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Quand les médias ne « reach » pas, heureusement, Google est là

Ecran de téléphone
Introduction
Les derniers chiffres publiés par Chartbeat, une société new-yorkaise de production de contenus numériques, montrent que les visites drainées par Google sur les sites des éditeurs de contenus sont en forte hausse. De son côté, Facebook coupe les tuyaux.

Plutôt que de grogner de la perte de trafic venant de Facebook, les médias devraient se rappeler que leur principale source de visites reste Google. Les derniers chiffres des visites générées vers les sites des éditeurs de presse publiés par Chartbeat, une firme de production de contenus numériques spécialisée dans les médias, montrent même que le trafic augmenteSelon ces chiffres, Google dépasserait Facebook sur les visites drainées. Ce n’est pas nouveau, mais à l’heure où Facebook a annoncé baisser le reach des médias sur le réseau, ces visites supplémentaires sonnent comme une excellente nouvelle.

Le graphique indique que sur la première semaine de février le moteur de recherche a généré 1,09 milliard de visites chez les éditeurs, soit une croissance de 60% en comparaison avec janvier 2017 où Google avait renvoyé 660 000 visites hebdomadaires. Face à cette forte hausse, Facebook s’inscrit dans la tendance inverse avec 740 000 pages hebdomadaires, soit une baisse d’un quart sur la même période. Les données proviennent de la base clients de l’entreprise américaine. Elles sont donc nécessairement tronquées, mais donne une idée générale de la tendance.

Graphine Google

 

 

Opération séduction depuis 2013

Et le géant ne recule devant rien pour séduire les « publishers ». En 2013 déjà, Google avait lancé un fonds pour soutenir les projets innovants de la presse française (Fonds pour l’Innovation Numérique de la Presse). Les 60 millions d’euros distribués sur 3 ans ont réussi à calmer la colère des éditeurs de presse qui réclamaient des royalties à Google, une sorte de droit d’auteur des médias, pour avoir le droit d’afficher ses contenus dans Google Actualités.

En 2015, la firme de Mountain View a continué son opération séduction en lançant l’AMP, une technologie qui réduit considérablement la durée de chargement des pages Web s’affichant sur mobile, à l’instar d’Instant Articles. Le groupe avait récemment annoncé avoir franchi le cap de 31 millions de sites utilisant l’AMP (Accelerated Mobile Pages). Une aubaine pour les éditeurs de contenus qui voit dans dans cet « accélérateur » une manière de réduire les abandons.

AMP Stories

Les 13 et 14 février derniers, Google avait présenté lors de l’AMP Conf à Amsterdam les « AMP Stories ». Initialement baptisée « Google Stamp », la fonctionnalité reprend le concept de Snapchat, avec la possibilité de créer du contenu visuel avec des textes, disponible pour une durée limité. Le tout optimisé pour l’affichage sur smartphone. AMP Stories n’est pour le moment disponible qu’aux États-Unis pour quelques médias et leurs groupes dont CNN,  Condé Nast, Hearst, Mashable, Meredith, Mic, Vox Media ou le Washington Post.

Le chargé de développement Rudy Galfi avait témoigné de « la volonté d’élargir la manière dont les contenus apparaîtront dans le moteur de recherche Google ». En d’autres mots, mieux faire ressortir ces contenus. Des billets doux aux oreilles d’une presse qui cherche à trouver des alternatives côté distribution de l’information. Google cherche à séduire les médias. Rien ne dit qu’il n’entend pas adopter une stratégie similaire à celle de Facebook en attirant une audience pour la redistribuer chez les médias… avant de couper les robinets ou de monétiser les visites.

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