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Femmes & Réseaux Sociaux

Femmes & Réseaux Sociaux
Introduction
Marie-Christine Lanne, Directrice Communication & des engagements sociétaux de Generali France est la lauréate du Prix #Labcom (créée par TF1 et LABCOM) qui récompense les femmes les plus actives du digital.

Le saviez-vous, les femmes sont majoritaires sur les réseaux sociaux : 65% d’entre elles les fréquentent, en y passant jusqu’à 21h par semaine. (source : broadbandExpert.com etude Internet addiction ? Men vs Women juillet 2012).

Elles comptabilisent 99 millions de visites de plus que les hommes sur les principaux réseaux sociaux. (Source : Digital Flash NYC etude « Battle of the sexes – how men and women use the social web – juillet 2012).64% des 500 millions d’utilisateurs de Twitter sont des femmes (source crossing boarders). Sur Pinterest, 82% des inscrits sont des inscrites (Source : Digital Flash NYC etude « Battle of the sexes – how men and women use the social web – juillet 2012). Le digital est un tremplin pour les femmes connectées. Plus de 60% des femmes actives sont convaincues que les outils numériques leur permettent d’être plus rapides et créatives. (Etude CSA pour l’observatoire Orange-Terrafemina – Février 2013). 4 cadres sur 10 dans le numérique sont des femmes contre 2 sur 10 tous secteurs confondus  (source association de l’economie numérique en partenariat l’ACSEL et Hay Group.)

L’envie d’entreprendre est la même chez les femmes que chez les hommes, mais seules 28% des femmes sont à l’initiative de la création d’entreprises. (source : Ministère des droits des femmes www.femmes.gouv.fr Chiffres-clés édition 2014)

Seulement 6% des dirigeants des 100 plus grandes entreprises de haute technologie sont des femmes (source : BVA & Syntec Numérique). En 2040, un PDG sur 3 sera une femme.(Source : Strategy& (PwC) / Frenchweb ­ Mai 2014).

Ces chiffres parlent d’eux mêmes. TF1 a ainsi souhaité s’associer à Labcom dans la création d’un Prix reservé aux femmes. Il récompense ainsi les femmes les plus actives du digital dans 6 catégories différentes : Directrice de la communication, Dirigeante, Bloggeuse, Journaliste, Esprit d’entreprendre, Générosité. Pour la catégorie directrice de la communication, c’est Marie Christine Lanne qui s’est vu remettre hier soir le Prix Labcom.

 

Quelle est votre relation aux media sociaux?

Marie Christine Lanne: A 50 ans passés, le moins qu’on puisse dire est que je ne suis pas une digital native! J’ai appris les media sociaux à « l’école de la vie » avec la ferme volonté de comprendre leur fonctionnement par moi-même.  Bien sûr, j’ai eu des personnes qui ont éclairé le chemin : ainsi très tôt dans mon apprentissage, en 2008, Dominique Piotet, co-auteur avec Françis Pisani de « Comment le Web change le monde ».  Alors qu’il y a 24 ans, j’ai eu la chance de créer la fonction communication chez Generali France, finalement, aujourd’hui tout ou presque dans mon métier a changé depuis l’explosion des réseaux sociaux. Nous sommes passés de l’ère où la communication consistait à parler « à » des publics à l’ère où il faut parler « avec » des publics différents. Ca change toute la nature de la relation : la communication conversationnelle vous conduit à être en permanence dans l’interaction. Mais, je serais tentée de dire d’égal à égal. Les individus ont pris la parole avec les médias sociaux et ils ne la lâcheront plus. On a vu bien des cas où les internautes réussissent à infléchir des politiques d’entreprises.

Finalement, les media sociaux, c’est exactement pareil que dans un dîner. Lorsque vous voulez animer la conversation, il ne faut vouloir ni truster la parole, ni ramener tout à soi, ni imposer son point de vue. Sinon, vous devenez vite antipathique. Tout est dans l’écoute, la relance, l’échange d’idées. Ainsi, il faut alimenter les conversations avec des sujets d’intérêt généraux, en lien avec la légitimité de votre marque…mais sans « l’infliger » à tout propos. Je crois que les internautes n’attendent pas cela : ils attendent des points de vue sur des sujets où vous êtes légitimes à parler. Si vous parlez à 80 % de sujets d’intérêts généraux, vous pouvez inscrire les 20 % restants  dans la légitimité du discours de votre entreprise. Et, à mes yeux, le dircom doit être aujourd’hui un community manager dans une version élargie du terme : capable de créer du sens, de la cohérence et de l’engagement sur les médias sociaux comme en organisant des évènements.

Twitter est sans conteste le réseau social dans lequel je me suis le mieux retrouvée, même si je n’en suis pas une early adopter.  Aujourd’hui, je pourrai dire que « je twitte comme je respire » : s’inspirer (de ce que l’on écoute ou de ce qu’on lit), partager (avec ceux qui nous suivent). Scoop it est aussi un outil fantastique de curation de contenus, une source permanente d’information, d’analyses, de points de vue où je trouve énormément d’inspirations.  Cela me permet d’alimenter nos media sociaux et, ce faisant d’alimenter la relation avec les internautes. N’oublions pas que communiquer, c’est mettre en commun.

Quant à ma ligne éditoriale, elle est très simple : nous sommes aujourd’hui dans un moment de l’histoire de l’humanité où les risques changent d’échelle et de temporalité sous notre propre impact lié à nos modes de vie : le changement climatique est ainsi – à mes yeux – la menace la plus sévère qui pèse sur nous. Il y a aussi de nouvelles dynamiques qui se développent porteuses d’espoir : comme l’économie circulaire ou l’économie collaborative. Notre métier d’assureur est de mutualiser les risques. Aujourd’hui, j’estime que nous devons aussi mutualiser les bonnes pratiques, les informations qui permettent d’agir avec responsabilité. La responsabilité sociale et environnementale est l’un des piliers de notre vision de marque.

 

Quelle est votre vision sur le rôle et la position des femmes dans le monde digital?

Marie Christine Lanne: Là encore, je trouve qu’il en va dans le monde digital comme dans la « vraie » vie. Bien souvent, les femmes n’osent pas assez mettre en valeur leur point de vue et le rôle qu’elle tiennent dans la Société. Ce qui est intéressant n’est pas de « jouer des coudes » face aux hommes. Mais d’oser apporter notre point de vue dans la conversation : nous avons une vision de long terme car notre nature nous prédispose à voir « au-delà de nous-mêmes » en donnant vie à nos enfants. C’est pour cela qu’avoir des femmes dans les comités de direction tempère un peu la soif d’action et de résultats à court terme des hommes. Nos points de vue sont complémentaires et c’est une source de performance, de meilleure gouvernance et même, selon de récentes études, de meilleure rentabilité. Alors sur les réseaux sociaux, notre parole doit avoir autant de valeur que celle des hommes. Pourtant, j’ai aussi lu que les tweets des femmes étaient moins retweetés. Nous avons donc un travail de longue haleine à mener pour revenir à l’équilibre J ! Et, pour être au cœur de différentes dynamiques féminines, je trouve beaucoup de solidarité avec mes consoeurs sur les réseaux sociaux.  Nous, on se retweete entre nous J !!!