brevet Facebook

Prédire une naissance ou la mort de vos amis ? Il y a un brevet Facebook pour ça !

Le 25 juin 2018

Alors que Facebook s'est engagé à être plus transparent sur l’utilisation des données de ses utilisateurs, le réseau social a déposé une ribambelle de brevets dont les technologies ultra sophistiquées visent à récolter encore plus d’informations.

Bien que Mark Zuckerberg se soit - longuement - excusé et ait promis de faire mieux, le fond de commerce de Facebook, ce sont vos données personnelles. Ça, on le savait à peu près déjà. Ce que l’on sait moins, c’est jusqu’à quel point le réseau social projette de récolter ces données et de les utiliser. Le New York Times, qui a épluché à la loupe les milliers de brevets déposés par Facebook depuis 2012, a peut-être une idée de la direction stratégique du développement du réseau. Le moins que l’on puisse dire, c’est que certains de ces brevets sont carrément flippants et traquent chacun de nos aspects d'utilisateur : position, avec qui nous passons du temps, situation amoureuse, opinions politiques, et même… quand nos amis vont mourir. Glaçant.

Allen Lo, vice-président de la compagnie américaine, a assuré que « la plupart des technologies décrites dans ces brevets n’ont pas été incluses dans les produits de Facebook, et elles ne le seront jamais ». Malgré ces affirmations, l’ensemble des brevets déposés souligne la volonté de Facebook de collecter les données privées des utilisateurs, malgré les violentes critiques émises contre la politique de confidentialité des données. « L’éventail des brevets est une carte qui montre vers où se dirige une entreprise quant à l’utilisation des technologies », explique au New York Times le professeur de droit de l’université de New York, Jason M. Schultz.

L’une des technologies brevetées devine votre statut amoureux en utilisant des informations comme le nombre de fois où vous avez visité la page d’un autre utilisateur, le nombre de personnes sur votre photo de profil ou encore le pourcentage de vos amis de sexe opposé, et ce, même si vous n’êtes pas « in a relationship ».

Un autre propose d’utiliser vos posts ou vos messages pour déduire vos traits de personnalité et, selon, vous proposer les histoires ou les publicités les plus adaptées. Ce qui n’est pas sans rappeler l’utilisation des données personnelles de millions de comptes Facebook par la firme Cambridge Analytica, mise en cause pour avoir favorisé le candidat Trump ou pour manipuler l’opinion publique lors du Brexit.

Grâce à vos posts, messages, utilisation de carte bancaire et géolocalisation, l’un des brevets utilise une technologie capable de prédire votre futur comme un événement majeur de votre vie : une naissance, un décès ou un nouveau diplôme.

Un autre, encore, projette d’analyser des photos pour créer une signature unique de l’appareil que vous utilisez à partir de pixels défectueux. Grâce à cette signature, le réseau pourrait déduire qui vous connaissez, soit que vous apparaissez sur les photos, soit que vous êtes la personne qui les télécharge à partir de cet appareil.

Plus loin, une technologie exploite le micro de votre smartphone pour identifier l’émission de télévision regardée et si les pubs ont été écoutées ou pas. La technologie propose de capter le signal électrique du fil de courant de votre TV pour reconnaître le programme regardé.

Un autre encore traque vos petites habitudes de manière hebdomadaire et envoie à vos contacts des notifications si vous déviez de votre routine. La même fonctionnalité utilise la géolocalisation pour déduire où vous vivez.

Enfin, en corrélant la position de votre portable et de ceux de vos amis, ce brevet déduit avec quelles personnes vous socialisez le plus.

Si ces exemples de brevets sont inquiétants et leurs technologies intrusives, ils n’ont cependant pas nécessairement vocation à être utilisés. Ils pourraient servir à se protéger de la concurrence par exemple. Cependant, comme le rappelle Siva Vaidhyanathan, professeur en Science de la Communication de l’Université de Virginie « Je n’ai vu aucune indication que Facebook a changé son engagement de regarder tout ce que nous faisons, enregistrer tout ce que nous faisons et d’exploiter ce que nous faisons ».

Nous voilà rassurés.

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