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Abercrombie, c’est pas pour les XL

Abercrombie, c’est pas pour les XL
Introduction
Si H&M choisit un mannequin taille 44 pour sa collection été, Abercrombie & Fitch refuse de produire des vêtements pour les filles qui ont passé la taille 40. Une choix totalement assumé par son PDG.

Abercrombie & Fitch a une idée bien précise des canons de la beauté et, le moins que l’on puisse dire, c’est que ceux-ci ne semblent pas dépasser le XL. Aussi, pour éviter de voir des personnes « fortes » dans ses magasins ou porter ses vêtements, la marque a tout simplement décidé de ne pas proposer ces tailles. Abercrombie & Fitch veut inspirer les « cool kids » et passé un certain poids, certaines femmes ne peuvent plus en faire partie.

 

Une politique qui contraste avec celle de H&M : celui-ci vient, en effet, d’annoncer la venue de Jennie Runk, un modèle taille XXL, pour présenter ses maillots de bain. American Eagle, le plus grand concurrent d’Abercrombie, offre par ailleurs dans ses magasins des tailles allant jusqu’au XXL et ce, pour les hommes et les femmes. Chez Abercrombie, la plus grande taille de pantalons femme est de 10, tandis que chez H&M elle va jusqu’à 16 et American Eagle jusqu’à 18.

Une stratégie qui n’étonne absolument pas Robin Lewis, co-auteur de The New rules et CEO de la newsletter The Robin Report, compte tenu de la personnalité très controversée du PDG de la marque, Mike Jeffries. « Il ne veut pas que les personnes fortes fassent leur shopping dans ses magasins », a déclaré Robin Lewis à Business Insider. « Il ne veut […] que des personnes minces et belles et surtout pas que ses principaux clients voient d’autres personnes moins sexy qu’eux porter des vêtements de la marque. Ceux-ci ne sont destinés qu’aux ‘cool kids’». « La seule raison qui pousse Abercrombie à proposer des tailles hommes XL et XXL, tient probablement du fait que celles-ci sont destinées à des joueurs de football et des lutteurs musclés. »

Mike Jeffries avait par ailleurs déclaré en 2006 à Salon, que son entreprise est clairement bâtie autour du sex-appeal. «Nous recrutons des personnes qui ont une belle apparence dans nos magasins. Parce que les gens qui ont une belle apparence attirent d’autres personnes de belle apparence […]. Nous ne souhaitons pas toucher d’autre cible que celle-ci ».

« Dans chaque école il y a des enfants cools et populaires, et maintenant ils ne le sont plus autant qu’avant » dit-il au site web. « Candidement, naïvement nous allons les chercher, nous allons vers les enfants cools. Nous recherchons et allons vers les enfants américains qui ont un bon look et beaucoup d’amis. Beaucoup de personnes n’appartiennent  pas et ne pourront pas appartenir à l’esprit de notre marque. Sommes-nous exclusifs ? Complètement».

 

Mike Jeffries pense même qu’englober tout le monde rendrait le business ennuyeux : « Les sociétés en difficulté essayent de cibler tout le monde, jeune, vieux, gros, mince… Mais du coup ils deviennent sans saveur, sans personnalité. Vous ne rendez pas les gens fous, aliénés, mais vous n’excitez personne.»
 

Le diktat de l’apparence, une politique chère à Mike Jeffries qui a pourtant définitivement perdu la sienne à coup de bistouri.

 

Via http://www.businessinsider.com