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Du Rosbeef pour Findus

Du Rosbeef pour Findus
Introduction
L'agence Rosbeef a lancé une campagne d'affichage le week-end dernier aux abords du salon de l'agriculture. Après avoir fait le tour du web, elle a fini par convaincre les dirigeants de Findus.

Chez Findus nous sommes très à cheval sur la qualité et la provenance de nos ingrédients“…. Yep, nous aussi pauvres consommateurs. 

Une série d’annonces a été placardée sur les murs parisiens le week-end dernier. Mais dommage, ce ne sont que des “fake”. Cet affichage, comportant un message doté d’un bon dosage d’autodérision, est la création d’une agence nommée Rosbeef (normal, qu’ils n’aient pas pu s’en empêcher). L’agence, par ailleurs, n’a pas immédiatement reconnu cette paternité mais a allègrement posté les visuels de cette fausse campagne sur sa page Facebook en précisant sur un de ses posts : «Findus va nous appeler lundi alors oublie on n’avouera rien».

Si cette campagne a créé le buzz sur la toile, elle a créé la colère de Matthieu Lambeaux, directeur général de Findus qui déclarait ce dimanche au Parisien.fr : “Il s’agit d’un détournement réalisé par une agence en manque de notoriété qui, illégalement, fait croire que nous aurions fait cette affiche. C’est dommage que certains profitent de ce sujet pour se faire connaître, nous explique-t-il. On a certes de l’humour chez Findus mais je trouve que le sujet est suffisamment sérieux pour ne pas faire de blagues” – le papier stipulait par ailleurs que l’entreprise n’excluait pas des poursuites….

Dans un autre papier publié le 21 février, toujours sur le site du Parisien.fr, le quotidien rapporte que Findus se sent victime d’amalgames: «dans cette histoire, il faut tout de même rappeler que c’est Findus, lui-même, qui a révélé l’affaire. (…) Sans Findus, on mangerait encore du cheval ! » rappelait Matthieu Lambeaux.

Tout est bien qui finit bien ?

Lundi 25 février, Findus a contacté l’agence Rosbeef : « Findus nous a contacté, de fait et sans surprises, l’entreprise était contrariée par cette fausse campagne. », non pas pour son ton, qu’ils ont trouvé drôle mais parce qu’elle tombait mal en terme de timing nous explique Frans McCabe co-fondateur de l’agence Rosbeef. Findus venait de sortir une campagne qui mettait en avant trois engagements “pour vous, nous devons faire changer les choses.”

La marque pensait que le type d’humour employé sur les créations de Rosbeef, ne pouvait pas convenir à son cœur de cible principal. Mathieu Lambeaux a confirmé à Frans McCabe qu’il n’y aurait pas de poursuites judiciaires engagées contre l’agence. Cerise sur le gâteau : « le vrai cas d’école est que Findus nous a sollicité pour poursuivre la campagne » nous a confié Frans McCabe.

Findus a pris la parole dès le début de la crise en dénonçant le problème. La marque a posté sur son site des notes explicatives sur le retrait de certains de ses produits (moussaka, lasagnes bolognaise et hachis parmentier) afin de rassurer ses consommateurs et mis en place un numéro vert. Ce week end, Findus a réouvert sa page Facebook aux commentaires, la stratégie digitale n’était visiblement pas une priorité.

La marque y a posté sa campagne et à lire la quarantaine de messages postés dont cette petite vidéo, ce n’est pas encore gagné. Findus a dénoncé le problème et a tenu “à s’excuser de ce problème de conformité auprès des consommateurs”. Hier sur sa nouvelle plateforme “Findus s’engage”,  le directeur général a présenté ses excuses.  Cela suffira-t-il ? 

 

La question que nous nous posons est : pourquoi nos entreprises ne font-elles pas des excuses franches et massives aux consommateurs ? Au Royaume-Uni  suite à de la viande de cheval trouvée dans ses burgers, Tesco a publié une annonce dans la presse britannique intitulée “We apologize”. Même si cette dernière n’a pas su maîtriser son compte Twitter les jours qui ont suivi, elle a écrit dans cette annonce ceci : “We and our supplier have let you down and we apologize”.

Qu’en pensent les experts en communication de crise ?

Picard avait fait des excuses dans un communiqué signé de son président en date du 15 février.

Spanghero, lui, a d’abord nié puis les salariés l’ont soutenu par peur de perdre leur emploi. Mais aucune autre communication de la société n’a eu lieu … Quand à Ikea, avant hier, le groupe suédois a annoncé, suite à un test douteux en République Tchèque, le retrait de ses boulettes de viande dans 16 pays et ses 29 magasins français. La liste s’allonge chaque jour, selon le magazine LSA, après Nestlé pour Buitoni, c’est Panzani qui hier a décidé de retirer ses boites de raviolis de la marque William Saurin.

La bonne nouvelle est que Picard, Findus, Carrefour, Système U, Intermarché et Thiriet, ont annoncé séparément qu’ils opteraient à l’avenir pour du «100% bœuf français».

 

Virginie Achouch

 

 

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