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Cyprien révèle qu'il a été plagié

Plagiat de vidéo YouTube : sommes-nous tous des copieurs ?

Le 3 sept. 2018

Que risque-t-on vraiment à copier une vidéo ?  Êtes-vous vraiment sûrs d'être « clean » à 100% ? Sur sa chaîne Youtube « 911 Avocat », l'avocate au Barreau de Paris Éloïse Wagner fait le point.

Ni vu ni connu et hop ! Parmi l'océan de vidéos que l'on trouve sur la Toile, qui pourrait s'apercevoir qu'un vidéaste a un peu - beaucoup - trichouillé en s'inspirant/copiant la vidéo d'un/une autre ? Adeptes du copier/coller, sachez que la loi française protège la création des auteurs. Et vous risquez de payer cher. Réparations, dommages et intérêts, et même, jusqu'à 300 000€ d'amende et trois ans de prison. Gloups !

ClrtC, CltV

« Les internautes me font rire lorsqu'ils sont catégoriques dans leurs commentaires, explique Éloïse Wagner, l'auteure de la chaîne 911 Avocat. Même un avocat averti a souvent du mal à affirmer avec certitude qu'il s'agit de copie ! » Pour la spécialiste, il existe une palette de nuances dans le plagiat, appelé, dans le jargon, contrefaçon. Le premier cas est facile à repérer : c'est la copie pure et dure. On met en ligne une vidéo réalisée par un autre sur son propre compte.

« Ensuite, il existe la copie servile. C'est ce qui s'est passé avec le sketch de Cyprien », rappelle l'avocate. En 2006, comme le rapporte Le Figaro TV, deux youtubeurs russes, Den Schmalz (820.000 abonnés) et Giorgio Cappello Di Paglia (264 000) n'avaient pas hésité à s'approprier les répliques de l'humoriste. Cyprien n'avait pas exigé le retrait des vidéos. Il en avait plutôt profité pour réaliser un montage en tournant en dérision les copieurs. Son attitude a joué en sa faveur puisque ses followers avaient copieusement liké et partagé la vidéo. 

« C'est finalement des internautes que vient la première condamnation », résume l'avocate. Car, en France, aucune affaire n'a jamais été portée en justice, à sa connaissance. La raison ? « La justice n'est pas vraiment à la bourre sur le sujet du plagiat, mais pour les sujets traitant d'Internet, on y va un peu à reculons. Parce qu'on est sur des enjeux qui sont élevés d'un point de vue émotionnel, mais pas financier. » 

50 nuances de plagiat 

D'autres cas de copies sont plus subtiles à repérer. Mais, ils représentent toujours une atteinte au droit d'auteur. « Ça peut être le cas lorsque l'on utilise le dessin de quelqu'un dans une vignette de vidéo sans avoir demandé l'autorisation. Ou lorsque l'on utilise un extrait de vidéo sans mentionner le crédit. Ou encore, lorsque l'on a les droits d'une vidéo pendant trois ans, mais que l'on utilise pendant sept. »

Copier, ce n'est pas uniquement copier les dialogues. « Quand on adapte, que l'on transforme, que l'on arrange tout ou une partie d'une vidéo sans l'accord de l'auteur, c'est déjà de la contrefaçon. » Oups ! Si une vidéo reprend, par exemple, la même trame et les mêmes personnages qu'une autre, un tribunal pourrait juger que cela est illicite. Par ailleurs, et pour complexifier un peu plus les choses, le plagiat, n'existe pas qu'entre vidéos. Si une vidéo copie un livre ou un film, c'est déjà du plagiat, et c'est condamnable. 

Et les GIFs dans tout ça ? « D'un point de vue purement théorique, c'est de la contrefaçon. Sauf que, concrètement, tout le monde s'en sert. L'étendue est tellement massive et communément admise qu'il n'y a jamais eu de recours contre ça. » 

En vidéo : comment reconnaître un plagiat ? 

 

Crédit photo : capture d'écran vidéo de Cyprien. 

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