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En direct de mars : première sortie en scaphandre

En direct de mars : première sortie en scaphandre
Introduction
Seul sur Mars, l'équipage de l'ISAE-Supaéro a expérimenté ses premières sorties en scaphandre. Camille Gontier, journaliste à bord de cette mission particulière, nous raconte leurs premiers pas en dehors de la Mars Desert Research Station.

Jusqu’ici, tout va bien. En dépit de la sécheresse de l’air, de la chaleur en nos chambres, de la prise de conscience que certaines expériences seront difficiles à réaliser dans les délais prévus et de la cuisine de notre commandant de bord, le moral de l’équipage est bon.

 

Une mission spatiale semble fonctionner comme un mariage : la routine s’y installe naturellement sans pour autant cesser de nous émerveiller. Notre petite station, perdue dans le désert de l’Utah, a trouvé en quelques jours son rythme de croisière. Tous les matins, après une courte séance d’exercices, l’équipage revoit les procédures et le programme de la journée autour d’un copieux petit-déjeuner. Tout le monde descend ensuite sur le pont inférieur, pour aider les participants à l’EVA (sortie extra-véhiculaire) à mettre leur scaphandre. Combinaison, gants, casque, respirateur, radios, GPS : tout est activé et vérifié avec solennité, car nous portons nos scaphandres non seulement avec une application et une rigueur toute scientifique, mais également avec une fierté quasi puérile. Les « marsonautes » du jour traversent le sas de décompression et partent explorer les environs de la station, emportant avec eux drones, matériel expérimental et appareils photos. Les autres passent le restant de la matinée sur le pont supérieur, à assurer le contact radio avec l’extérieur, à préparer leurs propres expériences et à entretenir les différents systèmes de la station, vieille dame exigeante et capricieuse.

 

Ma première sortie en scaphandre avait pour objectif de vérifier le fonctionnement des quads tout terrain censés nous emmener, nous et nos équipements, à plusieurs kilomètres de la station. Si l’un fonctionne correctement, deux sont restés obstinément immobiles, un autre a magnanimement daigné allumer une led sur le tableau de bord une fois le contact mis, et le dernier, à force d’en activer le starter électrique, est simplement tombé en panne de batterie. Comble de désespoir, mon oreillette a glissé de ma tête pour tomber au fond de mon casque, me laissant sourd et muet pour toute la durée de la sortie. Il avait fière allure, l’astronaute…

 

Car c’est justement cela, le but de notre mission. Reconstituer dans ses moindres détails une mission martienne, pour ne rien laisser au hasard le jour J. Anticiper l’accessoire pour assurer l’essentiel. Evacuer le contingent, l’intendance, l’imprévu prévisible, et garantir le succès complet de la première mission habitée sur Mars. C’est une tâche bien sûre ingrate. Après tout, que garderons-nous des « Méharées » de Théodore Monod (scientifique exemplaire ayant explorer le Sahara pendant plus de 70 ans) ? Surement pas de longues descriptions des préparatifs de ses voyages, mais bien les images sublimes qu’il en a laissées. Mais c’est une petite pierre que nous sommes néanmoins fiers et heureux d’apporter à un édifice collectif bien plus vaste, qui sans doute nous dépasse.

 

Journal de bord de Camille Gontier, Journaliste de bord MDRS 164

 

Propos recueillis par Caroline Martin

 

 

 

Pour revivre la mission du début :

 

L’ADN vous emmène sur Mars

 

La vie sur Mars : premiers contacts

 

 

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#LiveOnMars