promotion ou une augmentation.

Un constat qui contraste avec la confiance qu’ont les femmes en leurs compétences : en général, elles ne se censurent pas, croient en la méritocratie, et savent qu’elles peuvent se dépasser avec l’expérience. A partir de 6 ans d’expérience, les femmes se sentent de plus en plus à l’aise dans leurs fonctions et leur capacité à gérer des équipes.

Une culture du présentéisme et un marché fermé qui empêchent les femmes de progresser

La crise économique a créé un sentiment d’insécurité, notamment chez les femmes avec enfants, qui préfèrent la stabilité au mouvement.

Par ailleurs, le manque de passerelles entre les compétences et les métiers enferme les salariés dans des typologies de postes ultra précises.

En France, il subsiste une culture du présentéisme qui implique qu’une personne doive être présente physiquement, sur de longues plages horaires. La culpabilisation de ceux qui respectent les horaires ou doivent partir tôt pour aller chercher leurs enfants crée en parallèle une frustration auprès de ceux qui doivent rester plus tard au bureau.

L’impression de devoir nier sa vie personnelle pour réussir dans sa vie professionnelle peut être très pesante. Certaines structures négligent l’importance de proposer des ajustements aux modes de vie de chacun.

Au regard des sacrifices demandés, les bénéfices du leadership paraissent minimes…

La façon dont les femmes puissantes sont représentées dans les médias reste très négative. Qu’il s’agisse de femmes politiques qui sont qualifiées « d’emmerdeuses », d’actrices qui sont qualifiées de « volages », de femmes d’affaires qui sont qualifiées de « futiles », la presse tend à se concentrer sur des traits négatifs plutôt que sur les succès qu’elles affichent.

L’impression qu’un stress permanent pèse sur les dirigeants et le manque de modèles aspirationnels créent une distance entre le leadership et « la vraie vie ». Le choix se limite souvent à être une femme froide sans sentiments ou une superwoman. Les femmes ont souvent l’impression qu’elles doivent agir comme des hommes ou être invulnérables pour être reconnues, et se plaignent d’un manque de solidarité féminine, qui se fait encore plus sentir au niveau hiérarchique. Elles sont peu nombreuses à avoir rencontré des femmes inspirantes.

Deux moments sont décisifs dans la carrière d’une femme

  • Les femmes qui sont autour de la trentaine, et qui travaillent depuis 6 ou 9 ans, ont souvent dû attendre pour une promotion (qui n’est pas toujours venue), commencent à penser à avoir un enfant, ou à changer de vie.

 

  • Les femmes qui travaillent depuis plus de 20 ans sont bien installées dans leur fonction, mais ne peuvent toujours pas pénétrer le premier cercle décisionnel. Elles ont l’impression de ne pas pouvoir aller plus loin et que leur parole n’a pas sa place pour décider du futur de l’entreprise dans laquelle elles travaillent.
Conclusion

Dès lors, il est important de mettre à disposition des femmes des outils et des moments de conversation privilégiés pour leur montrer les possibilités offertes par le leadership. A court terme, il faut pouvoir permettre plus de flexibilité entre vie professionnelle et vie personnelle, donner à voir plus de modèles féminins auxquels s’identifier, montrer que le leadership peut prendre plusieurs formes et que devenir leader ne se limite pas à être PDG.

Sur le long terme, il faudra dépasser la question du genre : les hommes doivent entrer dans la conversation, afin de créer non pas un leadership au féminin, mais de laisser l’opportunité aux femmes de parler et de créer un leadership qui leur est propre.


C’est tout l’objectif d’Omniwomen, qui organise le 27 avril prochain une journée de rencontres, d’ateliers et de conférences. Elle réunira les leaders féminins de demain, sous le marainnage de Fleur Pellerin.

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