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Les livres qui se vendent le mieux sont encore ceux que l'on écoute

Le 12 juin 2018

La mutation du secteur des livres amène les auteurs à littéralement donner de la voix. Même si les ventes restent encore faibles, le livre audio connaît une croissance à trois chiffres au Royaume-Uni depuis 4 ans. Un secteur à suivre de près, tant pour les éditeurs que pour les auteurs.

À force d’être concentrés sur nos téléphones portables - pour notre dose quotidienne de dopamine - nous en oublions qu’il existe ce bon vieux truc bien ringard : le bouquin. On aurait presque tendance à prédire sa mort, sauf que, à l’image de la TV, de la radio, ou du cinéma, les nouvelles technologies font bouger les lignes du secteur, et le livre audio commence à se tailler une place de choix sur les étagères virtuelles. C’est en tout cas ce qu’il ressort des derniers chiffres publiés par l’Association des Éditeurs outre-Manche. Cette association a lancé la « Love Audio Week » du 11 au 17 juin 2018. Et si les éditeurs ont un amour immodéré pour le format audio, c’est que nos voisins britanniques en raffolent. À tel point que le format a connu une hausse de 22% des ventes en 2017 pour frôler les 35 millions d’euros. « C’est le secteur de croissance le plus rapide sur le secteur de l’édition », explique Stephen Lotinga, le directeur de l’Association. 148% entre 2013 et 2017 (!) selon lui.

The Voice

Au total, les livres audio représentent 5% des ventes totales et 7% des ventes de fiction. Ces chiffres pourraient même ne pas rendre justice à l’ampleur de phénomène car, selon le site ActuaLitté, ils ne prennent pas en compte les ventes d'Audible, filiale d'Amazon dédiée au livre audio, et celles d'autres acteurs. Le marché français réalise également autour de 5% des ventes sur ce secteur, avec une belle progression : 85% entre 2007 et 2009, selon Ipsos.

Cela a apporté une deuxième vie au secteur, avec plus d’investissement dans la production, et avec des narrateurs hautement qualifiés. Par exemple, aux États-Unis, où l’audio livre représente 10% du marché du livre, selon Challenges, les lecteurs peuvent « écouter » des ouvrages lus par Johnny Depp, Kate Winslet ou Meryl Streep. La classe à Dallas.

Changement de narrateur

Face au phénomène qui prend doucement de l’ampleur, certains auteurs et éditeurs décident, de concert, de ne même plus prendre la peine d’imprimer un ouvrage. L’auteur de roman à suspens Brian Freeman a opté pour pour ce choix. Cette décision a eu des conséquences sur l’écriture de son 19e roman. « Tous mes thrillers ont été écrit à la 3ème personne, donc c’est la première fois à la première personne. Dans un audiobook, vous avez la voix de la narratrice qui lui donne une présence et de l’immédiateté. Il faut vraiment être sûr que les gens ont envie de l’écouter et d’être dans sa tête pendant toute la durée du livre », explique l’auteur au Guardian. L’auteur américain précise également qu’il lit tout ce qu’il écrit à voix haute. « J’ai l’impression d’écouter des voix dans ma tête. Ça a été quelque chose de fascinant. »
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