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Média : la fabrique de l'Œil de Links

Le 26 avr. 2016

Depuis 2010, chaque semaine, L’Oeil de Links (ODL) déniche pour vous le meilleur des créations digitales autoproduites. Rencontre avec la productrice Catou Lairet et Nicolas Thepot, concepteur-réalisateur de l'ODL.

L’Oeil de Links (ODL) est un vivier de créativité et de bizarreries qui en font une émission à part et indétrônable dans son style depuis 6 ans. Avant la naissance de L’Oeil de Links, Catou Lairet, productrice de l’émission, travaillait alors sur « Les films faits à la maison », une émission qui célébrait déjà l’autoproduction. « Avec l’arrivée des plates-formes comme Dailymotion ou YouTube, nous considérions que nous étions moins légitimes que lorsque nous avions lancé l’émission en 2003 » nous explique la productrice. Une nouvelle réflexion vers un format autour d’un axe : « le meilleur du Web ». C’est alors qu’elle s’associe à Nicolas Thepot pour développer un ton propre sans tomber dans les méandres du bêtisier aux allures de Vidéo Gag comme nous l’explique le concepteur-réalisateur de l’émission : « en 2010, toutes les émissions TV qui parlaient du Web le faisaient sur un traitement du zapping/bêtisier. Au lancement de l’émission, je pense que le terme de "Web créatif" n’existait même pas ». Et c’est donc sous cet angle que les deux protagonistes sont allés chercher « des artistes, des ingénieurs fous, des techniciens… » pour aller vers « une vulgarisation intelligente de ces nouvelles formes de créativité » confie la productrice, avant d’ajouter « on peut aussi bien s’intéresser à un créatif qui a plusieurs personnes dans sa tête qu’à un jeune réalisateur amateur qui aura bossé deux mois et demi dans sa chambre pour faire un film d’animation avec un mini-skate et deux doigts. Nous réunissons toutes ces personnes pour faire l’émission la plus éclectique possible ».

 

 

 

Cette capacité à dénicher en permanence des profils atypiques crée une dynamique vertueuse pour l’émission comme l’explique Nicolas Thepot, « les artistes deviennent eux-mêmes prescripteurs et contributeurs de l’émission. Notre crainte initiale était de ne pas réussir à trouver régulièrement des contenus assez intéressants, mais notre communauté est très active et internationale. Dès le début de l’émission nous avons créé cette communauté contributrice avec pour objectif de la valoriser ». Mais en TV la chose n’est pas si aisée, même si Canal+ « a la volonté de mettre en avant de nouveaux talents, de nouvelles formes artistiques », il y a les règles à suivre qui permettent d’installer un programme : « pendant les deux premières années, nous avons eu la contrainte imposée d’avoir un présentateur en plateau pour « ancrer » le programme comme un programme TV habituel mais dès le début, nous voulions la formule diffusée actuellement : sans présentateur. On avait très envie que les contributeurs soient mis en avant, qu’on leur rende leur travail en les laissant l’expliquer et devenir les propres créateurs de l’émission » confie Catou Lairet.

 

 

 

Une mise en scène extrêmement importante pour celle qui est probablement la plus web des émissions TV. Car comme nous raconte le concepteur-réalisateur « quand on parlait du Web en 2010, le piège aurait été de produire un univers avec plein de pixels et un bruit de modem. Notre idée était de rendre l’Internet palpable, avec des signes venus du Web que l’on retrouverait dans un plateau ou dans la rue, pour créer une porosité entre ces deux mondes. Je voulais une matière malléable et humaine d’où l’idée de ces Roberts. Des personnages masqués qui assistent le narrateur dans ce monde ». Après les emblématiques « Roberts », s’il y a bien un trait caractéristique de l’émission c’est le traitement Skype des interviews : « nous devions assumer notre envie de couvrir la Toile sans prendre une caméra et un avion à chaque fois. On a interviewé des gens à travers le monde et sans jamais se déplacer grâce à Skype. Nous avons moins de problèmes à assumer une image qui n’est pas parfaite. Nous ne sommes pas dans un produit très léché tel qu’on le trouve habituellement à la télévision et qui ne correspond pas du tout à la réalité des choses. On essaie de préserver au maximum le calme et la sérénité pour l’interview mais quand il y a parfois une perceuse en arrière-plan, ou le chat qui passe devant la caméra, on le garde. Intégrer ces imperfections fait partie de l’écriture ».

 

 

Des imperfections assumées. « Le plus important est que le contenu permet de passer un bon moment, s’il est instructif, enrichissant, amusant… » explique la productrice avant de revenir sur une temporalité plus qu’essentielle quand on parle du web : « il faut faire attention parce que les sujets circulent très vite, et donc s’usent très vite aussi…  Généralement nous attendons un peu pour voir si le sujet devient un buzz, si le buzz se transforme en mème et que l’Internet se l’approprie, à ce moment-là nous revenons avec une analyse sur le phénomène. Une vidéo qui a été vue des millions de fois, si elle n’a rien de plus, nous n’en ferons pas un sujet. En revanche, si elle crée un phénomène, on va à la rencontre des personnes pour les interviewer ».

 

 


Plus récemment, le 8 mars dernier, l’émission lançait son application pour tablette. Pour Nico Thepot elle « est devenue une extension naturelle de l’émission. La TV reste le socle et l’application vous envoie du contenu en fonction de ce qui passe à la TV. Les utilisateurs ont également accès à des contenus enrichis. Nous avions fait le calcul lors du premier épisode : pour 26 minutes de programme, nous avions réussi à dégager plus de 3 heures de contenus additionnels disponibles sur l’application ». Ou quand le digital sert aussi à recycler de façon intéressante !

 

Pour visionner l'Oeil de Links c'est ici

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