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Le chatbot de Nice-Matin s'est planté, mais sait maintenant ce que les lecteurs attendent de lui

Le 20 avr. 2018

Après un an d'expérience, Tibot, le chatbot développé par Nice-Matin rend son tablier. Damien Allemand, en charge du projet, revient sur les raisons de cet échec.

Il n’avait même pas un an. Pourtant c’en est déjà fini de Tibot, l'agent conversationnel lancé par Nice-Matin le 12 avril 2017. Dans un post Medium, Damien Allemand, a dressé le bilan de l’expérience. En toute humilité, il annonce la couleur : le quotidien s’est planté. « On cherchait à l’époque un nouveau canal de diffusion de nos contenus en surfant sur l’innovation technologique du moment: le chatbot », explique le responsable digital de Nice-Matin. Une manière de tester la messagerie privée pour les lecteurs.

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Intelligence artificielle Open Source

Le petit robot matérialisé dans un petit personnage jaune aux yeux globuleux - physique qui n’est pas sans rappeler ceux de Flint, l’intelligence artificielle développée par Benoît Raphaël - a été développé en interne. L’équipe de Nice-Matin a utilisé l’intelligence artificielle open source de Google (Dialogflow), plutôt que de passer par une solution toute faite comme Chatfuel.

Outre sa mission de délivrer de l’information, le chatbot était capable de tenir des conversations parfois drôles avec les internautes :

« - Hey, salut Margot ! Je m’appele Ti-bot. Je suis un petit robot qui vient de naître. Mon but est de t’apporter toutes les infos dont tu as besoin.
- Tu es célibataire ?
- Je n’ai pas encore trouvé la bot de ma vie 🙁
- Tu veux dîner avec moi ? »

Ou encore

« - Je suis énervée
- Est-ce que tu as envie d’en parler ?
- Oui
- Super !
- Je veux vivre avec mon mari
- C’est bien d’avoir quelqu’un sur qui on peut compter
- C’est pas ça le problème. »

En moyenne, Tibot a envoyé 2 000 messages par jour. Problème, le robot n’a pas toujours réussi à comprendre les demandes des internautes. Leur usage assez libre de l'orthographe s'est avéré être un vrai casse tête, tandis que de leur côté les utilisateurs n’ont pas toujours réalisé que Tibot n'était qu'une intelligence artificielle et non pas un journaliste.

Bref, le bilan d’un an d’échange avec la communauté est décevant... mais extrêmement éclairant. Elle ne voulait pas d’info… elle voulait juste en donner en utilisant plein de supports différents : des photos, des vidéos ou même des alertes texte, parfois inintelligibles - « Accident voie Mathis. Gros bordel. »

Le service de chatbot est donc arrêté, pour le moment. Mais Tibot n'a peut être pas dit son dernier mot. Et peut être deviendra-t-il plus utile... pour la rédac aussi bien que pour ses lecteurs.

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