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Facebook demande pardon

Le 3 juill. 2014

Sheryl Sandberg, numéro deux de Facebook, s’excuse pour l’expérience menée sur les émotions et prétend que l'interface prend "très au sérieux la confidentialité et la sécurité"... ce qui devient de plus en plus difficile à "liker".

L’affaire a suscité de vives émotions aussi bien de la part des internautes, que des autorités de régulations. En effet, la semaine dernière, un article paru dans l’édition du 17 juin de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) a fait beaucoup de bruit : il relate une expérience menée par Facebook sur près de 700 000 utilisateurs anglophones pour évaluer la « contagion émotionnelle » provoquée par des posts contrôlés. Pendant une semaine, Facebook a injecté des posts négatifs et positifs (déterminés en fonction de la nature des mots qu’ils contenaient) et a tenté d’évaluer leur portée émotionnelle sur les messages ensuite rédigés par les utilisateurs.

Au total 3 millions de messages ont été analysés, soit 122 millions de mots, parmi lesquels 4 millions étaient positifs et 1,8 million négatifs. Après avoir observé ces données, Facebook a pu conclure que les utilisateurs qui avaient reçu le plus de posts positifs dans leur fil d’actu, ont publié davantage de messages positifs et inversement.

« Les états émotionnels sont communicatifs et peuvent se transmettre par un phénomène de contagion, conduisant les autres personnes à ressentir les mêmes émotions sans en être conscientes.», explique le rapport. « Cette étude révèle également que, contrairement à des conclusions précédentes, les interactions en chair et en os et les signaux non-verbaux ne sont pas nécessaires à la contagion émotionnelle, et que l’observation des expériences positives de tiers constitue en elle-même une expérience positive ».

Des résultats qui n’expriment rien de révolutionnaire quant au comportement humain et la gestion de leurs émotions, néanmoins ils ont suscité la colère des internautes : ceux-ci estiment avoir joué un rôle de cobaye sans avoir été avertis et été spoliés de leurs données personnelles. Selon le quotidien Financial Times, le régulateur britannique Information Commissioner's Office (ICO) est actuellement en train de mener une enquête sur une possible violation de données privées par Facebook.

De passage à New Delhi, Sheryl Sandberg (Chief operating officer Facebook), a parlé d’une « mauvaise communication » : « Cela faisait partie des recherche en cours pour tester différents produits ; mais la communication autour a été un fiasco. Et pour cette communication nous nous excusons. Nous n’avons jamais voulu blesser qui que ce soit. […] Nous prenons très au sérieux la confidentialité et la sécurité, parce que c'est quelque chose qui permet aux gens de partager des opinions et des émotions ».

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