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TF1 met la pression aux opérateurs télécoms

TF1 met la pression aux opérateurs télécoms
Introduction
Avec sa nouvelle offre TF1 Premium, le groupe impose des conditions qui prennent les opérateurs à la gorge. Pour continuer à diffuser les chaînes, ils devront mettre la main au pot…

Regarder TF1 en 4K, revenir au début d’un programme alors qu’il a déjà commencé ou l’enregistrer dans le cloud : voilà les nouveaux services alléchants proposés par TF1 dans son pack « TF1 Premium », proposés aux opérateurs et distributeurs.

Le hic : son prix. Orange, Free, SFR et consorts ne s’attendaient certainement pas à de telles conditions financières : la chaîne aurait multiplié par dix les tarifs habituels, lui permettant de récolter une centaine de millions d’euros par an.

Des coûts non négligeables, qui risquent de se répertorier sur les services des distributeurs. Telle qu’elle est proposée, l’offre n’est pas vraiment déclinable. Auparavant, ils pouvaient refuser la commercialisation de services additionnels tout en continuant de diffuser la première chaîne. Avec TF1 Premium, cela n’est plus possible : le package est global et prend un drôle de goût de « tout ou rien ». Dès lors qu’un opérateur ne souhaitera pas payer, il ne pourra plus proposer à ses abonnés l’accès à TF1.

C’est une première dans le paysage audiovisuel français : jamais une chaîne gratuite n’avait monétisé sa diffusion jusqu’alors. BFM Business rapporte en revanche que la pratique est courante aux Etats-Unis, en Allemagne ou même en Grande-Bretagne, et génère des revenus plus conséquents aux chaînes… sans représenter plus d’investissements. Adrien de Saint Hilaire, analyste financier chez Morgan Stanley, explique ainsi que les marges n’en sont que plus importantes : « aux Etats-Unis, ces ‘carriage fees’ (…) représentent 20% à 30% du chiffre d’affaires des groupes de télévision, soit plus que la publicité elle-même ».

Si les opérateurs ont évidemment du mal à digérer cet ultimatum, reste à voir s’ils pourront le contourner : si aucun texte de loi n’autorise à faire payer une chaîne gratuite, aucun texte ne s’y oppose non plus. Les contrats actuels entre TF1 et les opérateurs sont en vigueur jusqu’à la fin du mois de décembre : d’ici là, on gage que les discussions et les négociations risquent d’être houleuses…

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