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Beezik révolutionne la musique

Beezik révolutionne la musique
Introduction
Lors du Midem, rencontre avec Jean Canzoneri et Jean-Christophe Launay, Président et Directeur Associé de Beezik. La plateforme de téléchargement légal et gratuit pour les internautes signerait un modèle économique supplémentaire pour le monde de la musique et une opportunité pour les marques.

Doc News: Beezik, comment ça marche ?

Jean Canzoneri : Beezik a été créée en septembre 2009, depuis nous avons 3 millions d’inscrits. Nous avons commencé au départ avec un catalogue de trois millions de titres, aujourd’hui nous sommes à six millions de titres issus des catalogues d’artistes de Sony Music, EMI et Universal Music et les indépendants. Nous partageons les revenus avec les maisons de disques.

Le principe est simple, le téléchargement est gratuit et légal. Il suffit à l’internaute de se créer un profil utilisateur.  Au moment de choisir le morceau qu’il souhaite télécharger sur PC ou via nos applications mobiles, il devra regarder une publicité qu’il aura choisi parmi trois campagnes. Le temps du visionnage de la publicité, le morceau se télécharge. A la fin du visionnage, l’internaute devra impérativement valider sa présence pour obtenir son morceau. Un tiers payeur se substitue à l’internaute. Ce tiers payeur est l’annonceur qui devient sponsor.

 

DN: Comment est née cette idée ?

Jean Canzoneri : Juste avant Beezik, j’avais une agence spécialisée dans le street marketing, Find a Way, et un label de musique « Itgoes ». On avait sorti une compilation dont un remix de Gainsbourg & Jay Z, qui à l’époque avait été beaucoup piraté même s’il avait bien marché. Nous nous sommes donc dit qu’il y avait forcément un moyen de financer ce contenu par de la pub comme à la télévision. C’était au moment ou est arrivé Deezer, et son modèle de publicité sur du format bannière, nous voulions un modèle publicitaire impactant et avec une plus grande valeur ajoutée pour l’annonceur.

 

DN : Quel est ce format pub innovant ?

Le format vidéo que nous avons choisi est le plein écran et fonctionne sur page active. Il permet de garantir aux annonceurs des vues complètes de leur message, en plus du profiling réalisé leur proposant des cibles spécifiques. Nous facturons la publicité visionnée et non la publicité diffusée. Nous avons rendu cette garantie grâce au dispositif « beesure » permettant de valider la présence de l’internaute devant son écran, notamment avec la présence d’un compte à rebours cliquable en fin de téléchargement. Il est redirigé sur la page de l’annonceur. De plus le logo de l’annonceur reste présent à chaque écoute du titre téléchargé : «  Beezik remercie  … ». Le deal avec l’internaute est clair une publicité contre un morceau de musique.

 

DN : Avec ce format, vous devez énerver les sites payants type Itunes ?

Jean-Christophe Launay :  Les internautes qui viennent sur Beezik, sont différents de ceux qui vont sur Itunes par exemple. Il doit accepter la publicité et le titre est d’une qualité audio un peu inférieure. Nous offrons des titres de single et non pas d’album comme itunes.

Ce modèle est plus facile, c’est légal et une alternative au piratage. Selon un sondage réalisé par LCI, 77% des internautes accptent ce deal.

 

DN : Combien de titres sont téléchargés en moyenne?

Jean-Christophe Launay: Cela varie entre 1,5 et 1,8 millions de titres téléchargés par mois. A titre de comparaison, la Fnac doit vendre à peu près 150 000 singles par mois.

 

DN : Parlez nous de BeeAd ?

Jean Canzoneri : Il y a plein d’autres contenus à financer sur le web que la musique, nous souhaitions appliquer ce dispositif à la presse, ce qui leur permet de générer une autre source de revenus, pour des articles de journaux, des logiciels à télécharger , le player NRJ.  La régie BeeAd touche aujourd’hui 250 sites d’éditeurs media comme Le Figaro, Le Nouvel Observateur, les titres du groupe Prisma Presse, 20 Minutes…

Dans certains cas, cela permet aux éditeurs de réduire la pression publicitaire. Nous comptabilisons 26 millions de visiteurs uniques.

 

DN: Quelles sont vos ambitions  pour cette nouvelle année, car vous vous êtes fait très discrets?

Jean-Christophe Launay: Conserver notre croissance à 3 chiffres comme en 2011! Nous projetons d’ouvrir en Europe, en Espagne, Royaume Uni et en Allemagne. C’est le bouche à oreille qui bien fonctionné. Nous avons eu un buzz très positifs des internautes et des media. Les media ont trouvé notre format original et en ont pas mal parlé. Nous sommes aujourd’hui reconnus par les pouvoirs publics, que ce soit le Ministère, Hadopi ou le CNM. Ils nous considèrent comme un vrai acteur de la filière, avec une solution alternative par rapport au piratage et aux autres plateformes payantes qui existent. On bénéficie d’un soutien assez fort des labels, pouvoirs publics, la Sacem qui nous accompagne, les artistes, les compositeurs et les annonceurs qui ont plébiscités notre format publicitaire. Le modèle est pereine. Nous souhaitons investir sur les produits pour que ce service soit le performant pour les internautes. Nous enregistrons 100 000 inscriptions par mois. Depuis 15 jours au moment de la fermeture de Megaupload, le nombre d’inscriptions a fait un bon!

 

 

Propos reccueillis par Virginie Achouch

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