gustave et rosalie fondateurs

Gustave et Rosalie : couple fictif pour business concret

Le 19 déc. 2016

Dans un univers du bon plan ultra concurrentiel, Gustave et Rosalie a trouvé son modèle. ITW d'Antoine Constantin, cofondateur.

Comment a débuté l’histoire ?

Antoine Constantin : c’est un projet de deux copains qui ne se voulait pas forcément ambitieux. Un projet d’entre-deux jobs quand il y avait un peu de temps. Il s’est construit très progressivement. L’ambition est venue jour après jour.

Nous sommes assez épicuriens avec mon ami et cofondateur Paul Polyakov. Nous avions envie de traiter ce sujet du bien manger, du bien boire, et de partir en weekend… c’est peut-être la seule chose qu’on semblait maîtriser ! Il est important de construire une ambition de start-up sur quelque chose que l’on maîtrise !

Nous sommes donc partis sur ce thème, en s’interrogeant tout d’abord sur la façon de le traiter. Nous avons très vite remarqué que c’était un sujet sur lequel les hommes et les femmes se rejoignent mais parler aux deux n’est pas une chose évidente.

Dans le traitement, nous a avons beaucoup été inspiré par Un Gars, Une Fille. La série a réussi à faire en sorte que l’audience se reconnaisse toujours dans l’un, dans l’autre ou dans la situation. C’est comme cela qu’est venu l’idée du couple « Gustave et Rosalie » (G&R)qui nous permettait de toujours avoir l’angle de l’homme et celui de la femme pour toucher et intéresser les deux. Le fait d’avoir des personnages incarnés nous a également permis de créer un lien émotionnel plus fort en 2012, moment où les sites « bons plans » et dénicheurs décollaient.

Comment avez-vous réussi à survivre face à la concurrence ?

La dimension business. Tout de suite nous avons envisagé la monétisation. Notre inspiration était l’Aston Martin de James Bond comme modèle publicitaire. Comment faire de la marque un acteur de l’histoire qui apporte de la valeur à celle-ci ?

Nous venons du milieu de la banque et de la finance donc nous ne connaissions pas grand chose à la publicité. G&R était notre première expérience dans le milieu de la création, des médias et de la pub.

Très vite, dès le début, nous sommes allées voir les agences médias et les annonceurs pour présenter notre support et notre histoire. Au début, nous n’avions pas énormément de légitimité à le faire avec nos 20 000 abonnés à la newsletter mais comme il y a toujours un décalage entre la rencontre et l’activation d’un projet, ce démarchage en amont nous a permis de survivre.

Qu’est-ce qui fait aujourd’hui le succès de G&R ?

Le fait d’avoir internalisé nos savoir-faire. Nous avons notre équipe édito qui créé le contenu quotidien, notre équipe commerciale internalisée et un studio de production qui permet de créer des contenus à forte valeur ajoutée pour les marques : jeux, mini quizz, espaces intégrés, infographies etc. Avec le temps, le studio se développe ce qui nous permet de réaliser des mini-séries filmées par exemples. Nous avons a cœur de maîtriser toute la chaîne de valeur en interne.

Deuxième point : notre niche. En termes de cible, nous sommes sur une niche face aux mastodontes qui misent tout sur la data. Nous avions notre histoire très ciblée sur les parisiens trentenaires avec une logique très affinitaire qui nous permet de faire la différence.

Toujours dans cette logique affinitaire, nous avons lancé Hector qui est destiné aux jeunes parents. L’idée est de développer des verticales hyper contextualisées dans lesquelles les gens se reconnaissent.

Pour l’instant nous avons ces deux verticales. Mais à termes il y en aura sûrement d’autres.

Avez-vous un processus créatif type ?

Nous n’avons pas de processus type. Nous réunissons des gens créatifs autour d’une table et beaucoup d’idées en ressortent. On essaye toujours d’élargir le groupe, de trouver de nouvelles personnes qui apportent une nouvelle forme créativité, de nouveaux savoir-faire, etc.

Aujourd’hui nous sommes 10 avec beaucoup de forces créatives qui sont externalisées : vidéo, graphisme, motion design, vidéo… on a un écosystème de savoirs faire qui s’enrichit de nouvelles compétences de fil en aiguille.

Vous vous êtes diversifiés en lançant La Petite Attention. D’où vient l’idée ?

L’idée vient de mon associé Paul. Nous avons toujours cherché à nous diversifier pour ne pas être dépendant du média et de la publicité qui peut-être assez fragile et aléatoire. On savait que le modèle d’abonnement pouvait compenser cette fragilité pour compenser les décalages de trésorerie. En cherchant quelque chose qui pourrait être cohérent avec notre ligne et notre audience nous sommes arrivés à l’idée de ce e-shop hyper sélectif de petits cadeaux de créateurs, avec un paquet très qualitatif, et une antisèche pour expliquer le pourquoi du cadeau et son origine . Nous sommes partis du constat que les gens ont toujours envie de faire un cadeau à leur copine ou à leur mec. L’envie n’est pas le problème. En revanche, le temps et l’inspiration en sont.

Nous avons commencé avec une rubrique sur notre site dans laquelle, de temps en temps, nous mettions des idées de cadeaux. En voyant l’attrait pour cette rubrique nous avons lancé le service en juillet 2015. En janvier 2016, nous avions dépassé nos projections. Nous nous sommes retrouvés à devoir livrer 800 personnes… On a appelé la famille et les copains, et à partir de ce moment là, nous avons commencé à professionnaliser le produit.

 

Comment travaillez-vous le contenu pour les marques ?

Nous envisageons les contenus, non comme des contenus sponsorisés mais comme des contenus à valeur ajoutée. Les marques nous permettent aujourd’hui de faire des choses qu’on ne pourrait pas faire sans elles. Quand les marques travaillent avec nous elles apportent de la valeur à nos histoires et à ce qu’on peut faire vivre aux lecteurs grâce à elles.

Il faut réenchanter la publicité digitale qui a été tuée par les grandes régies qui ont mis une publicité sur chaque espace. Les audiences ne veulent plus consommer le display habituel.

GUSTAVE ET ROSALIE EN CHIFFRES

4 ans d’existence

400 000 lecteurs cross plateformes

Rentabilité atteinte en 2015

60% du chiffre d’affaires sur le média, 40% sur le e-commerce

150% de croissance annuelle chaque année

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