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Canal +, chaîne engagée sur le digital

Canal +, chaîne engagée sur le digital
Introduction
Lors de la 50ème édition du MIPTV, rencontre avec Fabienne Fourquet, directrice des nouveaux contenus de Canal+ qui a accepté de nous parler des enjeux du digital au sein du Groupe.

Quels sont les enjeux du Groupe Canal+ sur le digital?

Fabienne Fourquet : Sur le groupe Canal+ notre ambition principale est de satisfaire nos abonnés. Sur le digital nous avons plusieurs enjeux. D’abord celui de faire connaître la marque au plus grand nombre, montrer notre qualité d’éditorialisation et de télévision qui est particulière au groupe. Nous faisons connaître le produit premium par le biais du programme en clair. Sur le digital, c’est un peu pareil, nous sommes « le clair » de Canal sur le web. L’idée est non seulement de rendre disponible le contenu, de les remodeler pour qu’il soit le plus viralisable sur le web, donc on coupe des pastilles, nous rééditorialisons le clair en créant des programmes innovants comme le Boucan du jour, le Meilleur du hier. Récemment on a lancé le Tweet en clair, c’est le best of de la semaine des programmes en clair avec les tweets associés. Nous avons un player exportable qui est beaucoup repris sur d’autres sites et blogs.

On essaye d’être très innovants autour de ce qu’on peut faire sur le clair ou le crypté, c’est un peu la source des projets transmedia, des expériences type Mission Braquo ou Engrenages. On essaie de porter l’écriture Canal+,  d’inventer un nouveau mode de narration sur les nouveaux écrans en engageant autant que possible les audiences et les internautes. C’est une réflexion que nous avons à chaque fois, en particulier autour des séries : nous cherchons les moyens d’engager les internautes autour du principe de gamification, de contenu exclusif, de communication et d’engagement avec nos héros, nos acteurs, nos auteurs et réalisateurs. C’est une recherche que nous menons toujours plus loin et qui est destinée aux abonnés mais aussi permet de faire rayonner nos programmes auprès des prospects qui ne suivent pas le programme mais en entendent parler par le biais de ces expériences transmedia.

Pour les abonnés sur la partie second écran, nous développons des contenus supplémentaires pour les fans d’un programme en particulier. Sur le foot par exemple, on leur donne accès sur Canal football app. à plus de 20 caméras en léger différé autour des actions importantes du match. Ils peuvent revoir les buts, les ralentis ont accès aux commentaires des experts qui sont en coulisse en train de regarder le match. L’appli a été téléchargée plus de 500 000 fois et ce sont plus de 100 000 personnes qui l’utilisent tous les week-ends. Cela augmente la satisfaction des abonnés, l’usage et le temps passé car ils utilisent l’application pendant 60 minutes.

Sur les contenus second écran, en dehors de la partie résonance sociale et la partie gamification (jeux, quizz), nous réfléchissons en tant que diffuseur au contenu à valeur ajoutée et ce que les internautes voudraient voir. Est-ce que ce sont des infos, des vignettes en plus, l’accès aux coulisses comme nous l’avons fait pour la Nouvelle Star ou encore la possibilité de commenter et de remonter certains tweets à l’antenne ?

Nous nous interrogeons sur ce qu’on peut faire qui ne sera pas fait par d’autres plateformes de second écran un peu transverses. Nous réfléchissons à l’extension digitale d’une émission très en amont. L’idée est de faire une opération qui a du sens et pour une émission très éditorialisée de trouver le moyen de leur fournir du contenu éditorial supplémentaire à utiliser.

 

Votre métier a totalement changé puisqu’il n y a pas si longtemps la conversation se cantonnait au tweet live. Combien de personnes travaillent sur une émission en particulier par exemple?

Fabienne Fourquet : Sur le dispositif digital de la Nouvelle Star sur D8, nous avons travaillé avec Fremantle main dans la main. Ils nous ont expliqué le concept de l’émission, le conducteur, la philosophie du format. Avec ces informations, nous nous sommes demandés, quels étaient les contenus à valeur ajoutée que les audiences pouvaient attendre, soit plus d’informations sur les prestations, sur celle des candidats avant et après, quels tweets et à quels moments nous les faisons remonter à l’antenne. Il était intéressant lors du débrief oral de la prestation du candidat avec le présentateur et le jury de faire apparaître le débrief du téléspectateur.

On essaye de se dire qu’un tweet à l’antenne sur toutes les émissions n’est pas forcément pertinent. Ca le devient dès qu’il y a un rendu à l’oral à l’antenne ou en datavisualisation par exemple. Nous l’avions fait autour de la Présidentielle avec Vincent Glad par le biais d’une application web et mobile, les internautes pouvaient donner leurs sentiments sur un candidat à l’antenne. Ils activaient des smileys face pour dire qu’ils étaient d’accord ou à contrario dire que c’était de la langue de bois. Cela nous permettait d’avoir en temps réel une courbe qui pouvait être restituée à l’antenne au candidat, donnant les avis des internautes.

Pour l’expérience interactive, Mission Braquo, pour laquelle les internautes devaient aider le groupe Caplan à résoudre une énigme pendant les épisodes, les internautes (entre 10 et 20 000) étaient ravis qu’on les fasse rentrer dans l’histoire. L’idée et de leur faire vivre une expérience alternative en ligne avec le programme.

 

Pouvez-vous revenir sur le dispositif digital autour du documentaire Global gâchis ?

Fabienne Fourquet : Nous réalisons peu de dispositif sur les documentaires, là nous nous sommes demandés ce que les gens souhaitaient savoir. Global gâchis comportaient des infographies choquantes comme le niveau de gaspillage de la France, que nous avons repris sur le site, sur twitter en écrivant des factory de l’ampleur du gaspillage global qui a été beaucoup retwetté : 30 % de ce qui est acheté est jeté.

Le discours autour de l’écologie est par moment culpabilisant, nous avons donc invité les internautes à partager sur le site, leurs recettes de grand-mère, celles qui permettent de cuisiner les restes dans leur frigo.

Nous avions ensuite créé un événement sur le parvis de l’Hôtel de Ville, pendant lequel des équipes de Canal+ faisaient un banquet à partir de produits qui auraient été jetés par les supermarchés. Il y avait un mur de tweets où l’on donnait des recettes et des infos sur le gâchis global et cela avait bien fonctionné. Le documentaire posait les faits mais aussi donnait des solutions pour que les gens agissent à leur niveau. Sur le digital nous avons essayé d’amplifier l’écho autour du documentaire mais aussi de dire aux gens qu’il existe des moyens d’agir à leur propre niveau.

 

Nous voulons engager les gens. L’équipe est constituée d’experts sur chaque programme, séries, foot,  nous réfléchissons donc à la bonne expérience pour le fan. Que peut-on fournir à un fan de foot qui ne soit pas déjà à la télé ? 

 

Comment mesurez vous toutes ces actions.

Fabienne Fourquet : Sur nos sites et appli nous sommes mesurés par Comscore au niveau du trafic vidéo et des audiences, sur les réseaux sociaux avec Milky Analytics sur Facebook, avec Mesagraph sur Twitter. Nous cherchons à avoir des dashboard un peu automatisé de toutes  ces audiences pour à la fois écouter le buzz avant les programmes, regarder le trafic du site pendant le live et en replay, les réseaux sociaux afin d’essayer de sortir un key learning autour d’un programme par exemple.

Il existe une multiplicité d’outils et de types d’analyses, c’est très compliqué. Entre Mésagraph et TV Tweet par exemple, leurs analyses sur l’audience sociale ne sont pas les mêmes parce qu’ils ne regardent pas forcément dans les mêmes intervalles horaires ou les mêmes hashtag. Il n’y a pas forcément comme Médiametrie d’universalité des systèmes d’analyses, c’est un challenge aussi.

 

propos recueillis par Virginie Achouch

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