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Gleedend, pour en finir avec l’infidélité

Gleedend, pour en finir avec l’infidélité
Introduction
Un collectif de personnes qui se définissent comme « victimes de l’infidélité », notamment à cause du site Gleeden, lancent une contre-offensive.

Depuis sa création, le site de rencontres extra-conjugales est au cœur des polémiques. Outre sa raison d’être, ses prises de parole sont souvent dans le collimateur de ses détracteurs.

Gleedend s’inscrit dans cette mouvance. La communauté s’est créée sur un constat simple : « sur les réseaux sociaux, de nombreux groupes et pages anti-Gleeden voient le jour », nous explique la créatrice. « Les gens sont indignés, mais personne ne prend la parole ».

Ici l’initiative est différente : il s’agit de laisser s’exprimer les victimes d’infidélité pour leur permettre de porter leur discours. Pour ce faire, un dispositif détourne les codes des publicités de Gleeden. On retrouve la traditionnelle pomme et le fond violet, mais on laisse le soin aux internautes de choisir leurs mots.

Car ce sont bien les campagnes de communication qui sont ici ciblées. « Les familles brisées par l’infidélité continuent de subir les publicités de la marque : nous voulons demander au gouvernement d’avoir un réel parti-pris, notamment en termes de communication ». Si les membres de Gleedend souhaitent garder l’anonymat, ils prônent une société de valeurs, « à l’encontre de ce que propose Gleeden, qui enlève l’espoir aux jeunes d’aujourd’hui qui sont les familles de demain. Nous voulons montrer que le bonheur ne passe pas par l’individualisme, que le mensonge n’est pas ludique ».

Mais pour porter un message, pas question de descendre dans la rue armé de pancartes. « J’ai été militante pendant de nombreuses années. Aujourd’hui, pour prôner ses valeurs, il faut créer un contre-pouvoir. Cela passe par le digital et la création d’une communauté ».

Nous savons que ce type de marques continuera à exister, mais on veut qu’elles apprennent à contrôler leur communication.

– Un porte-parole de Gleedend

Depuis sa création, la pétition lancée par Gleedend recense 800 signatures. « Nous voulons faire bouger les choses d’un point de vue légal. Ce n’est pas évident : pour les victimes il s’agit d’admettre publiquement que son conjoint a été infidèle… Mais une fois ce cap passé, notre initiative est acceptée : le canevas qui reprend les codes des publicités permet de dédramatiser ce qui a souvent été vécu comme un traumatisme ». L’idée est aussi d’accompagner les membres de la communauté dans leur reconstruction, en mettant à leur disposition des sites qui peuvent les aider.

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Si, du côté de Gleedend, on nous explique avoir tenté de contacter Gleeden sans réponse, Solène Paillet, responsable communication du site de rencontres n’en a pas connaissance. « Ils nous mentionnent parfois sur les réseaux sociaux, mais n’ont pas essayé de nous joindre », explique-t-elle. Par ailleurs, elle rappelle que Gleeden a gagné le procès contre l’AFC (Association Familiale Catholique), qui visait déjà les campagnes de com’ de la marque.  « Gleedend s’est créé peu après que le verdict ait été rendu public. S’il ne s’agit pas du même groupe, il semble s’inscrire dans la même lignée ».

Mais loin de s’en offusquer, les équipes profitent de cette publicité inattendue. « Ils détournent nos affiches : des gens qui ne nous connaissaient pas nous découvrent par ce biais »…

Any press is good press, paraît-il…

Mouche le 11 avril 2017 / Répondre

C’est vrai, je ne les connaissais pas et les découvre par cette initiative…

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