sunladies arles VR

À Arles, on peut se transformer en insecte, en Thomas Pesquet ou en femmes rebelles de l'État Islamique

Le 5 juill. 2018

Fictions, documentaires, films d'animation, création artistique… Du 2 juillet au 26 août, le VR Arles Festival pose ses valises au sein des Rencontres de la Photographie pour sa 3ème édition. Petit aperçu de ce que nous y avons vu.

Au Couvent Saint Césaire, à Arles, on peut enfiler un casque de réalité virtuelle et visionner une sélection de 17 films en VR, entouré de vieilles pierres, une particularité anachronique qui n'est pas dénuée de charme. Depuis le 2 juillet, parents, enfants et amateurs d'art et de photos peuvent en profiter pour découvrir ou redécouvrir une nouvelle forme d'expression immersive allant au-delà du cadre de la photo et de l'image.

Naviguant entre documentaires, fictions, reportages, créations artistiques inédites et films d'animation en réalité virtuelle, le festival se veut éclectique, à l'image des possibilités de son medium. Vous incarnez alors, casque vissé sur la tête, des femmes rebelles de l'État Islamique dans « The Sun Ladies », Thomas Pesquet lors de ses entrainements à la NASA à Houston, une jeune femme dont l'œil gauche ne perçoit que le passé et l'œil droit que le futur dans « Vaysha » et même Suzon, serveuse aux Folies Bergères et personnage énigmatique du célèbre tableau de Manet. Côté jeune public, on propose aussi une programmation adaptée. On y retrouve « Le Petit Prince » en VR interactive ou encore l'animé « Micro Giant », expérience au sein de laquelle le spectateur se retrouve aussi petit qu'un insecte et se promène dans une forêt luxuriante…

 

 

>> Notre sélection des films en VR à voir en 2018

La VR à la recherche de ses scénaristes

Cette fois c'est sûr, la réalité virtuelle est en train de trouver sa place et séduit de plus en plus de publics. « Les gens reviennent ! », s'enthousiasme Benoit Baume, fondateur de Fisheye Magazine et co-créateur du festival aux côtés de BNP Paribas et des Rencontres d'Arles.

Parti du constat que la VR était entre les mains des technophiles « et non des artistes, des scénaristes et des auteurs » et fasciné par les possibilités narratives et la poésie du medium, il lance l'idée du festival en 2016. En une semaine, la première édition réunit déjà près de 5 000 personnes. Fort de ce premier succès, le format évolue l'année suivante et se déploie chaque été sur deux mois. « Lors de la première édition en 2016, je pense que seulement 1% des gens avait fait de la VR. L'année dernière, je dirais 5 à 10%. Et cette année, on est plus autour de 20%. Quand tu fais une bonne première expérience en VR, tu reviens. J'en reconnais certains, ils me disent bonjour et reviennent même avec leurs enfants », poursuit-il.

En trois ans, le off VR du festival semble avoir monté en exigences. On ne juge plus tant les films sur leurs prouesses techniques que sur la proposition créative et esthétique de leur scénario. « Ce qui monte aujourd'hui, ce sont les belles histoires, les bons scénarios. Nous avons de très bons techniciens mais nous manquons encore de scénaristes qui pensent leur projet artistique en VR. », explique Benoit Baume. Absence de hors-champ, déplacement des personnages dans la sphère… certaines contraintes techniques doivent être prises en compte dans l'écriture, et tout le monde ne sait pas encore le faire. En parallèle du festival et en partenariat avec l'Institut Français, une résidence d'écriture réunit une dizaine de scénaristes encadrés par des professionnels de la VR. Le but, « favoriser l'émergence de nouvelles œuvres créatives » et faire rayonner le format au-delà du festival. Ce travail est également fait avec les enfants qui viennent voir les œuvres. Sur place, des ateliers leur permettent d'apprendre à fabriquer leur propre film en réalité virtuelle avant de le visionner dans un casque. Avec un peu d'acharnement et de pédagogie, le format pourrait bien faire germer, chez les plus jeunes, des vocations que nous n'imaginons pas encore…

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