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Peut-on commenter la politique comme un jeu vidéo ?

Peut-on commenter la politique comme un jeu vidéo ?
Introduction
Sur Accropolis, vous pouvez suivre les débats de l’Assemblée en live streaming… Portrait de Jean Massiet, fondateur d’une chaîne TV pas comme les autres.

Janvier 2015. Attentat de Charlie Hebdo.

Pour Jean Massiet, 27 ans, collaborateur de cabinet en mission à la mairie de Paris, c’est l’alarme. Engagé dans les mouvements associatifs depuis ses années de lycée, il a trouvé naturel de choisir un job qui le rapprocherait de la cour des grands fauves de la République. Mais le 7 janvier, il se demande s’il a fait le bon choix. Car l’appareil d’État vu de l’intérieur lui a surtout appris une chose : il existe un fossé colossal entre les citoyens et leurs représentants. Mais comment le combler ?

Gamer à ses heures, Jean Massiet regarde souvent les chaînes de streaming où, en direct live, des joueurs expérimentés s’affrontent lors de parties qu’ils commentent tandis que les internautes peuvent interagir avec eux et leur poser des questions. L’idée, assez simplement, lui vient : adapter ce format à la politique et commenter les débats de l’Assemblée nationale comme on commente une partie de jeu vidéo. « Je veux rendre la politique moins chiante et moins compliquée mais sans tomber dans le divertissement qui, selon moi, ne rend pas service à la démocratie. J’essaie d’expliquer que la politique est subtile en valorisant la richesse des débats. C’est ça le projet Accropolis. »

Depuis septembre 2015, tous les mardis et mercredis après-midi, à partir de 15 heures, il commente en direct de sa chambre les questions au gouvernement de l’Assemblée nationale. Pour le suivre, il suffit de se brancher sur les différents réseaux sociaux ou sur son site Internet. « J’essaie d’être un pionnier dans un mouvement que je considère inéluctable. Maintenant, ce sont les retransmissions en direct sur Facebook live, YouTube live, Periscope… qui fonctionnent. Les infrastructures réseaux sont enfin aptes à fournir des flux en haute définition. » Son ambition est claire : devenir la première chaîne citoyenne de streaming politique.

L’année 2017 aura un calendrier particulièrement chargé. Et il veut en être. Aussi, il travaille à la construction d’une véritable grille des programmes pour proposer, comme une vraie chaîne d’infos en continu, 24 heures sur 24, du live et des rediffusions. Mais le ton général respectera le même format narratif : « Ici, pas de carton-pâte, pas de faux plafonds. Sur Internet, cela ne fonctionne pas comme ça. La sincérité est quasiment obligatoire, et pour parler de citoyenneté, cela paraît même essentiel. Je parle à la première personne, mais je montre aussi les limites de mon exercice : j’avoue quand je ne sais pas, et je demande constamment aux internautes d’intervenir. » Le tout repose aussi sur une certaine neutralité. Car en matière de vidéos politiques, la Toile, c’est un peu la fête aux extrêmes. Alors, dans ce paysage, un peu de pédagogie et d’objectivité ne nuisent pas.

À ce stade, les politiques observent et les internautes participent. Chacun depuis sa fenêtre. Mais avant que le grand brassage n’émerge, les témoignages vont tous dans le même sens : « J’ai découvert la politique grâce à vous », « Je comprends enfin » ; « ça me donne envie de m’y intéresser »… Un petit pas pour les audiences, sans doute une goutte dans le taux de participation au grand scrutin… mais Jean Massiet le vit comme une première victoire. Et il a raison. Qui sème la citoyenneté récolte plus de démocratie… et ça, c’est un bien joli bien commun.

 


Cet article est paru dans le numéro 8 de la revue de L’ADN. Jean Massiet est l’un de nos 42 superhéros de l’innovation. Votre exemplaire à commander ici.


 

Les députés gagnent combien par mois ? Enfin la réponse !

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