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le mythe entretenu du clivage générationnel

Le 19 juill. 2016

Soit disant facteur majeur de dissension au sein des entreprises, depuis presque 20 ans il est un des arguments forts pour vendre de la marque employeur. Épouvantail récurrent, le clivage entre générations à défaut  d’être réel fait vendre. Par l'agence TWININ.

Conceptualisée dès 2001 aux USA, la Génération Y a commencé à faire parler d’elle en France en 2007. Imaginez, des jeunes gens étaient nés avec un environnement numérique, n’avaient plus le même rapport au travail et à la hiérarchie, ne plaçaient pas le travail comme une priorité… Rien à voir avec la génération X précédente. En d’autres termes, une bombe à retardement pour les entreprises qui allaient devoir tenir compte de ces nouvelles exigences sous peine de devoir à nouveau rater des talents ou voir leurs équipes implosées. Aujourd’hui, la génération Z débarque, très différente puisqu’elle est vraiment née… avec les nouvelles technologies !

Bien sur, il y forcement des différences entre un Y et un Z mais comment penser qu’il n’ y a pas de différence entre un Y et un autre Y tout comme il serait impensable de croire qu’il n’y a pas de point commun entre un Y et un X. Reste que l’époque est à la facilité et au clivage. Générations X, Y, Z  sont différentes et on ne pourrait pas s’adresser à eux comme à leurs ainés ! Et dans le travail ? Idem puisqu’ils souhaiteraient tous créer leur entreprise, trouver du sens, auraient d’autres envies.  La révolution entre X et Y n’a pas eu lieu, les Y ont intégré finalement les codes des entreprises et les manifestations contre la loi travail et le mouvement « nuit debout » viennent également nous rappeler qu’à l’heure du tous entrepreneurs, le constat est sans appel : les jeunes sont dans la rue et manifestent pour conserver leur Graal : LE CDI. Sans doute parce que sans CDI, pas de location, pas d’achat d’appartement, pas de prêt.

A l’heure du tous entrepreneurs, le constat est sans appel : les jeunes sont dans la rue et manifestent pour conserver leur Graal : LE CDI

Les générations n’ont sans doute pas les mêmes habitudes, les mêmes usages en consommation, mais en ce qui concerne le rapport au travail et au management aucune spécificité n’a jamais été prouvé et semble plus relever d’une idéologie managériale voire d’un opportunisme marketing…

Jean PRALONG, psychologue et docteur en sciences gestion, enseignant en gestion des ressources humaines à Rouen Business School s’étonnait d’ailleurs en préambule   d’une étude sur  « L’image du travail selon la génération Y » réalisée en 2010, de l’abondante littérature qui s’intéresse à la « Génération Y »  mais qui ne provenait pas de la communauté académique… Cette étude  comparative intergénérationnelle conduite sur 400 sujets grâce à la technique des cartes cognitives démontrait d’ailleurs  que les schémas cognitifs des salariés de la « génération Y » ne différaient pas de ceux des membres de la génération précédente.  En conclusion, elle rappelait à ce sujet que l’influence de l’appartenance générationnelle était moindre que celle de l’appartenance au groupe des cadres, l’effet de la socialisation étant plus puissant que l’effet générationnel.

Alors,  si  chaque génération se distingue forcément des autres, une question demeure : quel est le réel  impact du facteur générationnel dans le travail vis à vis d’autres facteurs tels que la classe sociale ou même le lieu de vie ?

En marque employeur, le clivage est un bon argument de vente en revanche il ne répond pas à l’intérêt stratégique réel de l’entreprise.

Alors entreprises, DRH, arrêtez de communiquer par clivage, arrêtez de chercher les différences et trouvez simplement un langage commun, celui qui réunit !

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