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Dix tableaux prennent vie dans une nouvelle série d’Arte

American Gothic tableau parodie
Introduction
La Joconde, American Gothic, Arlequin et Pierrot… À partir du 8 janvier, la chaîne revisitera avec humour 10 des plus grands chefs d’œuvre de l’histoire de l’art.

Il y a d’abord la fille du fermier qui reproche à son père de tout le temps « tirer la tronche », Pierrot qui signale à Arlequin qu’il se néglige, un peintre paysagiste se crêpant le chignon avec son hautaine épouse américaine ou encore deux artistes se disputant au sujet du nom à rallonge de l’un d’entre eux… Non, ça n’est pas du Vaudeville mais la reconstitution décalée de quelques chefs d’œuvre mondialement connus ; d’  « American Gothic » de Grant Wood, à «  Arlequin et Pierrot » d’André Derain, en passant par « Dans la Serre » d’Edouard Manet et l’autoportrait « Degas et Evariste de Valernes » d’Edgar Degas.

A Musée Vous, A Musée Moi_Bande Annonce

Baptisée « A Musée Vous, A Musée Moi », la nouvelle série courte d’Arte donne vie à 10 peintures en 30 épisodes. À mesure que la caméra s’approche des toiles, les personnages s’animent et le spectateur assiste à d’étonnantes saynètes. Un cours d’histoire de l’art ludique et burlesque qui débute, à chaque épisode, comme dans un musée normal mais finit le plus souvent à vau-l’eau. Puis, les personnages se taisent, le tableau se fige à nouveau pour redevenir une pièce de musée.

la Joconde au téléphone

 

Intégrer des néologismes pour l’époque dans le langage participe à désacraliser l’art.

S’appuyant sur près de 6 mois de recherche, le projet s’est entouré d’acteurs ayant une vraie ressemblance avec les modèles des tableaux. Au total, plus de 300 comédiens ont été castés pour les 24 rôles et près de la totalité des costumes ont été créés pour la série. La reconstitution des toiles et de leurs arrière-plans a parallèlement nécessité de vrais décors pour plus de réalisme.

Les Amants III parodie du tableau

Pensée par la productrice Fouzia Kechkech (Cocorico) et réalisée par Fabrice Maruca, la série vient expliquer la signification de chaque œuvre et démocratiser leurs conditions de création de manière moins académique. “J’aime l’idée de rendre l’art accessible à tous de façon ludique !”, explique la productrice à L’ADN. Faire découvrir des tableaux célèbres, jouer sur les anachronismes… j’adore le décalage entre le langage et le costume d’époque (un peu comme dans Kaamelott). Intégrer des néologismes pour l’époque dans le langage participe à désacraliser l’art, c’est une porte d’entrée efficace pour les jeunes qui viennent se divertir et finalement apprennent des informations sur l’histoire de l’art.”, poursuit-elle.

Parmi les autres tableaux à découvrir au fil des épisodes :

  • La Joconde de Leonard de Vinci
  • Le Tricheur à l’as de carreau de Georges de La Tour
  • Triple portrait de Richelieu de Philippe de Champaigne
  • Les Amants III de René Magritte
  • Les Raboteurs de parquet de Gustave Caillebotte
  • The Problem We All Live With de Norman Rockwell

Pour profiter de l’intégralité des 4 premiers épisodes, c’est par ici. La série sera disponible en replay sur arte.tv.

Francoise le 21 janvier 2018 / Répondre

J’ai vu La Joconde
Merci ! C’est génial !
J’ai d’ailleurs une amie comédienne qui a écrit une pièce il y a une trentaine d’années sur la Joconde dans le même esprit ! Monologue réflexions …. À voir absolument !
J’avais adoré !

lecout le 22 janvier 2018 / Répondre

comment s’appelle le ou la graphiste qui a travaillé sur ces tableaux ?

Walterpolo le 24 janvier 2018 / Répondre

Tout simplement, génial !! Marrant, intelligent !! On en veut d’autres !! Arte, TV complète, tu remplis largement ton contrat !! Merci

Anonyme le 25 janvier 2018 / Répondre

Le media vidéo, et à fortiori le format télévisuel pose deux conditions.
D’abord il est inspiré par un but (au moins en partie) lucratif et doit produire une certaine performance quantitative (audimat TV, vues sur YT, place de ciné vendues…). Il s’adresse donc au plus grand nombre possible de gens.
Ensuite, la forme même du média vidéo, c-à-d l’image en mouvement, sollicite une attention de la part du spectateur. Cette attention est une réception ininterrompue mais limitée dans la durée.
Le media vidéo sollicite donc l’attention passive et ininterrompue d’un grand nombre de gens pendant un temps donné. C’est le cas du cinéma où les gens sont réunis, et de la télévision dont le public n’est plus réuni dans l’espace mais seulement dans le temps : chacun, seul, regarde la même chose en même temps.
C’est en cela qu’on appelle la télévision, le cinéma, la radio etc… des media de masse : il s’adressent à un très grand nombre de gens simultanément.
Or, d’une part, les œuvres picturales ne sont pas destinées à être regardées pendant un temps donnée. L’attention devant un tableau n’est pas limitée dans le temps. Un tableau est conçu pour être accroché au mur, son attrait ne repose pas sur une réception d’une durée donnée qu’on renouvelle éventuellement à l’infini comme on revoit un film. Mais sur une attention active dont on fixe librement l’intensité, la durée, la continuité etc…
Et d’autre part, il n’est pas conçu pour être regardé par un grand nombre dont il dérive sa performance lucrative. Le tableau n’est ni affecté à une quantité de gens ni une quantité de secondes.
Le regard devant un tableau ne suit pas passivement une image qui bouge, c’est lui qui se déplace activement dans l’image. L’expérience de ce regard est personnelle et unique à chacun, elle n’est pas simultanée à celle des autres.
*Vidéo : Attention collective, passive, simultanée, temporaire mais renouvelable.
*Peinture : Attention personnelle, active, continue ou non et sans limite de durée.
Est-ce que tu vois le souci ?
Des vidéos de divertissement ne peuvent adresser la peinture qu’en sollicitant un type d’attention du spectateur qui n’est pas celui que l’on expérimente devant un tableau. Le passage dans un autre media n’est pas seulement un échec mais il contribue à détruire les autres types d’attention que l’on peut porter aux choses, c’est exactement le même problème avec les livres audio, en faisant l’économie de l’effort de lire, on perd l’œuvre car on change sa forme et l’expérience qui lui est liée. Et ce à cause d’une paresse produite par une industrie culturelle qui veut toucher le plus grand nombre donc se tourne vers les médias les plus confortables, les moins exigeants.

Ce programme est donc un échec total au regard du but annoncé : démocratiser la peinture. Pourquoi ? Parce que sa forme même contribue à éloigner encore plus le public de l’expérience du tableau et y substitue un divertissement confortable et peu exigeant, déjà omniprésent dans la culture de masse.

Voilà les gars.

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