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Le Facebook russe sous le joug de Poutine

Le 23 avr. 2014

Pavel Dourov, le Mark Zuckerberg russe, vient de se faire évincer de la présidence de VKontakte au profit de proches de Vladimir Poutine. Le réseau social le plus puissant de Russie serait ainsi passé définitivement sous le joug du Kremlin.

C’est Pavel Dourov, lui-même, qui l’a annoncé sur sa page personnelle de VKontakte. Il aurait, selon-lui, été remplacé par Igor Setchine, vice-premier ministre de la Fédération de Russie dans le gouvernement de Vladimir Poutine et Alicher Ousmanov, milliardaire russe également très proche de son président.

 

VKontakte est un réseau social très connu en Russie et dans tous les pays de l’ex URSS, il supplante même Facebook. Crée en 2006, par Pavel Dourov, il comptabilise (selon les informations fournies en page d’accueil) 100 millions d’utilisateurs et se présente comme ‘le plus grand réseau social d'Europe’. Un véritable succès 2.0., dont Pavel Dourov fait aujourd’hui malheureusement les frais, même si cela ne date pas d’hier.

Après de nombreuses tensions au sujet de la composition du capital de VKontakte, donc 48% (selon Challenges) seraient liés à United Capital Partners (un fonds lié au Kremlin), Pavel Dourov s’est fendu d’un poisson d’avril qui aurait servi les intérêts de ses détracteurs. Ainsi, le fondateur du réseau social avait annoncé sa démission le 1 avril pour ensuite préciser qu’il s’agissait d’une blague. Une boutade dont se sont certainement emparés les actionnaires de VKontakte pour le démettre de ses fonctions ce lundi : ces derniers avaient en effet reçu une lettre de démission de la part de Pavel Durov le 21 mars, mais pas la rétractation qui aurait dû suivre dans les trente jours après l’envoi. Ils auraient donc jugé sa démission officielle.

Autre petit caillou dans la chaussure de Pavel Dourov et qu’il a notamment révélé lui-même sur sa page personnelle de VKontakte : son refus de communiquer au FSB (renseignements russes) les données personnelles des membres ukrainiens anti-russes du groupe EuroMaïdan qui ont notamment milité à Kiev et précipité la fuite de Viktor Ianoukovitch. « La juridiction russe ne s'applique pas aux utilisateurs ukrainiens de VKontakte. Transmettre des données personnelles sur des Ukrainiens aux autorités russes aurait été une trahison de tous ces millions d'habitants de l'Ukraine qui nous ont fait confiance ».

 

Des propos qui, au vue de l’actualité russe en Ukraine, ont certainement dû heurter le Kremlin. Nul doute que les informations personnelles d’EuroMaïdan n’aient déjà été fournies au FBS depuis l’éviction de Pavel Dourov. Ce dernier aurait annoncé au site TechCrunch que faire marche arrière dorénavant était de l’ordre de l’impossible: « J'ai peur qu'il n'y ait pas de retour en arrière possible. Pas après que j'ai refusé publiquement de coopérer avec les autorités. Malheureusement, la situation en Russie est incompatible en ce moment avec le business sur Internet ».

 

Par ailleurs, en marge de cette affaire, la Douma a adopté une série de lois qui renforce la main mise de l’état sur internet : désormais tout blogueur, dont le site reçoit plus de 3000 visiteurs par jour, devra se signaler auprès de l'autorité de contrôle des médias, Roskomnadzor, et conserver toutes ses données pendant six mois sous peine d’amende.

 

Vendredi, au cours d’un questions-réponses télévisé, Edward Snowden a posé cette question à Vladimir Poutine : «Est-ce que la Russie intercepte, stocke ou analyse d'une quelconque façon les communications de milliers d'individus ?».
« Nous n’avons pas d’autorisation pour faire des écoutes globales de la population et nos lois ne le permettraient pas. [...] Nous n’avons pas autant d’argent que les États-Unis »
, a répondu son interlocuteur...

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