homme en aquarelle

Vous pouvez choisir les infos qui restent - ou pas - dans votre cerveau et c'est fascinant

Le 20 juin 2018

Notre cerveau est fascinant. Comme un jardinier, il se débarrasse des mauvaises herbes pour faire de la place aux autres. Dans ce processus, nous sommes libres de choisir ce que nous lui donnons à apprendre. Voilà comment.

Smartphone, réseaux sociaux, internet... Tout ou presque aujourd'hui nous rend addict. Alors que d'anciens des GAFA alertent sur l'addiction à la dopamine, un article de Fast Compagny explique que nous avons un rôle à jouer dans ce que nous mettons dans notre cerveau, ou pas. Nous l'avons traduit pour vous.

Il existe un vieil adage en neurosciences : les neurones qui se ressemblent, s’assemblent (neurons that fire together wire together). Plus vous activez un circuit neuronal dans votre cerveau, plus celui-ci se renforce. Voilà pourquoi, pour citer un autre dicton, c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Plus vous pratiquez le piano, parlez une autre langue, ou jonglez, plus vos talents se développent.

Pendant des années, on s’est concentré sur cette vision de l’apprentissage. Mais il s’est avéré que, finalement, la capacité d’apprendre va bien au-delà de la construction et le renforcement des connexions neuronales : la destruction des anciennes est encore plus importante. Ce phénomène s’appelle « l’élagage synaptique ». Voilà comment ça fonctionne.

Votre cerveau est un jardin, cultivez-le !

Imaginez votre cerveau comme un jardin, sauf qu’au lieu de faire pousser des fleurs, des fruits et des légumes, vous faites pousser des connexions synaptiques entre vos neurones. Ces connexions sont empruntées par des neurotransmetteurs comme la dopamine ou la sérotonine, entre autres.

Les « cellules gliales » sont les jardiniers de votre cerveau - elles agissent en accélérant les signaux entre certains neurones. Mais d’autres cellules gliales ont un rôle différent : elles agissent comme un herbicide et arrachent les mauvaises herbes, tuent les parasites, ratissent les feuilles mortes. Ces jardiniers, qui élaguent votre cerveau s’appellent des « cellules microgliales ». Elles élaguent vos connexions synaptiques. La question c’est, comment font-elles pour savoir celles dont il faut se débarrasser ?

Les chercheurs commencent à peine à déchiffrer ce mystère, mais ce qu’ils savent déjà c’est que les connexions synaptiques les moins utilisées sont marquées par une protéine C1q (et d’autres). Lorsque les cellules microgliales détectent ce repère, elles se rapprochent de la protéine et détruisent - ou élaguent - la synapse. Simplement.

Mais ce n'est pas forcément un drame, car c'est ainsi que votre cerveau fait de l’espace pour que vous puissiez construire de nouvelles connexions, plus fortes, et pour que vous puissiez apprendre davantage.

Le rôle fondamental du sommeil

Avez-vous déjà eu la sensation d’avoir le cerveau farci ? Peut-être en commençant un nouveau job, ou un nouveau projet. Pas assez de sommeil, sans cesse de nouvelles informations... Et bien, vous avez raison, en un sens, votre cerveau est vraiment farci.

Quand vous apprenez de nouvelles choses, votre cerveau construit de nouvelles connexions, mais elles restent relativement inefficaces. Votre cerveau a besoin d’élaguer un bon nombre d'entre elles afin d’établir des connexions plus rationnelles et efficaces. C’est ce à quoi s'occupe votre cerveau lorsque vous dormez.

Nous pourrions dire, en caricaturant un peu, qu'il fait sa toilette pendant vos phases de sommeil - vos cellules cérébrales se rétractent jusqu’à 60% pour créer de l’espace, pour que les jardiniers giales passent ramasser les déchets et élaguent les synapses.

Vous est-il déjà arrivé de vous réveiller après une bonne nuit de sommeil et d’avoir la sensation d’avoir les idées claires ? C’est parce que tout le travail d’élagage et d’optimisation fait pendant la nuit vous laisse beaucoup de place pour intégrer et synthétiser de nouvelles informations - en d’autres mots, apprendre.

C’est pour les mêmes raisons que les siestes sont aussi bénéfiques pour vos capacités cognitives. Une sieste de 10 à 20 minutes laisse une chance à vos jardiniers gliales d’entrer, de nettoyer les connexions inutilisées, et de laisser de l’espace pour en faire d’autres.

Réfléchir avec un cerveau privé de sommeil, c’est comme tracer votre chemin à la machette à travers une jungle dense. C’est touffu, lent et exténuant. La voie ne s’ouvre pas et la lumière ne passe pas non plus. Réfléchir avec un cerveau bien reposé, c’est comme flâner gaiement dans Central Park ; les chemins sont bien définis et connectés les uns aux autres à différents endroits, et la vue est dégagée. C’est énergisant.

>> Lire notre dossier Brainternet : connecter son cerveau, science ou fiction ?

Soyez vigilant à l'égard de vos pensées

Vous avez, en dépit des apparences, un certain contrôle sur ce que votre cerveau décide d’effacer pendant votre sommeil. Ce sont les connexions synaptiques que vous n’utilisez pas qui sont marquées pour le recyclage. Celle que vous utilisez vraiment sont celles qui sont arrosées et oxygénées. Alors soyez vigilant sur ce à quoi vous pensez.

Si vous passez trop de temps à lire des théories sur la fin de Game of Thrones et très peu de temps à faire votre job, devinez quelles sont les synapses qui vont partir au recyclage ? (...)

Pour tirer avantage du système naturel de jardinage de notre cerveau, il suffit de penser à ce qui est le plus important pour vous. Vos jardiniers renforceront ces connexions et élagueront celles dont vous vous souciez le moins. C’est une manière d’aider le jardin de votre cerveau à fleurir.


>> Retrouvez l'article en anglais sur Fast Compagny : Your Brain Has A “Delete” Button–Here’s How To Use It

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